Alourdissement des sanctions américaines contre la Russie, l'Iran
reuters.com

L'alourdissement des sanctions russes adopte a la chambre
Mike Segar
reuters.com

L'alourdissement des sanctions russes adopte a la chambre
Mike Segar
WASHINGTON (Reuters) - La chambre américaine des Représentants s'est prononcée à une très large majorité en faveur d'un alourdissement des sanctions imposées par les Etats-Unis à la Russie, à l'Iran et à la Corée du Nord, malgré les réserves de Donald Trump.
Le texte, adopté mardi par 419 voix contre trois, doit maintenant être approuvé au Sénat et promulgué ou non par le président.
On ignore la date du vote à la chambre haute mais le président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères, Bob Corker, a déclaré que la mesure devrait être adoptée "très très prochainement".
Républicains et démocrates veulent sanctionner l'annexion en Ukraine de la Crimée en mars 2014 et les ingérences de Moscou dans la campagne présidentielle américaine de 2016, qui font l'objet de plusieurs enquêtes parlementaires.
La Maison blanche a fait savoir que Donald Trump n'avait pas encore pris de décision quant à la promulgation du texte, qui pourrait compromettre ses projets de rapprochement avec Moscou. Il pourrait toutefois être adopté avec une marge suffisante pour passer outre à un éventuel veto présidentiel.
PLONGÉE DANS L'INCONNU
Le vote de la chambre des Représentants a suscité de nombreuses réactions.
A Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dénoncé un coup porté au droit et au commerce international, un geste extrêmement inamical et une triste nouvelle pour les relations russo-américaines, évoquant la possibilité de représailles.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a jugé qu'il n'existait désormais aucune possibilité d'amélioration des relations avec Washington et que le vote de mardi plongeait celles-ci dans l'inconnu.
Le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré que Téhéran riposterait en cas de nouvelles sanctions américaines.
Les Etats-Unis ont déjà imposé des mesures de rétorsion à l'Iran le 18 juillet dernier, mesures jugées par Hassan Rohani contraires aux engagements pris par les Américains dans le cadre de l'accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015.
A Bruxelles, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a averti que l'UE agirait en cas de promulgation de ces nouvelles sanctions, qui pourraient affecter la sécurité énergétique de l'UE.
Le projet adopté mardi à Washington envisage "l'imposition de sanctions sur n'importe quelle compagnie (y compris européenne) qui contribue au développement, à la maintenance, la modernisation ou la réparation de pipelines exportant de l'énergie en provenance de la Russie", indique la Commission.
Cela pourrait affecter les gazoducs alimentant l'Ukraine ou des projets cruciaux pour l'indépendance énergétique de l'UE, comme le projet Baltic LNG (Liguefied Natural Gas), souligne-t-elle.
Dans son communiqué, Jean-Claude Juncker rappelle que l'UE est pleinement engagée dans la mise en oeuvre des sanctions contre la Russie mais réclame une étroite coordination entre membres du G7 pour assurer l'application des accords de paix de Minsk sur l'Ukraine.
L'UE a déclaré qu'elle ferait connaître ses préoccupations aux Etats-Unis par "tous les canaux diplomatiques".
La France a jugé de son côté que la proposition de loi du Congrès américain apparaissait "illicite au regard du droit international" et a appelé à une concertation au niveau européen.
En Allemagne, la Chambre de commerce et d'industrie a estimé que le projet américain risquait de nuire à la sécurité énergétique de l'Allemagne et semblait conçu pour favoriser les entreprises américaines.
(Patricia Zengerle, avec Andrew Osborn et Katia Golubkova à Moscou, Philip Blenkinsop à Bruxelles et Babak Dehghanpisheh à Beyrouth, Jean-Philippe Lefief, Gilles Trequesser et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
reuters.com