L'opposition thaïlandaise défile après un jet de grenade
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L'opposition thaïlandaise défile après un jet de grenade
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par Apornrath Phoonphongphiphat
BANGKOK (Reuters) - Les opposants thaïlandais ont à nouveau défilé samedi à Bangkok au lendemain d'un jet de grenade qui a fait un mort et 35 blessés dans leurs rangs.
L'explosion a mis fin a un calme relatif qui semblait témoigner depuis plusieurs jours d'un essoufflement de la mobilisation contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra.
L'auteur de l'attentat n'a pas été identifié mais Suthep Thaugsuban, chef de file de la contestation, l'a imputé au gouvernement. Cet acte, a-t-il assuré, va galvaniser les opposants mobilisés depuis deux mois.
L'explosion, survenue à deux semaines d'élections anticipées, le 2 février, pourrait précipiter une intervention de l'armée. Les généraux, à l'origine de 18 coups d'Etat depuis l'instauration du régime démocratique, il y a 81 ans, est jusqu'ici restée neutre, et beaucoup d'observateurs pensent qu'elle le restera.
Le général Prayuth Chan-ocha, chef d'état-major, a déclaré que l'armée se tenait prête à protéger la souveraineté du pays, la religion et le roi, sans mentionner les manifestations, dans un discours prononcé à l'occasion de la journée nationale des forces armées.
Le mouvement de contestation entamé en novembre s'est radicalisé ces derniers jours avec l'occupation des principaux carrefours de Bangkok, dernier acte d'un conflit qui oppose depuis huit ans la classe moyenne et les notables royalistes de Bangkok aux partisans, souvent pauvres et vivant à la campagne, de Yingluck Shinawatra et de son frère Thaksin.
Déposé par l'armée en 2006, ce dernier est accusé de continuer à tirer les ficelles.
La grenade lancée vendredi en direction de manifestants qui défilaient dans le centre de Bangkok a fait 36 blessés, mais l'un d'eux a succombé dans la nuit.
Yingluck, dont le parti Puea Thai semble assuré de l'emporter, a décidé de bouleverser le calendrier électoral pour tenter de désamorcer la crise politique, mais le Parti démocrate, principale formation de l'opposition, et les chefs de file de la contestation ne veulent pas d'un scrutin anticipé tant que le système électoral n'aura pas été réformé.
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Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse
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