Le Koweït tente une médiation entre l'Arabie saoudite et le Qatar
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Le koweit tente une mediation entre l'arabie saoudite et le qatar
Muhammad Hamed
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Le koweit tente une mediation entre l'arabie saoudite et le qatar
Muhammad Hamed
par Tom Finn
DOHA (Reuters) - L'émir du Koweït doit se rendre ce mardi en Arabie saoudite pour s'entretenir avec le roi Salman de la crise diplomatique déclenchée la veille avec le Qatar, que Ryad et ses alliés accusent de déstabiliser la région en soutenant le terrorisme et l'Iran.
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et leurs alliés égyptien et yéménite ont annoncé lundi la rupture de leurs relations diplomatiques avec Doha. Ils ont aussi fermé leurs frontières et de leur espace aérien. Le Qatar a rejeté des accusations sans fondement.
L'émir du Koweït, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Djaber al-Sabah, s'est entretenu par téléphone avec l'émir du Qatar, cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani.
Le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani a expliqué à la chaîne de télévision Al Djazira que Doha voulait donner à l'émir du Koweït la possibilité de "communiquer avec les parties impliquées dans la crise et de tenter de maîtriser la situation".
En 2014 déjà, l'Arabie saoudite, les Emirats et Bahreïn avaient rappelé leurs ambassadeurs en poste à Doha. La crise avait duré huit mois, sans atteindre le niveau d'une rupture des relations diplomatiques.
A Washington, d'actuels et d'anciens et responsables américains, soulignant l'importance militaire et diplomatique du Qatar pour les Etats-Unis, ont déclaré que l'administration américaine allaient tenter de désamorcer discrètement la crise.
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Les Etats-Unis disposent au Qatar de leur plus grande base aérienne au Moyen-Orient, Al Oudeid, d'où partent de nombreux appareils bombardant le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. Le Qatar a en outre établi des relations avec le Hamas palestinien et les taliban afghans, deux organisations avec lesquelles Washington ne peut pas discuter directement.
Selon ces responsables américains, Washington a été pris de court par l'initiative des pays du Golfe, qui se sont probablement sentis encouragés par la récente visite de Donald Trump en Arabie saoudite. A Ryad, le président américain avait appelé les pays de la région à éradiquer le terrorisme, dont il a désigné l'Iran comme le principal sponsor.
TRUMP: "TOUTES LES RÉFÉRENCES DÉSIGNAIENT LE QATAR"
"Lors de mon récent voyage au Moyen-Orient, j'ai affirmé qu'il ne pouvait plus y avoir de financement pour l'idéologie radicale. Des dirigeants ont désigné le Qatar. Regardez !", a commenté mardi le président américain sur son compte Twitter.
Dans une autre série de tweets publiés deux heures plus tard, il se dit très satisfait de voir que "la visite en Arabie saoudite avec le roi et cinquante pays porte déjà ses fruits"
"Ils ont dit qu'ils adopteraient une ligne dure sur le financement de l'extrémisme et toutes les références désignaient le Qatar. Peut-être cela sera-t-il le début de la fin de l'horreur du terrorisme !", ajoute-t-il.
Ses déclarations, les premières depuis le début de la crise, donnent du crédit aux experts de la région qui estiment que sa venue à Ryad a conforté les dirigeants du Golfe, Saoudiens en tête, dans leur intention d'agir contre Doha.
Signe des conséquences potentielles de la décision prise lundi sur l'économie qatarie, un certain nombre de banques du Golfe ont commencé à se retirer de projet impliquant le Qatar.
Le Qatar s'est lancé depuis des années dans une diplomatie d'influence, qu'il finance par ses gigantesques réserves de gaz naturel, avec un réseau médiatique mis en place autour de la chaîne Al Djazira, créée en 1996, et des intérêts sportifs - le pays doit organiser la Coupe du monde de football en 2022.
L'Arabie saoudite et ses voisins du Golfe lui reprochent depuis des années de soutenir les Frères musulmans et, plus récemment, d'avoir adopté un ton conciliant envers l'Iran, puissance chiite et grand rival régional de l'Arabie saoudite sunnite.
Lundi, la télévision publique qatarie a diffusé des images du cheikh Tamim lors d'une réception annuelle à l'occasion du ramadan donnant une accolade au chef spirituel des Frères musulmans, cheikh Youssef al-Qaradawi, dont le séjour au Qatar est l'un des motifs de discorde entre Doha et ses voisins.
(avec Sylvia Westall à Dubaï et Arshad Mohammed et Steve Holland à Washington; Tangi Salaün, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)
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