Aux États-Unis, l’épargne s'effondre à des niveaux historiques

La guerre au Moyen-Orient a fait s'envoler les prix de l'énergie et du pétrole.
REUTERS - Annabelle Gordon

La guerre au Moyen-Orient a fait s'envoler les prix de l'énergie et du pétrole.
REUTERS - Annabelle Gordon
Le taux de chômage est bas, les créations d’emplois sont encore dynamiques, et pourtant… Aux États-Unis, le revenu disponible des Américains est, lui, à la baisse. Autrement dit, les salaires n’augmentent pas aussi vite que l’inflation. Le revenu réel a ainsi perdu 0,6 % cette année, d’après une note de Goldman Sachs publiée dimanche, rapporte Fortune. Ce qui est « rarement observé hors récession ».
Dans ce contexte, le bas de laine des Américains commence à se tarir. Le taux d’épargne a chuté à 2,6 % en avril, après 3,2 % le mois précédent. Une situation qui montre à quel point le pouvoir d’achat des Américains est sous pression. Il faut remonter à avril 2022 pour retrouver des taux aussi bas, une période où l’économie mondiale était affectée par la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l’énergie. Ou encore juste avant la crise de 2008. Outre ces deux moments, le taux d’épargne n’a pas atteint de tels abîmes depuis les années 1960. Une situation attribuable en grande partie aux droits de douane qui ont augmenté les prix et à la guerre au Moyen-Orient qui a fait s’envoler ceux de l’énergie et du pétrole.
Si les effets des remboursements d’impôts se tarissent et que l’épargne diminue, la consommation américaine risque, elle, d’en prendre un coup. Et comme la croissance outre-Atlantique dépend en grande partie de la consommation, Goldman Sachs anticipe un ralentissement. « Nos prévisions de base anticipent une croissance inférieure à la tendance au cours des prochains trimestres, principalement en raison de la faiblesse du revenu disponible réel et des flux de trésorerie réels des consommateurs », indique l’auteur Jan Hatzius.
Faut-il dès lors craindre une récession ? Goldman Sachs a en tout cas abaissé la probabilité d’une récession dans les 12 mois de 30 à 25 %. Une estimation qui reste néanmoins au-dessus du niveau d'avant la guerre en Ukraine.
D’après Grégory Daco, économiste chez EY, la croissance américaine dépend désormais de consommateurs très riches, des investissements dans l’intelligence artificielle et des actifs financiers. « Ces piliers masquent le fait que les fondations de l'économie sont de plus en plus instables », argumente-t-il.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Une situation qui revient à penser l’économie en forme de K, un concept mis en avant par divers économistes ces derniers mois. C’est une économie « à deux vitesses » avec d’un côté des consommateurs à revenus élevés, qui s’enrichissent toujours plus, et, de l’autre, des consommateurs qui s’appauvrissent davantage. Les plus pauvres consacrent une part plus importante de leur revenu à l’alimentation et aux prix de l’énergie. Par ailleurs, les plus riches voient leur patrimoine financier s’accroître grâce à leurs investissements sur les marchés qui battent des records ces derniers mois avec le développement de l’IA.
Face à la montée incessante du coût de la vie, jusqu’à quand les consommateurs américains peuvent-ils tenir ? Élu sur des promesses en grande partie économiques, Donald Trump devra en tout cas faire face à ses électeurs lors des élections de mi-mandat de novembre qui détermineront la majorité au Congrès.
« Une fausse solution pour la réduction de la consommation de plastique » : les élus locaux montent au front contre le projet de consigne des bouteilles
L'Irlande fait basculer le PIB de la zone euro dans le rouge
JO 2030 : « Nous allons continuer à bâtir et à investir », promet Éric Ciotti
Cadmium : diminuer la teneur des engrais n'aura d'effet sur les récoltes « qu’après plusieurs décennies »