L'ex-dictateur Marcos enterré aux Philippines avec les honneurs
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Marcos enterre aux philippines avec les honneurs
ROMEO RANOCO
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Marcos enterre aux philippines avec les honneurs
ROMEO RANOCO
MANILLE (Reuters) - L'ancien dictateur philippin Ferdinand Marcos a été enterré vendredi avec les honneurs miliaires au cimetière des héros à Manille, près de 30 ans après sa fuite à Hawaï.
La famille Marcos avait gardé secrète la date de l'inhumation controversée, dont le vice-président Leni Robredo a jugé qu'elle s'était déroulée comme "un cambriolage au milieu de la nuit".
"Rien de neuf avec les Marcos, eux qui avait une fortune cachée, des violations des droits de l'homme cachées et maintenant un enterrement caché, au mépris le plus total de l'état de droit", dit Leni Robredo dans un communiqué.
Le président Rodrigo Duterte, actuellement à Lima, au Pérou, où il assiste à un sommet économique, avait ordonné en août l'inhumation de Ferdinand Marcos au cimetière des héros, comme il s'y était engagé pendant la campagne électorale.
La fille aînée de l'ancien dictateur, Imee Marcos, gouverneure de la province d'Ilocos Norte où le corps de son père était jusqu'alors exposé dans un mausolée, a remercié le chef de l'Etat d'avoir permis à l'ancien soldat et chef de la guérilla contre les forces d'occupation japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale de reposer auprès des siens.
"Le dernier souhait de mon père de pouvoir reposer auprès des soldats comme lui a enfin été exaucé", a-t-elle déclaré en demandant aux Philippins de comprendre que la famille ait choisi d'organiser une cérémonie "simple, privée et solennelle".
Des organisations de défense des droits de l'Homme avaient déposé un recours contre l'inhumation de Ferdinand Marcos au cimetière des héros, au sud de Manille, mais la Cour suprême l'a rejeté la semaine dernière.
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Ferdinand Marcos a dirigé les Philippines pendant 20 années durant lesquelles lui, sa famille et son entourage ont amassé illégalement une fortune de 10 milliards de dollars au détriment des Philippins, selon les récentes conclusions d'une commission d'enquête.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes, adversaires politiques ou communistes présumés, ont été tuées sous l'ère Marcos, qui s'est achevée par une révolte populaire en 1986. Ferdinand Marcos est mort trois ans plus tard en exil à Hawaï.
Le porte-parole de l'armée philippine, le général Restituto Padilla, a déclaré que l'armée n'avait fait qu'obéir aux ordres en inhumant l'ancien dictateur au cimetière des héros. "Nous ne prenons partie pour personne", a-t-il dit.
(Manuel Mogato, avec Karen Lema; Danielle Rouquié pour le service français)
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