May critiquée pour tarder à rencontrer les victimes de l'incendie
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L'incendie de londres pourrait avoir fait 65 morts, selon le sun
Toby Melville
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L'incendie de londres pourrait avoir fait 65 morts, selon le sun
Toby Melville
par Costas Pitas
LONDRES (Reuters) - La Première ministre britannique, Theresa May, fragilisée par une campagne électorale ratée, s'est rendue vendredi au chevet des victimes de l'incendie dans un immeuble de Londres, après avoir essuyé de vives critiques jusque dans son propre parti pour ne pas les avoir vues plus tôt.
Le bilan du sinistre qui a détruit une tour d'habitation de 24 étages s'est alourdi et atteint désormais au moins 30 morts, ont annoncé les autorités métropolitaines. Parmi les blessés, 24 sont toujours hospitalisés dont la moitié en soins intensifs.
Theresa May a été devancée auprès des victimes par le chef de l'opposition, Jeremy Corbyn, le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, la reine Elizabeth et son petit-fils le prince William.
La famille royale a été accueillie avec joie mais aussi par des cris d'angoisse par une quarantaine de personnes devant l'hôpital. En partant, le prince William a promis qu'il reviendrait "écouter les préoccupations" des habitants de l'immeuble HLM, qui comptait plus de 120 logements.
Un peu plus tard, la Première ministre a rencontré en privé à l'hôpital Central de Londres les victimes de l'incendie de l'immeuble, où plus de 600 personnes habitaient.
Elle avait dépêché la veille des ministres à sa place, disant qu'elle voulait d'abord voir les lieux de la catastrophe pour être informée de la situation par les secours.
La dirigeante a promis vendredi l'instauration d'un fonds d'aide aux victimes, d'un montant de 5 millions de livres (5,71 millions d'euros) destiné à l'achat de biens de première nécessité, nourriture, vêtements par exemple.
"Je programme de soutien que j'annonce aujourd'hui est d'apporter aux victimes l'aide immédiate dont ils ont besoin pour eux et pour leurs proches", a-t-elle dit dans un communiqué publié par ses services.
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Confrontée à des manifestants en colère, Theresa May a dû être évacuée sous étroite protection policière. Des manifestants en colère ont ensuite pourchassé son véhicule et l'ont violemment apostrophée, a constaté un photographe de Reuters.
"NE PAS AVOIR PEUR"
Un ancien ministre conservateur, Michael Portillo, l'a vivement critiquée pour ne pas les avoir rencontrés plus tôt. "Elle aurait dû aller là-bas au devant des habitants. Vous devez être prêt à capter les émotions des gens, il ne faut pas avoir peur d'eux", a-t-il dit au micro de la BBC.
Ces critiques s'inscrivent dans un contexte plus large, où il a été reproché à Theresa May de manquer de naturel, d'être réticente à l'idée de débattre avec ses opposants politiques et à celle d'aller à la rencontre des électeurs durant la campagne pour les législatives du 8 juin.
Theresa May voulait élargir la majorité absolue des Tories aux Communes mais a fini par la perdre lors du scrutin.
Cet échec lui a valu de virulentes critiques au sein même du Parti conservateur et a fragilisé sa position à la tête du gouvernement, alors même que les négociations sur les conditions du Brexit doivent s'ouvrir lundi avec l'Union européenne.
Le quotidien The Sun a avancé vendredi un bilan possible de 65 morts dans l'incendie. Le chef de la police de la capitale britannique, Stuart Cundy, a souligné que le nombre de morts pourrait "malheureusement s'alourdir" et qu'il pourrait falloir "des mois pour identifier les victimes encore dans les décombres".
Plusieurs centaines de manifestants réclamant "justice" ont envahi vendredi après-midi le rez-de-chaussée de la mairie du quartier où s'est produit l'incendie, ont constaté des journalistes de Reuters présents sur les lieux.
Les manifestants en colère ont tenté de gagner l'étage supérieur de la mairie de Kensington-Chelsea, mais des agents de police leur ont barré le chemin et des altercations ont éclaté.
"Nous voulons justice!" et "Honte à vous!", ont scandé les protestataires, tandis qu'une foule, plus nombreuse, était restée à l'extérieur.
Une autre marche est prévue dans le quartier de Westminster, dans le centre de Londres, un peu plus tard pour demander justice pour les victimes de l'incendie.
(avec Alistair Smout et Jamillah Knowles, Arthur Connan et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
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