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François Hollande ira "jusqu'au bout" malgré les crises

reuters.com

Publié le 05 septembre 2014 à 14:45 - Mis à jour le 07 septembre 2014 à 10:00

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PARIS/NEWPORT, Pays de Galles (Reuters) - François Hollande a rejeté vendredi toute idée de renoncement alors que son quinquennat traverse une crise accompagnée d'une impopularité record, et a affirmé que rien ne le ferait dévier du chemin emprunté depuis son élection en mai 2012.

Le livre vengeur de Valérie Trierweiler, son ex-compagne, sa chute au niveau historiquement bas de 13% d'opinions favorables dans un sondage TNS Sofres et la démission forcée d'un ministre avaient, jeudi, alimenté les doutes des observateurs sur sa capacité à achever son mandat.

François Hollande n'avait livré aucun commentaire, ayant vécu cette journée dévastatrice dans un relatif isolement, loin d'une presse tenue à bonne distance au sommet de l'Otan de Newport, au Pays de Galles. Il a repris la parole vendredi pour défendre sa fonction, sa personne et son action.

"Il n'y a pas de sondage, aussi difficile soit-il (...) qui puisse interrompre le mandat que donne le peuple au président de la République", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

"Mon devoir, c'est de ne pas céder à je ne sais quelle pression (...), c'est de régler les grandes questions qui sont posées à la France et je ne me départirai pas de ce qu'est ma responsabilité, je ne dévierai pas de cette règle de conduite."

"J'agis et j'agirai jusqu'au bout", a-t-il insisté.

Le chef de l'Etat s'est voulu combatif, notamment lorsqu'il a évoqué le livre à charge de son ex-compagne, qui a réalisé le meilleur démarrage en librairies depuis cinq ans.

Il a d'abord plaidé le respect de la fonction présidentielle afin de "préserver nos institutions", "socle de la République".

Puis il a abordé l'aspect personnel de "Merci pour ce moment", ouvrage dans lequel Valérie Trierweiler décrit un chef de l'Etat qui surnomme les plus défavorisés "les sans-dents".

"Je n'accepterai jamais, je dis bien jamais, que puisse être mis en cause ce qui est l'engagement de toute ma vie, je dis bien de toute ma vie, de tout ce qui a fondé ma vie politique", a dit François Hollande.

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"Je ne vais pas laisser mettre en cause la conception de mon action au service des Français et notamment de la relation humaine que j'ai avec les plus fragiles, les plus modestes, les plus humbles, les plus pauvres".

Le seul sujet sur lequel il ne s'est pas exprimé a été le départ du secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, en raison d'une situation fiscale "non conforme", neuf jours après sa nomination.

Interrogée vendredi sur cette démission, la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, avait concédé que l'exécutif s'en serait "bien passé". "C'est un coup dur, indéniablement", avait-elle dit sur RTL.

"PRONOSTIC VITAL ENGAGÉ"

Ce départ inattendu était venu s'ajouter aux crises internes à la majorité, mises en garde du Parti socialiste où la "fronde" contre la ligne pro-entreprises de l'exécutif s'amplifie et à l'absence de résultats qui, chaque jour, noircissent le tableau.

Manuel Valls lui-même commence à en ressentir les effets. Le sondage TNS Sofres-Sopra publié jeudi voit sa cote de popularité après moins de six mois s'effondrer de 14 points à 30%, en-dessous de celle de son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, au même stade.

Et si François Hollande a voulu montrer qu'il tenait la barre, l'exécutif est désormais en perdition, juge Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Ifop.

"Hollande entraîne Valls dans sa chute dans les sondages. A ce rythme-là, dans trois ou quatre mois, le Premier ministre sera au niveau du président", dit-il. "Valls s'est donné un peu de temps en changeant de cheval mais son crédit politique s'use au jour le jour. Le pronostic vital de la majorité est engagé."

Juliette Méadel, porte-parole du PS, assume une nécessaire solidarité : "Nous n'avons pas d'autre choix que de le suivre, nous avons besoin d'un président de la République".

"Nous avons une crise d'une telle ampleur et une crise internationale d'une telle ampleur que le pays a besoin de faire confiance, le président de la République est engagé dans cette action. On ne doit même pas se poser la question, il faut agir."

Stéphane Rozès, président de Cap (conseils, analyses et perspectives), estime que l'attachement des Français à la fonction "sacralisée" par la Constitution de la Ve le préserve.

"Ce qui lui permet de tenir, ce sont les raisons même de la suprématie du président, c'est-à-dire la présidentielle. Le pays n'a pas les moyens de se passer, non pas de François Hollande, mais du président", dit-il.

L'analyste, qui avait conseillé François Hollande durant la campagne présidentielle, disait espérer que ce dernier ne réponde pas aux questions sur le livre de Valérie Trierweiler, au risque d'"abaisser la fonction" à son tour.

Car il est nécessaire, selon Jérôme Fourquet, que François Hollande "essaie une fois de plus de se représidentialiser en se concentrant sur l'international et les commémorations".

Il s'est focalisé sur la situation internationale vendredi, évoquant la crise ukrainienne et la menace islamiste en Irak et en Syrie, donnant du crédit aux propos de Bernard Poignant, ami de longue date et conseiller à la présidence.

"Le président de la République aujourd'hui a d'autres chats à fouetter (...) Forcément qu'il doit être touché. Mais je le connais, personne ne le remarquera, il continuera son travail (...) et on rendra hommage à ce quinquennat", avait-il dit sur Europe 1.

Et d'avancer : "Et peut-être qu'il y en aura un second".

(Gregory Blachier, avec Elizabeth Pineau, Julien Ponthus à Newport, Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)

reuters.com

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