LA TRIBUNE DIMANCHE — Quel est le montant des économies que vous devez faire sur les programmes ?
STÉPHANE SITBON-GOMEZ — Quand je suis arrivé à mon poste en 2020, le coût des programmes était de 1,075 milliard d’euros. En 2026, il est de 852 millions. Soit une diminution de 223 millions d’euros et de près de 25 % du budget. Entre 2025 et 2026, la baisse est de 80 millions d’euros, en incluant le sport. C’est la première fois que nous devons autant couper dans les programmes et que nous revendons des droits sportifs, comme le Tournoi des Six Nations.
Malgré ces économies, nous avons réussi notre transformation numérique. Au mois de mai, notre plateforme France.tv a battu un nouveau record, avec 45 millions de Français par mois et 6 millions par jour. C’est la première fois qu’une plateforme de streaming atteint ce niveau en France. On rassemble largement, que ce soit avec Roland-Garros, cette quinzaine, ou juste avant, avec le Festival de Cannes.
Quelles seront les conséquences de ces économies dans les grilles de rentrée ?
Supprimer un programme de télévision, c’est toujours un crève-cœur. Derrière chaque programme, il y a un patrimoine culturel. Je reçois encore des courriers de plaintes suite à l’arrêt de Questions pour un champion en semaine. Pour la première fois, nous avons dû interrompre des séries populaires comme César Wagner, A Priori ou Disparition inquiétante. À la rentrée, on va devoir arrêter au moins quatre magazines quotidiens : Flavie en France (France 3), Vu (France 5), Bel & bien ensemble (France 2) et Les Maternelles (France 5).