COR-Faible participation aux élections législatives libyennes
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En plein chaos, les Libyens tentent d'élire un nouveau parlement
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En plein chaos, les Libyens tentent d'élire un nouveau parlement
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par Feras Bosalum et Ayman al Warfalli
TRIPOLI/BENGHAZI (Reuters) - Bien lire au troisième paragraphe que 2,8 millions d'électeurs étaient inscrits en 2012
Les Libyens ont été peu nombreux à se rendre aux urnes mercredi pour élire un nouveau parlement dans un pays plongé dans le chaos trois ans après la chute de Mouammar Kadhafi et dont la seconde ville, Benghazi, a de nouveau été le théâtre d'affrontements sanglants dans la journée.
A la fermeture des bureaux de vote, 630.000 électeurs seulement, soit moins de la moitié des 1,5 million d'inscrits, avaient rempli leur devoir électoral, a annoncé la commission électorale.
En 2012, lors des premières élections libres organisées en plus de quarante ans en Libye, 2,8 millions d'électeurs étaient inscrits. Les autorités électorales ont durci depuis les règles d'enregistrement en demandant aux électeurs de présenter un numéro national d'identification.
L'insécurité n'a pas davantage incité les Libyens à prendre part au processus électoral.
A Benghazi, berceau du soulèvement en 2011, de fortes explosions ont retenti mercredi alors que selon des habitants, un avion de chasse a ouvert le feu sur un quartier dans lequel islamistes et miliciens de l'ancien général Khalifa Haftar s'affrontent quasi quotidiennement.
De sources médicales, on indique que quatre personnes au moins ont trouvé la mort dans ces combats.
Toujours à Benghazi, des inconnus ont fait irruption chez Salwa Bougaighis, avocate et militante de longue date des droits de l'homme, et l'ont abattue.
Des bureaux de vote sont restés fermés pour des raisons de sécurité à Derna, bastion islamiste dans l'est du pays, mais aussi à Koufra, dans le Sud-Est où ont régulièrement lieu des affrontements tribaux, et à Sabha, grande oasis du Sud, ont rapporté les autorités.
Par conséquent, une quinzaine de sièges - sur 200 - pourraient rester vacants dans la future assemblée, selon le président de la commission électorale, Emad al Sayeh.
Les résultats complets ne sont pas attendus avant la fin de la semaine.
Les Libyens étaient appelés à élire leur Chambre des représentants appelée à remplacer le Congrès général national (CGN) dont le nom est associé par une grande partie des électeurs à l'impasse actuelle.
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Le pays a cruellement besoin d'un gouvernement et d'un parlement qui fonctionnent et qui imposent leur autorité sur les anciens rebelles, les milices et les tribus, qui ont participé au renversement de Mouammar Kadhafi mais défient désormais l'autorité de l'Etat et se constituent des bastions.
INDÉPENDANTS
Les alliés occidentaux de la Libye espèrent que ces élections permettront de reconstruire un Etat viable et réduiront les divisions entre les régions de l'Ouest, que Kadhafi favorisait, et l'Est négligé dont une grande partie de la population réclame l'autonomie et un meilleur partage de la manne pétrolière.
Quelque 1.600 candidats se présentaient, soit un millier de moins que lors de l'élection du CGN en 2012. Compte tenu du très court laps de temps depuis l'annonce du scrutin, ils n'ont pas vraiment eu le temps de faire campagne.
De nombreux Libyens redoutent que le scrutin ne serve qu'à engendrer une nouvelle assemblée législative provisoire, mais pas Zakaria Ianqi, un médecin qui votait à Benghazi, la capitale de l'Est. "Ces élections seront un succès", dit-il. "Nous ne répéterons pas les erreurs du Congrès général national."
A Tripoli, l'ancien Premier ministre Ali Zeidan a dit espérer que la Chambre des représentants prendrait un meilleur départ que le CGN.
La commission spécialisée chargée de rédiger une nouvelle constitution n'a toujours pas fini ses travaux, ce qui suscite des questions sur le système politique qu'adoptera la Libye au final.
Pour tenter de décourager les querelles entre partis, qui ont paralysé le processus de décision et débouché sur une crise avec deux Premiers ministres rivaux en mai, les candidats doivent se présenter comme indépendants plutôt que comme des représentants de partis.
(Danielle Rouquié, Jean-Stéphane Brosse, Eric Faye, Tangi Salaün et Simon Carraud pour le service français)
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