Le travail reprend dans les usines textiles au Cambodge
reuters.com
reuters.com
PHNOM PENH (Reuters) - Une majorité d'ouvriers des usines textiles cambodgiennes ont repris le travail mardi, mettant fin à deux semaines de grève pour réclamer des hausses de salaires après la répression meurtrière d'une manifestation.
Selon un syndicat et la fédération de l'industrie textile, 65 à 70% des quelque 350.000 employés qui s'étaient mis en grève ont cessé leur mouvement.
Les ouvriers du textile s'étaient associés le 24 décembre à un mouvement de contestation lancé par le Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC, opposition), qui accuse le Parti du peuple cambodgien (PPC) du Premier ministre, Hun Sen, au pouvoir depuis 28 ans, d'avoir truqué les élections législatives de juillet.
Le PSNC avait promis pendant la campagne électorale de doubler le salaire minimum dans les usines textiles en le portant à 160 dollars par mois. Le gouvernement a proposé de l'augmenter à 100 dollars, ce que les syndicats ont refusé.
Vendredi dernier, quatre manifestants ont été tués par les gendarmes cambodgiens, qui ont tiré à balles réelles.
Le lendemain, le PSNC a annulé son grand rassemblement prévu dimanche à Phnom Penh. Les syndicats ont précisé à Reuters que les ouvriers redescendraient dans la rue le 14 janvier, jour où le chef du PSNC, Sam Rainsy, et son adjoint, Kem Sokha, doivent comparaître devant un tribunal pour incitation à la grève.
Le mouvement social a coûté au secteur textile, qui fournit notamment Adidas, Puma, Gap et H&M, "plus de 200 millions de dollars", selon Ken Loo, secrétaire général de la Fédération des fabricants de vêtements.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Prak Chan Thul; Tangi Salaün pour le service français
reuters.com