Un manifestant antigouvernemental tué à Bangkok
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par Sinthana Kosolpradit
BANGKOK (Reuters) - Un opposant thaïlandais d'une trentaine d'années a été tué samedi à Bangkok et quatre autres ont été blessés par un tireur non identifié qui a ouvert le feu sur un groupe de manifestants antigouvernementaux, a-t-on appris auprès des secours.
Cette fusillade intervient deux jours après des heurts entre la police et quelque 500 manifestants déterminés à empêcher la tenue d'élections législatives anticipées convoquées pour le 2 février par le Premier ministre, Yingluck Shinawatra, afin de sortir de la crise qui secoue le pays depuis deux mois.
Mobilisés depuis des semaines, les manifestants réclament le départ de Yingluck, soeur du magnat des télécoms Thaksin Shinawatra, qu'ils accusent d'agir aux ordres de son frère.
Yingluck, qui a confortablement remporté les élections de 2011 et jouit du soutien des populations rurales pauvres du nord et du nord-est de la Thaïlande, est déterminée à mener à bien le processus électoral. Son gouvernement a demandé vendredi l'aide de l'armée pour protéger les candidats et les électeurs.
L'armée thaïlandaise, habituée des coups d'Etat mais restée neutre jusqu'à présent, a déclaré que la porte n'était "ni ouverte ni fermée" à un coup d'Etat militaire.
Les coups de feu fatals à un manifestant se sont produits près du siège du gouvernement, où campent plusieurs centaines d'opposants depuis des semaines. Selon des témoins, ils ont éclaté vers 03h30 du matin (20h30 GMT vendredi).
LES PRÉPARATIFS ÉLECTORAUX SUSPENDUS DANS LE SUD
Un témoin a déclaré que les tirs provenaient peut-être d'une voiture. Les manifestants ont trouvé sur les lieux plusieurs douilles de petit calibre.
Les deux premières années du mandat de Yingluck Shinawatra s'étaient déroulées sans véritable accroc jusqu'à la présentation en novembre d'un projet d'amnistie qui a déclenché cette nouvelle vague de contestation.
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Le texte, qui aurait pu bénéficier à Thaksin, condamné en 2008 pour corruption et parti en exil, a finalement été retiré, mais trop tard pour freiner l'élan des opposants.
Le gouvernement thaïlandais a rejeté la demande de la Commission électorale de reporter les élections en raison des violences de jeudi.
Selon Puchong Nutrawong, secrétaire général de la Commission, la constitution des listes électorales a toutefois dû été suspendue samedi dans six provinces du Sud où des manifestants empêchaient l'accès aux centres d'enregistrement.
Les adversaires de Yingluck Shinawatra s'opposent à la tenue du scrutin, qui aboutirait probablement à une victoire du parti Pheu Thai au pouvoir et les conservateurs du Parti démocrate, principale formation de l'opposition, ont décidé de le boycotter.
Emmenés par Suthep Thaugsuban, ancien cadre du Parti démocrate, les manifestants réclament l'instauration d'un "Conseil populaire" non élu, jugeant que l'actuelle majorité porte atteinte à la démocratie.
Avec Jutarat Skulpichetrat, Viparat Jantraprapaweth et Kochakorn Boonlai; Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service français
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