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La gauche de la gauche reste fracturée

reuters.com

Publié le 06 novembre 2016 à 17:52 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 03:14

La gauche de la gauche reste fracturee

La gauche de la gauche reste fracturee

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par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La gauche de la gauche française reste fracturée après le refus samedi des cadres du Parti communiste de suivre leur secrétaire national, Pierre Laurent, et de rallier la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de 2017.

La conférence nationale du PCF a voté à 55,69% pour une candidature communiste indépendante, contre 44,31% pour un soutien au co-fondateur du Parti de gauche.

Le dernier mot reviendra cependant aux militants fin novembre et Pierre Laurent n'a pas renoncé à sa quête d'un candidat de rassemblement de la gauche non sociale-démocrate.

"Malheureusement, je pense qu'il y a une exaspération d'une partie des communistes devant les portes claquées et les mots parfois un peu cinglants de Jean-Luc Mélenchon, y compris à notre égard", a dit le N°1 du PCF dimanche sur France Inter.

"Mais je ne renonce pas à ce que la voie du rassemblement l'emporte (...) Le débat continue", a-t-il ajouté.

L'entourage de Jean-Luc Mélenchon minimise l'impact du vote communiste de samedi, tout en y voyant une contradiction avec la volonté de rassemblement affichée par la direction du PCF.

"Pour nous, il n'y a rien de changé, ni dans la dynamique de notre campagne, ni dans la façon dont nous la menons depuis le 10 février sans le PC", a déclaré à Reuters son porte-parole, Alexis Corbière, selon qui cela n'empêchera pas Jean-Luc Mélenchon de réunir les 500 parrainages d'élus nécessaires.

"On en a 310. Ça progresse régulièrement, on les aura, ce n'est pas un problème", a-t-il déclaré. Il assure au demeurant qu'environ 3.000 militants communistes, dont certains élus, soutiennent en fait déjà la candidature Mélenchon.

"ÉMIETTEMENT" ET "RASSEMBLEMENT"

Par leur vote, les cadres du PC "participent à l'émiettement de la gauche" alors que Jean-Luc Mélenchon "est seul à même de bouleverser le paysage politique", a-t-il cependant déploré.

S'il se confirme, le refus du PCF de soutenir le candidat de la "France insoumise" peut-il arranger les candidats à la primaire du Parti socialiste, comme l'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, qui dit aussi vouloir "l'union des gauches" ?

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"Nous pouvons rassembler les électeurs, les Français, les forces politiques qui aujourd'hui se reconnaissent dans le progressisme", a-t-il dit au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Alors il va falloir en discuter, parce qu'il y a des désaccords et des fractures (...) qui ont été laissés par le quinquennat de François Hollande", a ajouté Arnaud Montebourg.

S'il dit vouloir rassembler de Jean-Luc Mélenchon au PS, il juge cependant le candidat de la "France insoumise" engagé "dans un processus d'ultraradicalité qui conduit à son isolement".

Selon Pierre Laurent, le PC n'entend pas pour sa part "attendre la fumée blanche" de la primaire socialiste.

"Au contraire, je crois que les socialistes qui, comme nous, veulent tourner la page du fiasco du quinquennat de Hollande, devraient travailler, parler avec nous et nous allons prendre des initiatives pour le faire" a-t-il ajouté.

Il a ainsi annoncé son intention de rencontrer dans les prochains jours "toutes les forces de gauche" avec lesquelles le PC souhaite travailler, des "frondeurs" du PS aux écologistes.

Et "si un candidat socialiste sortait vainqueur de la primaire en affirmant sa volonté de rompre avec les politiques d'austérité qui ont été menées depuis cinq ans, je pense que, au minimum, cela mériterait une discussion avec lui sur la suite des événements", a ajouté Pierre Laurent, pour qui "l'union des gauches" soit se construire sur "un pacte politique".

AVERTISSEMENT DU PS AU PC

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, organisateur de la primaire socialiste à laquelle François Hollande est censé se soumettre s'il brigue un nouveau mandat, observe ces échanges avec une certaine distance.

Il a ainsi estimé sur Radio J que le vote des cadres du PC, samedi, était "surtout un échec" pour la direction communiste : "Pierre Laurent avait une stratégie (...), ni Mélenchon ni Hollande ; aujourd'hui il se retrouve au milieu du gué."

Mais la position de Jean-Luc Mélenchon, dont la stratégie est selon lui de faire échec au PS, notamment aux législatives, n'est pas non plus "encourageante", a-t-il ajouté : "Ce n'est pas le bon chemin pour une unité de l'ensemble de la gauche."

Il a par ailleurs lancé un avertissement à peine voilé aux dirigeants du PC : quelle que soit l'issue de la présidentielle, sans accord avec le PS il n'y aura plus de députés communistes.

"Je ne vois pas comment le Parti communiste, par sa seule force, même allié à Jean-Luc Mélenchon, peut faire 12,5% des inscrits dans (une) circonscription" a déclaré Jean-Christophe Cambadélis. "Donc la question qui est posée, c'est la présence ou pas du Parti communiste à l'Assemblée nationale."

Pour se maintenir au second tour d'une législative, il faut recueillir au premier les voix d'au moins 12,5% des inscrits.

"J'aurais la main tendue jusqu'au bout", a cependant ajouté le premier secrétaire du Parti socialiste.

Le PC compte aujourd'hui dix députés et ne constitue un groupe à l'Assemblée qu'avec l'apport d'élus d'outre-mer.

Lors de la dernière participation indépendante du PC à une présidentielle, en 2002, sa candidate, Marie-George Buffet, avait obtenu 1,93% des suffrages au premier tour.

Jean-Luc Mélenchon, qui a obtenu 11,1% des voix au premier tour de 2012 avec le soutien du PC, est crédité par les sondages de 12 à 15% des intentions de vote au premier tour de 2017.

(édité par Jean-Stéphane Brosse)

reuters.com

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