Les FDS se lancent à l'assaut de Rakka en Syrie
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Les fds passent a l'attaque dans la banlieue de rakka, selon l'osdh
RODI SAID
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Les fds passent a l'attaque dans la banlieue de rakka, selon l'osdh
RODI SAID
par Rodi Said
HOUKOUMIA, Syrie (Reuters) - Les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de milices arabes et kurdes soutenue par les Etats-Unis, ont annoncé mardi que la bataille pour libérer la ville de Rakka, tenue par les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), avait commencé.
"L'offensive pour libérer la ville de Rakka a débuté hier" à partir du nord, de l'est et de l'ouest, a dit Talal Silo, porte-parole des FDS, dans une interview accordée à Reuters par téléphone. La bataille de Rakka, a-t-il ajouté, sera "acharnée, car Daech (l'EI) luttera jusqu'au bout pour défendre sa capitale".
La coalition internationale anti-EI aura un "très grand rôle" à jouer dans la bataille, en menant des frappes aériennes et en épaulant au sol les combattants des FDS, a ajouté Talal Silo. "En plus de l'aviation, il y a des éléments de la coalition qui coopèrent sur le terrain avec les Forces démocratiques syriennes", a-t-il expliqué.
Les Kurdes des YPG (Unités de protection du peuple), qui font partie des FDS, avaient dit à Reuters samedi que l'assaut contre Rakka devrait être déclenché dans les jours suivants.
Confirmant une information rapportée par l'Observatoire syrien de droits de l'homme (OSDH), Rojda Felat, qui commande l'offensive sur Rakka, a précisé que l'assaut avait débuté par une attaque lancée contre le quartier d'Al Machlab, aux abords sud-est de la ville.
L'OSDH précise que plusieurs bâtiments de ce quartier sont tombés. L'Observatoire signale aussi une attaque contre la base militaire Division 17, à un kilomètre au nord du centre, cela à la suite de frappes aériennes intenses durant la nuit.
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Dans un communiqué, le général américain Stephen Townsend, commandant de la coalition mise en place par les Etats-Unis, a souligné que l'offensive sur cette ville du nord de la Syrie visait à "porter un coup décisif à la conception de l'EI comme califat physique (géographiquement défini)".
Mais il a ajouté que l'assaut serait "long et difficile".
Rakka est la capitale de facto de l'EI en Syrie depuis que le groupe djihadiste s'en est emparé en 2014. Depuis lors, l'EI utilise cette ville située sur l'Euphrate, à 90 km au sud de la frontière turque, comme base pour préparer des attentats en Occident.
Selon les chiffres de la coalition, 3.000 à 4.000 combattants djihadistes y seraient retranchés et ont érigé des défenses en prévision d'un assaut.
MISE EN GARDE D'ANKARA
Un journaliste de Reuters présent à Houkoumia, à une dizaine de km au nord de la ville, a dit entendre le son de bombardements et de frappes aériennes nourris.
Les FDS travaillaient à l'encerclement de Rakka depuis novembre, dans le cadre d'une offensive appuyée par la coalition internationale mais sujet de frictions entre Washington et Ankara.
Les Etats-Unis ont annoncé la semaine dernière qu'ils avaient entrepris de distribuer des armes aux YPG pour les aider à conquérir la ville. La Turquie voit d'un très mauvais oeil l'influence croissante des Kurdes dans le nord de la Syrie.
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a d'ailleurs assuré mardi qu'Ankara riposterait sans attendre au cas où l'opération des FDS pour prendre Rakka présenterait une menace pour la Turquie.
S'adressant aux députés du parti au pouvoir, l'AKP, après l'annonce par les FDS du lancement de l'assaut, il a indiqué qu'Ankara prenait les mesures nécessaires relatives à la situation. La Turquie considère les YPG comme un groupe terroriste aligné sur le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), en lutte dans le sud-est de la Turquie depuis 1984.
Parallèlement, l'OSDH rapporte que l'armée syrienne est entrée dans la province de Rakka, en provenance de la province d'Alep, à l'ouest.
Appuyée par la Russie, l'armée syrienne et des milices alliées ont pris deux villages, Khirbet Mohsen et Khirbet al Saba, situés à 80 km environ à l'ouest de Rakka.
Depuis la fin de l'année dernière, les combats autour de Rakka ont déplacé des dizaines de milliers de personnes. Le Bureau des droits de l'homme de l'Onu s'est inquiété le mois dernier des informations de plus en plus nombreuses faisant état de civils tués à mesure que les frappes aériennes s'intensifient dans le secteur.
L'offensive sur Rakka, écrit-il dans un rapport, a d'ores et déjà donné lieu "à des pertes civiles massives, à des déplacements et à de graves destructions d'infrastructures".
On ignore combien d'habitants se trouvent toujours dans Rakka mais Jens Laerke, porte-parole des Nations unies pour les questions humanitaires, a déclaré à Reuters que les équipes de l'Onu travaillaient sur une hypothèse de 200.000 habitants.
(avec Tom Perry et Ellen Francis à Beyrouth; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)
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