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L'UMP espère un nouveau départ, Sarkozy en pole position

reuters.com

Publié le 28 novembre 2014 à 06:06 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 13:24

L'UMP espère un nouveau départ, Sarkozy en pole position

L'UMP espère un nouveau départ, Sarkozy en pole position

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par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Quelque 268.000 militants décideront samedi du destin de l'UMP et du scénario potentiel de l'alternance en 2017 en choisissant le président du premier parti d'opposition, que Nicolas Sarkozy ambitionne d'incarner dans l'espoir de reconquérir l'Elysée.

Deux ans après l'élection contestée de Jean-François Copé, à l'issue d'une empoignade avec François Fillon aux conséquences désastreuses pour un parti de "rassemblement" créé en 2002, les 268.341 adhérents disent leur hâte de tourner la page.

C'est paradoxalement en Nicolas Sarkozy, "un cheval de retour" selon ses détracteurs, qu'ils fondent en majorité leurs espoirs pour porter l'estocade au régime de François Hollande.

Mieux, disent-ils, que ses concurrents : l'ancien ministre Bruno Le Maire, qui a su emporter l'adhésion dans un marathon de meetings et se voit crédité d'environ 30% des intentions de vote, et le député de la Drôme Hervé Mariton (2 à 3% d'intentions de vote), qui a creusé le sillon de son courant libéral "Droit au coeur".

Là où Nicolas Sarkozy prône la mise à bas de l'UMP - qu'il ne cite jamais - pour reconstruire un pôle de rassemblement de la droite et du centre, ses rivaux mettent en garde contre un "ripolinage de façade" et le délaissement du parti, mû en "un marchepied pour la présidentielle".

L'ancien président, dont l'aura reste inégalée pour la base de l'UMP, parmi la plus à droite de l'électorat, est donné favori par les enquêtes qui ne sondent que les sympathisants UMP, mais son étoile a pâli depuis la défaite du 6 mai 2012.

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FAUX-PAS

Ce fut là l'enseignement singulier d'une campagne schizophrène où la perspective de la présidentielle a éclipsé les débats sur la refondation d'un parti en grave difficulté financière, miné par l'affaire Bygmalion, et sans corpus idéologique cohérent et défini.

"Nicolas Sarkozy a souvent été comparé à Bonaparte. Au vu de la fragilité du retour de flamme, on peut se demander si l'on n'a pas assisté au débarquement de Golfe-Juan qui ouvre les Cent-Jours", avance le politologue Thomas Guénolé. L'épopée s'achèvera avec la défaite de Waterloo et l'abdication.

Nicolas Sarkozy, qui s'attendait à une formalité à l'instar de l'élection de 2004, lorsqu'il avait été porté à la tête du parti avec 85,04% des voix, aura connu en trois mois la morsure de l'adversité, y compris parmi ses fidèles, et l'embarras de surprenants faux-pas tactiques.

Henri Guaino, son ancien conseiller spécial à l'Elysée, l'avait mis en garde contre "une erreur" stratégique au égard au défi, jamais relevé, qui l'attend : reprendre l'Elysée après la défaite, comme le tenta Valéry Giscard d'Estaing après 1981.

Nicolas Sarkozy, 59 ans, brûlait de revenir en homme providentiel en 2015, mais les circonstances l'on contraint à une entrée en scène prématurée où les alliés d'hier, tels Alain Juppé et François Fillon, sont devenus les rivaux de demain.

La démission forcée de Jean-François Copé de la présidence de l'UMP en mai sous le poids du dossier Bygmalion, un système présumé de fausses factures durant la campagne de 2012 (il est question d'environ 18 millions d'euros), a précipité l'échéance.

"En matière d'élection, je ne connais qu'un seul critère de succès vraiment incontestable : remporter la victoire. Et si c'est dès le premier tour, c'est encore mieux. Je ne me fixe pas d'autre objectif", relativise Nicolas Sarkozy dans Le Figaro.

"SARKO EST COMME FEDERER"

La prudence et la modestie nouvelles de l'ancien président, relayées par ses proches qui tablent désormais sur un score entre "60 et 80%", traduisent "la fébrilité" et "l'inquiétude" du camp sarkozyste selon ses adversaires.

Ce malaise s'est illustré crûment le 15 novembre lors d'un meeting de "Sens commun", émanation de "La Manif pour tous", où Nicolas Sarkozy a paru céder à une salle récalcitrante en se prononçant avec ambiguïté pour l'abrogation de la loi Taubira autorisant le mariage homosexuel.

"C'est un acte de faiblesse : un chef, ce n'est pas ça ", souligne-t-on dans l'entourage de Bruno Le Maire.

Les sifflets essuyés par Alain Juppé le samedi suivant, lors d'un meeting de Nicolas Sarkozy à Bordeaux, ont encore altéré l'image de "rassembleur" que l'ex-président peine à installer.

Puis, mardi, la justification polémique de la nomination de Rachida Dati au ministère de la Justice : "Dati, avec père et mère algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens".

"Sarko est comme Federer qui n'aurait pas joué au tennis pendant trois mois, il manque de foncier et doit refaire ses gammes. Il a fait le plus dur", déclare François Baroin, un soutien, dans Paris Match.

Le vote, par internet, débutera vendredi à 20h00 pour s'achever le lendemain à la même heure. Les résultats seront connus samedi vers 20h30-20H45, précise-t-on à l'UMP.

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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