Accord pour les civils à Homs, offensive rebelle à Alep
reuters.com
reuters.com
par Erika Solomon
BEYROUTH (Reuters) - Les autorités syriennes ont annoncé jeudi avoir conclu un accord avec les Nations unies pour permettre aux "civils innocents" de quitter la Vieille ville de Homs, assiégée depuis plus d'un an par les forces de Bachar al Assad, au moment où les rebelles lancent un nouvel assaut dans la province d'Alep.
L'accord sur l'évacuation des civils de Homs, annoncé par le gouverneur de la ville aux médias officiels syriens, constitue la première avancée concrète des pourparlers de Genève II entamés le mois dernier.
L'Onu s'est félicitée de cet accord et se dit prête à acheminer immédiatement de l'aide humanitaire dans Homs "dès que toutes les parties auront donné leur feu vert pour un passage en toute sécurité", a dit l'un de ses porte-parole, Farhan Haq.
Les forces gouvernementales syriennes sont accusées d'utiliser le blocus pour affamer les populations qui sont favorables aux insurgés. Ces derniers auraient de plus en plus souvent recours à cette tactique de guerre.
Selon l'opposition, quelque 2.500 civils sont pris au piège dans la Vieille ville de Homs, où ils souffrent de faim et de malnutrition. Bien d'autres civils sont dans la même situation dans le reste du pays, notamment dans les faubourgs de Damas.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

"L'accord donnera aux civils innocents, dont des femmes et des enfants, des blessés et des personnes âgées, la possibilité de partir dès que les arrangements nécessaires auront été pris", dit un communiqué du ministère des Affaires étrangères lu à la télévision d'État. "Il permettra aussi la distribution d'aide (humanitaire) aux civils qui choisiraient de rester dans la Vieille ville."
Le communiqué ne précise pas selon quels critères les autorités distingueront les civils "innocents" des "terroristes", le terme utilisé par le régime de Bachar al Assad pour qualifier les insurgés.
Un responsable du ministère syrien de la Défense a déclaré à l'agence de presse russe RIA que les personnes encerclées dans la Vieille ville de Homs sont "surtout des terroristes, dont des militants étrangers, qui tiennent des petits groupes de civils en otage".
Selon RIA, l'évacuation des civils et l'acheminement de l'aide humanitaire devraient débuter vendredi matin.
OFFENSIVE REBELLE À ALEP
Plus au nord, dans la région d'Alep, les populations civiles subissent depuis plusieurs jours les bombardements de l'aviation gouvernementale, notamment de barils d'explosifs lâchés d'hélicoptères au-dessus des quartiers ou des villages favorables aux insurgés.
Fuyant les bombardements, des milliers d'habitants d'Alep ont trouvé refuge la semaine dernière dans les quartiers sous contrôle gouvernemental ou ont fui en direction de la Turquie.
Face aux quelques gains enregistrés par les forces de Bachar al Assad ces dernières semaines, à la faveur des combats entre groupes rebelles rivaux, le Front islamique, puissante alliance d'insurgés islamistes, et le Front al Nosra, lié à Al Qaïda, ont annoncé jeudi le lancement d'une offensive commune baptisée "La promesse de vérité approche", en référence à un verset du Coran sur le jour du Jugement dernier.
"Toutes les forces militaires doivent monter en première ligne, ou elles seront (..) tenues pour responsables", peut-on lire dans un communiqué des rebelles.
Ils invitent les personnes vivant près des postes de contrôle et des bases tenues par les forces gouvernementales à quitter les lieux dans les prochaines vingt-quatre heures, soulignant que ces zones vont être leurs principales cibles.
L'offensive a semble-t-il débuté jeudi avec la prise de la prison d'Alep par des combattants du Front Al Nosra et d'Ahrar al Cham, une des brigades du Front islamique.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition, des centaines de prisonniers ont été libérés et des dizaines de membres des forces de sécurité ont été tués ou blessés au cours de cette opération.
L'assaut a été précédé d'un attentat suicide commis par un militant d'Ahrar al Cham près des murs de la prison, dit l'OSDH, qui estime à 3.000 le nombre de détenus qui pouvaient être à l'intérieur.
Depuis mars 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 130.000 morts et près de six millions de déplacés.
Clémence Apetogbor et Tangi Salaün pour le service français
reuters.com