Les socialistes vénézuéliens remportent les élections régionales
reuters.com

Les socialistes venezueliens remportent les elections regionales
Handout .
reuters.com

Les socialistes venezueliens remportent les elections regionales
Handout .
par Andrew Cawthorne et Alexandra Ulmer
CARACAS (Reuters) - Le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro a remporté dimanche la majorité des 23 sièges en jeu lors de l'élection des gouverneurs régionaux, selon des résultats officiels mis en doute par l'opposition, qui escomptait une "immense victoire".
Le parti socialiste a remporté 17 Etats tandis que l'opposition a obtenu cinq sièges de gouverneurs, a annoncé la présidente de la commission électorale, Tibisay Lucena, selon des résultats définitifs portant sur 22 des 23 Etats en jeu.
"Le 'chavisme' est en vie, dans les rues, et triomphant", a déclaré, rayonnant, le président Maduro dans un discours aux Vénézuéliens, en référence à l'héritage politique de son prédécesseur Hugo Chavez.
Quelques minutes avant leur publication, les dirigeants de l'opposition ont dit douter de l'authenticité des résultats officiels. "Nous avons de sérieux doutes et suspicions", a déclaré à des journalistes le directeur de campagne de l'opposition, Gerardo Blyde.
"Ces résultats sont incroyables et inexplicables", a renchéri plus tard le porte-parole Ramon Aveledo.
Au lieu de la dizaine de sièges espérée, l'opposition en a remporté cinq, soit trois de plus que précédemment, notamment dans les Etats andins de Merida et Achira, ainsi dans que la région pétrolière de Zulia.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

La France a dit lundi sa préoccupation face à cette situation, soulignant que "l'absence de transparence dans le processus de vérification et de compilation affect[ait] la confiance dans les résultats".
"Les conditions du scrutin étaient contestées. De graves irrégularités sont dénoncées", déclare le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Les socialistes ont repris le contrôle de l'Etat de Miranda, qui englobe une partie de la capitale Caracas, gagné par l'étoile montante du parti Hector Rodriguez, a annoncé la commission électorale. Le frère cadet d'Hugo Chavez, Argenis Chavez, a remporté le fief familial et rural de Barinas.
ENTRAVES
Le Parti socialiste du président Maduro contrôlait avant l'élection 20 des 23 Etats, mais les sondages laissaient présager une progression bien plus forte de l'opposition.
Ce scrutin laisse redouter une nouvelle vague de contestation, après des mois de manifestations de rue quasi quotidiennes et des troubles qui ont fait jusqu'en juillet au moins 125 morts.
Le président vénézuélien, qui est au pouvoir depuis 2013 et la mort de son mentor, Hugo Chavez, veut voir dans ce vote le meilleur moyen d'avancer vers la paix sociale dans le pays.
Le Venezuela, bien que riche en hydrocarbures, traverse depuis des années une profonde crise politique et sociale mais surtout économique, avec pénurie de biens de première nécessité et hyperinflation.
Pendant toute la campagne électorale, le gouvernement a utilisé sans compter les ressources publiques pour soutenir ses candidats, multiplié les références à Hugo Chavez et présenté le vote socialiste comme un vote pour la "paix", contre les "candidats de la violence".
Le chef de l'Etat cherche notamment, dit-on dans les milieux politiques à Caracas, à confirmer par ce scrutin régional la primauté de l'Assemblée constituante, élue fin juillet et décriée par l'opposition et la majeure partie de la communauté internationale.
Les futurs gouverneurs, a-t-il ainsi prévenu, devront "prêter serment et se soumettre" à l'Assemblée constituante, au risque d'être destitués.
Le scrutin, entravé par la commission électorale, proche du régime, n'a pas été dénué de difficulté pour les opposants.
Deux cents bureaux de vote situés dans des régions favorables à l'opposition ont été déplacés, officiellement pour des questions de sécurité, et les noms de candidats d'opposition éliminés lors des primaires ont été maintenus sur les bulletins.
Au plan technique, des pannes de courant, fréquentes dans le pays en crise, ont affecté certains bureaux de vote. Le gouvernement a assuré que les perturbations avaient été minimes.
(Gilles Trequesser et Julie Carriat pour le service français, Sophie Louet à Paris)
reuters.com