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Le FN se cherche une ligne pour sortir de l'ornière

reuters.com

Publié le 20 juillet 2017 à 16:53 - Mis à jour le 20 juillet 2017 à 17:00

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par Ingrid Melander et Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Quelle ligne politique ? Quelles alliances ? Quelles leçons tirer des récentes déconvenues électorales ? Voilà autant de questions sensibles qu'aborderont vendredi et samedi les dirigeants du Front national, convoqués par Marine Le Pen pour un "séminaire" aux allures de thérapie de groupe.

Une quarantaine de membres du bureau politique et d'élus prendront part à cet exercice peu habituel dans un parti où la culture du débat n'a pas toujours été de rigueur.

Après les cadres, les militants seront consultés à leur tour en septembre par le biais de questionnaires, dernière étape avant le congrès de "refondation" prévu en février ou mars prochain - soit près de quatre ans après le dernier en date.

"J'attends du séminaire des décisions sur les inflexions stratégiques, l'organisation du parti et d'avoir une feuille de route qui sera enrichie, avalisée par le congrès en 2018", résume Jean Messiha, l'un des énarques du FN.

Ces deux journées de réunion, précédées par plusieurs semaines de travaux par ateliers, ont servi de sas de décompression pour éviter des décisions trop brutales après les échecs de la présidentielle (33,9% au second tour) et des législatives (huit députés), mal vécus par les troupes.

Marine Le Pen "a évité l'écueil de faire un règlement de comptes sanglant" lors du bureau politique post-législatives, il y a un mois, selon Jérôme Rivière, ex-député UMP, officiellement encarté au FN depuis moins d'un mois.

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Le précédent conclave de ce genre, organisé deux mois après les régionales de 2015, avait abouti à un statu quo mais, cette fois, la présidente du FN promet de mettre tous les sujets sur la table, de l'euro à un éventuel changement de nom.

Cet exercice d'introspection comporte aussi un risque pour la formation d'extrême droite, tant les ressentiments y sont saillants et les désaccords profonds.

Les antagonismes se sont exprimés via des contributions rédigées par les cadres et souvent publiées sur les réseaux sociaux, chacun exposant, parfois sans ménagement, son point de vue sur l'avenir du frontisme.

"DES RANCOEURS, DES JALOUSIES"

A cette occasion, le clivage principal s'est dessiné plus nettement encore qu'auparavant.

Schématiquement, il oppose les partisans du vice-président Florian Philippot, qui tiennent à la ligne ni droite-ni gauche et placent l'hostilité à l'euro au-dessus de tout, à ses adversaires internes, pour qui le FN ne gagnera qu'à la condition de revenir au triptyque sécurité-immigration-identité et de réaliser l'union des droites.

Un retour aux fondamentaux "serait une erreur fatale", selon Florian Philippot. "On ne rassemblera pas une majorité de Français en se repliant sur une base programmatique restreinte", peut-on lire dans sa contribution, publiée sur le site de son association, Les Patriotes.

Le vice-président et Sophie Montel, sa meilleure alliée, sont allés jusqu'à plaider pour une révision du discours sur l'immigration, trop "anxiogène" à leur goût. Une suggestion qui a horripilé les anti-Philippot.

"C'est bidon", fustige Bernard Monot. "Plus que jamais, l'identité du FN, c'est la lutte contre l'immigration, qu'elle soit légale ou illégale."

Cette proposition iconoclaste a contribué à fragiliser la position du clan Philippot, qui a reçu une première alerte avec l'éviction de Sophie Montel de la présidence de son groupe à la région Bourgogne-Franche-Comté - justifiée officiellement par son soutien à deux adhérents suspendus.

"Il y a des rancoeurs, des jalousies, qui ont mûri pendant des mois ou des années et qui ont éclaté dans l'après-présidentielle. Ça n'avance a rien de charger la mule de Florian Philippot", déplore cette militante lepéniste de longue date, inscrite au FN depuis 30 ans.

"Certains pensent pouvoir s'exonérer de faire leur autocritique mais tout le monde doit se poser la question", ajoute-t-elle, sans renier sa loyauté à Marine Le Pen.

Le FN a moins de deux ans pour parachever sa mue avant le prochain scrutin au suffrage direct, les européennes de 2019.

(Edité par Yves Clarisse)

reuters.com

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