Deux des trois assaillants de Londres identifiés par la police
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Deux des trois assaillants de londres identifies par la police
PETER NICHOLLS
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Deux des trois assaillants de londres identifies par la police
PETER NICHOLLS
par Kylie MacLellan et Andy Bruce
LONDRES (Reuters) - La police britannique a révélé lundi soir les identités de deux des trois auteurs de l'attaque commise samedi dans le centre de Londres, dont l'un était connu des services de sécurité mais ne faisait pas l'objet d'une surveillance particulière.
Dans le contexte pré-électoral, l'information pourrait alimenter la controverse sur les réductions d'effectifs dans la police mises en oeuvre lorsque la Première ministre, Theresa May, dirigeait le ministère de l'Intérieur, entre 2010 et 2016.
Dans la journée, le chef de file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, en net regain dans les intentions de vote à trois jours du scrutin de jeudi, a appelé à sa démission.
"Notre travail implique nécessairement de prendre des décisions difficiles quant à la manière de répartir les ressources à notre disposition, à un moment où le Royaume-Uni est confronté à une grave menace terroriste à un rythme soutenu", a souligné la police dans un communiqué.
Après l'attentat de Manchester, le 22 mai dernier, la ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, avait expliqué que 3.000 noms se trouvaient sur une liste prioritaire de personnes surveillées par les services de sécurité, auxquels s'ajoutent 20.000 individus "périphériques".
Khuram Shazad Butt, qui était âgé de 27 ans, faisait donc partie de cette seconde liste. Ce ressortissant britannique né au Pakistan était connu des services de police et du MI5, le renseignement intérieur, mais aucun élément ne présageait sa participation à un projet d'attaque, a précisé la Metropolitan Police dans un communiqué.
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Le second assaillant identifié, Rachid Redouane, 30 ans, se présentait comme étant d'origine marocaine et libyenne. Il se servait aussi d'une autre identité, sous le nom de Rachid Elkhdar, avec une date de naissance différente. Lui était inconnu des autorités.
"Des investigations se poursuivent pour confirmer l'identité de leur complice", ajoute la police dans un communiqué.
HOMMAGE AUX VICTIMES
Les trois hommes sont passés à l'acte samedi soir dans le quartier de London Bridge, renversant des passants à bord d'une camionnette puis frappant d'autres à l'arme blanche dans le quartier de Borough Market. Ils ont tué sept personnes et en ont blessés une cinquantaine d'autres avant d'être abattus par des policiers huit minutes après le déclenchement de l'alerte.
Sur les 48 blessés pris en charge samedi soir, 36 étaient toujours hospitalisés lundi, dont 18 dans un état critique, selon le National Health Service (NHS), la direction nationale de la santé.
Des milliers de Londoniens se sont rassemblés dans la soirée sur les bords de la Tamise, à quelques centaines de mètres du London Bridge et du Borough Market, pour une veillée en hommage aux victimes. Des participants brandissaient des pancartes proclamant que "La haine ne nous divisera pas" ou appelant à "Rejeter le racisme".
En déplacement à Londres, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que deux Français étaient désormais portés disparus. Le précédent bilan des victimes françaises, diffusé dimanche par le Quai d'Orsay, faisait état d'un mort, un disparu et sept blessés dont quatre grièvement.
Depuis le début de l'enquête, la police britannique, qui cherche à déterminer si les trois assaillants ont bénéficié de complicités, a arrêté douze personnes (sept femmes et cinq hommes) et effectué des perquisitions à six adresses différentes.
Mais les dix personnes qui étaient encore en garde à vue lundi soir ont à leur tour été relâchées sans charges, a précisé la police.
L'attentat, revendiqué par l'Etat islamique, est le troisième acte à caractère terroriste commis sur le sol britannique en moins de trois mois. Cressida Dick, la patronne de la Metropolitan Police, a déclaré sur la BBC que ces trois attaques avaient été fomentées sur place et que la menace terroriste était principalement interne et non téléguidée de l'étranger.
"Nous essayons toujours de déterminer si les choses sont dirigées depuis l'étranger mais je dirais que la majeure partie de la menace à laquelle nous sommes confrontés en ce moment ne semble pas dirigée de l'étranger", a-t-elle poursuivi.
CONTROVERSE À TROIS JOURS DES LÉGISLATIVES
A trois jours des élections législatives, et alors que la campagne électorale a repris, la polémique qui monte depuis l'attentat de Manchester sur les réductions budgétaires dans la police a gagné en intensité, le travailliste Jeremy Corbyn appelant désormais à la démission de Theresa May.
"Beaucoup de personnes très responsables (sont) vivement préoccupées par le fait qu'elle a été à la tête du Home Office pendant tout ce temps, qu'elle a présidé à des coupes dans les effectifs de la police et qu'elle dit aujourd'hui qu'il y a un problème", a-t-il déclaré sur Sky News. "Eh bien oui, nous avons un problème, à savoir que nous n'aurions jamais dû réduire les effectifs de la police."
Le maire travailliste de Londres, Sadiq Kahn, a lui aussi fait écho aux quelque 20.000 postes de policiers supprimés en Angleterre et au Pays de Galles lorsque Theresa May dirigeait le Home Office.
"C'est un simple fait, au cours des sept dernières années, la municipalité a perdu 600 millions de livres (690 millions d'euros environ) sur nos budgets. Nous avons dû fermer des postes de police, vendre des bâtiments de police et nous avons perdu des milliers de policiers", a-t-il dit.
Aux journalistes lui demandant si elle regrettait ces coupes, May a rétorqué que le budget de la lutte antiterroriste avait été sanctuarisé et que la police avait obtenu les moyens dont elle avait besoin dans ce domaine.
L'avance de son Parti conservateur sur le Labour s'est considérablement réduite dans les sondages depuis qu'elle a décidé en avril d'organiser des élections législatives anticipées le 8 juin pour obtenir un mandat "fort et stable" afin de mieux négocier le Brexit avec les Européens.
L'écart était alors de 20 points en faveur des Tories; les plus récents sondages ne mesurent plus qu'un à douze points d'avance, et leur majorité absolue décrochée par David Cameron aux précédentes élections, en 2015, semble aujourd'hui en péril.
(Pierre Sérisier, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)
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