L'Iran invité à Genève II, la CNS menace d'y renoncer
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NATIONS UNIES/BEYROUTH (Reuters) - La Coalition nationale syrienne (CNS), organe représentatif de l'opposition en exil, a menacé lundi de ne pas participer à la conférence de paix dite de Genève II, qui doit s'ouvrir mercredi à Montreux, si le secrétaire général de l'Onu persiste à y inviter l'Iran, comme il vient de l'annoncer.
"La Coalition syrienne annonce qu'elle renoncera à sa participation à Genève II si Ban Ki-moon ne revient pas sur l'invitation adressée à l'Iran", dit Louaï Safi, porte-parole de la CNS, sur Twitter. Après des semaines d'hésitation, la Coalition avait décidé samedi d'envoyer une délégation en Suisse pour entamer des discussions avec Damas.
Les Etats-Unis, qui ont lancé l'idée de la conférence avec la Russie, estiment que l'invitation adressée à l'Iran devait être suspendue jusqu'à ce que Téhéran approuve publiquement "déclaration de Genève" adopté en juin 2012 qui fait de la transition politique l'objectif principal du processus de paix.
"Si l'Iran n'accepte pas pleinement et publiquement la déclaration de Genève, l'invitation doit être annulée", dit Jen Psaki, porte-parole du département d'Etat, dans un communiqué.
A Paris, le ministre des Affaires étrangères a rappelé lundi matin, à l'adresse de Téhéran, que l'invitation du secrétaire général de l'ONU précisait clairement que l'objectif de la conférence était l'établissement en Syrie d'un "gouvernement transitoire doté de tous les pouvoirs exécutifs".
"La participation à Genève II est conditionnée à l'acceptation explicite de ce mandat", déclare Laurent Fabius dans un communiqué. "Dans ces conditions et dans l'intérêt même de la recherche de la paix, il est évident qu'aucun pays ne saurait participer à cette conférence s'il n'en accepte pas expressément le mandat."
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Anas al Abdah, membre influent de la CNS interrogé par téléphone à l'antenne d'Al Djazira, s'est dit surpris que l'Iran ait été invité. "C'est illogique et nous ne pouvons l'accepter", a-t-il déclaré.
UN RÔLE POSITIF ET CONSTRUCTIF
Les puissances occidentales et les monarchies sunnites du Golfe n'étaient pas favorables à une participation de l'Iran chiite, proche allié de Damas qui refusait jusqu'ici le principe d'une transition politique.
Ban Ki-moon a dit s'être entretenu longuement ces derniers jours avec Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, et s'est dit convaincu que Téhéran était désormais en accord avec cette "déclaration de Genève".
"Il m'a assuré, comme les autres pays invités pour la journée d'ouverture des discussions à Montreux, que l'Iran comprend que la base des discussions est la mise en oeuvre complète de la déclaration de Genève du 30 juin 2012", a-t-il expliqué.
"Le ministre des Affaires étrangères Zarif et moi-même sommes convenus que l'objectif des négociations est de former par consentement mutuel une instance gouvernementale doté des pleins pouvoirs exécutifs. C'est sur cette base que le ministre des Affaires étrangères Zarif a promis de jouer un rôle positif et constructif à Montreux.
"Par conséquent, en tant qu'organisateur et hôte de la conférence, j'ai décidé d'adresser à l'Iran une invitation à y participer. L'Iran doit y participer en tant que pays voisin important", a souligné le diplomate sud-coréen.
Téhéran devrait répondre prochainement à cette invitation, a-t-il ajouté.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a suggéré récemment à la République islamique de jouer un rôle "en marge" de la conférence, ce qui a suscité son indignation.
Michelle Nichols, Oliver Holmes, Ali Abdelatti et Lesley Wroughton, avec Emmanuel Jarry à Paris, Jean-Philippe Lefief pour le service français
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