Victoire en trompe-l'oeil pour la Ligue Awami au Bangladesh
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Victoire en trompe-l'oeil pour la Ligue Awami au Bangladesh
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par Serajul Quadir et Tony Munroe
DACCA (Reuters) - La Ligue Awami, au pouvoir au Bangladesh, a comme prévu remporté les élections législatives de dimanche dont la légitimité est cependant fortement remise en cause par le boycott du principal parti de l'opposition.
Au terme d'une campagne violente qui a fait plus de 100 morts, les électeurs se sont peu mobilisés pour ce scrutin émaillé d'incidents.
En raison du boycott de l'opposition, les candidats de la Ligue Awami n'avaient d'adversaires que dans moins de la moitié des 300 circonscriptions en jeu.
En s'imposant dans 105 autres circonscriptions, selon les résultats officiels communiqués dans la nuit de dimanche à samedi, le parti du Premier ministre, Sheikh Hasina, est assuré d'une majorité supérieure aux deux tiers, avec 232 sièges.
La faiblesse de la participation pourrait cependant la contraindre à trouver un compromis avec sa rivale conservatrice, la bégum Khaleda Zia, chef du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP).
"Les répercussions immédiates de ce lamentable taux de participation sont de mettre une grande pression sur le gouvernement d'Hasina pour qu'elle engage des négociations avec l'opposition", a commenté Hossain Zillur Rahman, économiste et conseiller d'un ancien gouvernement de transition chargé de veiller au déroulement d'élections.
"Il s'agit d'un signe fondamental de protestation du peuple bangladais qui nous dit son mécontentement face à la manière dont ont été organisées les élections dans ce pays", a-t-il ajouté.
PAS D'OBSERVATEURS EUROPÉENS OU DU COMMONWEALTH
"Ces élections ne vont nullement contribuer à résoudre le blocage que nous observons depuis quelques mois", soulignait samedi Iftekhar Zaman, directeur pour le Bangladesh de Transparency International, ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption.
"Le Parlement qui en émergera sera un Parlement sans opposition. Nous allons au devant d'une très grave crise de légitimité", ajoute-t-il.
Le BNP avait appelé ses partisans à ne pas participer à des élections qu'il qualifiait de farce et des responsables électoraux ont eux-mêmes reconnu dimanche que la participation semblait faible.
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Le BNP, dont nombre de cadres sont en prison ou en fuite, avait décidé de boycotter le scrutin pour protester contre la décision de Sheikh Hasina de ne pas suivre la tradition qui voulait qu'un gouvernement apolitique de transition soit formé avant les élections.
L'exécution en décembre d'Abdul Quader Mollah, un chef islamiste proche du BNP condamné à mort pour des crimes commis en 1971 durant la guerre d'indépendance, a aussi contribué aux troubles.
L'Union européenne, qui absorbe 60% des exportations du secteur local de la confection et du textile, a refusé d'envoyer une mission d'observation électorale. Les Etats-Unis et le Commonwealth, qui regroupe 53 nations, d'anciennes colonies britanniques pour l'essentiel, ont fait de même.
Si l'issue des législatives ne fait aucun doute, l'avenir à moyen terme du Bangladesh et de ses 160 millions d'habitants semble beaucoup plus incertain.
La crise politique risque notamment de peser sur le secteur de la confection, qui représente 80% des exportations et un chiffre d'affaire annuel de 22 milliards de dollars (16 milliards d'euros). Il a déjà été malmené par une série de grèves dont une, toujours en cours, a été organisée à l'appel du BNP.
Avec Nandita Bose et Ruma Paul; Jean-Philippe Lefief, Bertrand Boucey, Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français
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