Des exécutions de masse attribuées à l'EIIL en Syrie
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Des exécutions de masse attribuées à l'EIIL en Syrie
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par Khaled Yacoub Oweis
AMMAN (Reuters) - L'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), lié à Al Qaïda, a exécuté des dizaines de rivaux islamistes ces deux derniers jours en Syrie, à la faveur de la reprise de l'essentiel des territoires qu'il avait perdus dans la province de Rakka, située dans le nord-est du pays, a-t-on appris dimanche.
Au total, l'EIIL a abattu une centaine de combattants appartenant au Front al Nosra, également affilié à Al Qaïda et à la brigade Ahrar al Cham, capturés dans la ville de Tel Abiad à la frontière turque, dans le secteur voisin de Kantari et dans la capitale provinciale Rakka, a annoncé un activiste, joint par téléphone dans la province. Il s'exprimait sous le sceau de l'anonymat.
"Environ 70 corps, la plupart touchés à la tête, ont été ramassés et envoyés à l'hôpital national de Rakka", a-t-il ajouté. "Un grand nombre de ceux qui ont été exécutés avaient été blessés dans les combats. Le fait que le Front al Nosra et Ahrar al Cham soient proches de l'EIIL d'un point de vue idéologique n'a pas compté."
L'information n'a pu être confirmée de façon indépendante.
La montée en puissance de l'Etat islamique en Irak et au Levant, dirigée par des djihadistes étrangers, est un sujet d'inquiétude pour les chancelleries occidentales. Cela permet au président syrien Bachar al Assad de se présenter comme la seule alternative laïque à l'extrémisme islamiste à l'approche de la conférence de paix dite de Genève II, qui se tiendra en Suisse à partir du 22 janvier.
Les combats entre rebelles ont fait des centaines de morts ces dix derniers jours et déstabilisé l'EIIL dans un premier temps. Mais l'EIIL s'est regroupée et a repris l'essentiel de ses places fortes dimanche dans la ville de Rakka, indiquent des activistes, portant un coup aux autres groupes rebelles soutenus par les pays occidentaux et les Etats arabes du Golfe.
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"DIFFICILE DE VAINCRE L'EIIL"
Parmi ceux qui auraient été exécutés ce week-end figure Abou Saad al Hadram, le commandant du Front al Nosra pour la province de Rakka. Il avait été capturé il y a plusieurs mois.
Rakka, ville située à 385 km au nord-est de Damas sur le cours de l'Euphrate, est le seul chef lieu de province à être tombé entièrement entre les mains des opposants au régime de Bachar Al Assad.
Plus au nord, l'EIIL a également repris ce week-end la ville de Tel Abiad, à la frontière avec la Turquie. En conséquence, les autorités turques ont fermé un point de passage à la frontière et en ont retiré le personnel, selon l'Union pour la coordination de la révolution syrienne, un groupe d'observation de l'opposition.
Selon Abdallah Farraj, membre de la Coalition nationale syrienne (CNS) et habitant de Rakka, les rebelles sont parvenus à chasser l'EIIL de certains secteurs de la province voisine d'Alep, mais ils auront du mal à reprendre Rakka et les zones rurales qui commandent l'accès aux voies d'approvisionnement vers le Nord.
"Les rebelles n'ont pas l'organisation ni la puissance de feu suffisante pour l'emporter. Il sera difficile de vaincre l'EIIL sans frappes militaires de la Turquie, par exemple", a-t-il estimé.
De nombreux combattants d'Ahrar al Cham, l'un des mouvements islamistes les plus puissants, ont renoncé à affronter l'EIIL parce que beaucoup de ses membres sont de la région et qu'ils n'ont pas de raisons de leur en vouloir, a quant à lui expliqué Abou Khaled al Walid, autre opposant interrogé dans la zone frontalière.
"GRANDE FAVEUR À ASSAD"
"Beaucoup ne voient pas pourquoi affronter leurs propres proches. L'EIIL contrôle maintenant 95% de Rakka et de ses environs. Il a également repris Tel Abiad", confirme-t-il.
Dans un communiqué, l'EIIL invite les membres des tribus locales à quitter les unités qui la combattent. L'offensive dont elle est la cible vise à "détruire le noyau du califat" et à promouvoir une alternative "barbare", ajoute-t-elle.
L'EIIL s'était retiré de Rakka et d'autres villes du Nord après le lancement d'une offensive par une alliance de plusieurs groupes rebelles, il y a une dizaine de jours, mais il a pu se réorganiser pour reprendre l'initiative.
L'expertise de certains de ses cadres, tels qu'Omar al Chichani, a joué un rôle essentiel dans les succès du mouvement, dit-on dans les rangs de l'opposition.
Outre Rakka et Tel Abiad, l'EIIL aurait repris les villages de Hreïtan et de Basraton, où ses combattants ont exécuté un chef des brigades Nour al Din Zanki, l'une des principales composantes de l'Armée des moudjahidine formée récemment dans la province d'Alep.
Des combats entre unités de l'Armée syrienne libre (ASL), soutenue par les puissances occidentales, ont par ailleurs été signalés à Retaïane, près d'Alep, et à Ouroum, à l'est.
Selon Abdallah al Cheikh, un opposant du Nord, l'artillerie gouvernementale est à nouveau entrée en action dans les lieux évacués par l'EIIL, comme la ville de Maarat Misrine et dans certains quartiers d'Alep.
"L'EIIL a fait une grande faveur à Assad en tuant beaucoup de formidables chefs rebelles et le régime a choisi de l'aider en ne touchant pas aux zones dont il s'est emparées. Dès qu'ils se retirent, les bombardements reprennent", a-t-il assuré.
Avec Alexander Dziadosz; Eric Faye, Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français
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