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François Hollande à Moscou pour bâtir une coalition contre l'EI

reuters.com

Publié le 26 novembre 2015 à 06:18 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 04:31

Francois hollande va s'entretenir avec vladimir poutine

Francois hollande va s'entretenir avec vladimir poutine

© Regis Duvignau / Reuters

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par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande attend beaucoup de son entretien avec Vladimir Poutine jeudi soir à Moscou pour bâtir une "grande coalition" destinée à "détruire" l'Etat islamique, responsable des attentats de Paris et du crash d'un avion russe dans le Sinaï.

Les attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre ont poussé la France à infléchir sa stratégie diplomatique en Syrie, en faisant de la lutte contre l'organisation djihadiste sa priorité et en ouvrant la porte à une coopération avec la Russie à laquelle elle se refusait jusqu'à présent.

"On est arrivé à la conclusion qu'il fallait travailler avec Vladimir Poutine", dit un diplomate français. "Autant essayer de le prendre à bord avec les mêmes conditions que celles qui ont été exposées en octobre à Paris", lors de la rencontre entre François Hollande et Vladimir Poutine à l'Elysée.

Paris insiste sur trois points : empêcher le président syrien Bachar al Assad de bombarder la population civile, cibler Daech sur le terrain et engager un processus politique conduisant au départ du pouvoir du président syrien, que Moscou a toujours soutenu jusqu'ici.

"Si l'on arrive à faire bouger Vladimir Poutine sur un des trois points, tant mieux", ajoute le diplomate.

Dans un communiqué confirmant le dîner de jeudi, le Kremlin souligne que les discussions porteront notamment sur "les moyens de contrer la menace terroriste, y compris la coordination de la lutte contre le groupe Etat islamique."

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La visite à Moscou est une étape essentielle du marathon diplomatique entamé par François Hollande, qui a rencontré Barack Obama mardi à Washington et doit dîner ce mercredi avec la chancelière Angela Merkel à l'Elysée.

A la Maison blanche, le président français a réitéré son souhait de travailler en étroite collaboration avec la Russie "si elle concentre son action militaire sur Daech" et "si elle s'engage pleinement pour la recherche d'une solution politique en Syrie", Barack Obama se montrant moins allant.

François Hollande a évoqué un rapprochement pour mener de front des opérations militaires, notamment à travers une coopération de leurs groupes aéronavals respectifs présents en Méditerranée.

Rappelant que la coalition contre Daech rassemblait déjà 65 pays, Barack Obama a prévenu que sans changement stratégique de Moscou dans le dossier syrien, la coopération serait délicate.

Mais il a laissé la porte ouverte en soulignant qu'"au vu des capacités militaires de la Russie et de son influence sur le régime d'Assad, sa coopération serait d'une aide considérable".

Mercredi matin à Paris, l'ambassadeur de Russie en France a déclaré que son pays était prêt à planifier des frappes contre l'Etat islamique dans le cadre d'un état-major commun avec tous les pays qui le souhaitent, y compris la Turquie.

"Aujourd'hui (...), cette coalition est du domaine du possible", a estimé Alexandre Orlov sur Europe 1, rappelant que Moscou avait fait une proposition en ce sens dès septembre.

L'idée d'un état-major commun n'est guère réaliste, a tempéré une source française, en soulignant la difficulté de monter de telles structures même entre Européens.

"Ce n'est pas faisable", a dit cette source. "Mais une coordination aussi proche que possible, il n'y aucun obstacle", si les conditions posées par Paris sont acceptées par Moscou.

Le crash de l'avion de chasse russe, abattu par la Turquie qui l'accuse d'avoir violé son espace aérien, loin de compliquer le travail de la France pour une meilleure coordination, prouve qu'elle est nécessaire, a poursuivi la source.

"Si les deux s'étaient coordonnés, ils se seraient évité un épisode bien pénible hier", a-t-elle déclaré.

François Hollande a insisté mercredi auprès de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan sur la nécessité d'une "désescalade" lors d'un entretien téléphonique, a fait savoir l'Elysée.

La Russie, qui est engagée militairement en Syrie depuis fin septembre, était jusqu'à récemment accusée par Paris et Washington de concentrer ses frappes sur les forces d'opposition modérées à Bachar al Assad et de limiter au maximum ses frappes contre l'EI, ce qu'elle dément.

La position de Moscou a sensiblement évolué depuis l'attentat revendiqué par l'EI perpétré le 31 octobre contre un avion charter russe au-dessus du Sinaï.

(Avec John Irish à Washington, Lidia Kelly à Moscou et Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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