Dennis Rodman veut "ouvrir la porte" de la Corée du Nord
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PEKIN (Reuters) - L'ancien joueur de basket-ball américain Dennis Rodman, qui se trouve depuis lundi de nouveau à Pyongyang, a expliqué qu'il souhaitait contribuer à "ouvrir la porte" du régime communiste nord-coréen largement isolé sur la scène internationale.
L'ex-joueur des Chicago Bulls, avec lesquels il a gagné plusieurs titres en NBA, a exprimé, lors d'une interview avec CNN mardi, son "affection" pour le dirigeant Kim Jong-un et estimé que la quatrième visite qu'il accomplit en Corée du Nord constituait "une grande idée pour le monde".
Dennis Rodman a prévu de participer avec d'autres retraités du basket à un match de gala à Pyongyang mercredi à l'occasion de l'anniversaire de Kim Jong-un. Ce dernier aurait 31 ans mais sa date de naissance n'a jamais été officiellement confirmée.
Cette visite intervient quelques semaines après l'éviction et l'exécution de Jang Song Thaek, l'oncle de Kim, jusqu'alors considéré comme la deuxième personne la plus influente de la dynastie au pouvoir à Pyongyang. La précédente visite de Dennis Rodman en Corée du Nord, mi-décembre, avait suivi de quelques jours la condamnation à mort et l'exécution de Jang Song Thaek. Kim ne l'avait pas reçu.
La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, a parlé de "règne de la terreur" à propos des récents événements en Corée du Nord et la NBA, qui gère le championnat nord-américain de basket-ball, a critiqué ce déplacement.
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Dennis Rodman s'est expliqué avant de quitter Pékin pour Pyongyang. "Les gens disent tout le temps que la Corée du Nord est comme un pays vraiment communiste, qu'on n'a pas le droit d'y aller. Tout ce que je sais, c'est qu'il est sympathique avec moi", a-t-il dit de Kim Jong-un.
"L'important, ce n'est pas moi. Si je peux ouvrir un petit peu la porte, juste un petit peu", a-t-il ajouté. "L'important, c'est le match. Les gens adorent le sport".
"UNE BLAGUE CRUELLE"
Interrogé à propos de ceux qui disent qu'il ne devrait pas jouer en Corée du Nord, Dennis Rodman, lunettes de soleil et écharpe rose, a répondu: "Je ne suis qu'un sportif, une personne qui veut se rendre là-bas et jouer pour le monde. C'est tout."
"Est-ce qu'on va me tirer dessus? Est-ce qu'on va me tirer dessus? Allez, arrêtez!"
Pour Eliot Engel, membre démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, "tout cela est une blague cruelle".
"Il faut faire preuve d'un minimum de bon sens avant de s'asseoir à la table de quelqu'un. Le peuple nord-coréen souffre et on leur propose du basket-ball", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse organisée à New York avec des exilés nord-coréens. "Si on veut aider la Corée du Nord, il faut aider les Nord-Coréens, pas le gouvernement de Kim Jong-un", a-t-il dit.
Marie Harf, porte-parole du département d'Etat, a souligné que Dennis Rodman n'avait pas informé les autorités américaines de son déplacement et qu'il n'était nullement missionné par l'administration. "Nous ne prenons pas contact par son intermédiaire et il ne nous représente pas", a-t-elle assuré.
David Stern, le commissaire de la NBA, a lui aussi tenu à dissocier son organisation de l'initiative de l'ex-meilleur rebondeur du championnat nord-américain.
"Si le sport peut en de nombreuses occasions aider à lancer des ponts par dessus les divisions culturelles, ce n'est pas le cas ici", dit-il dans un communiqué.
David Stanway, avec Doina Chiacu à Washington; Danielle Rouquié, Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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