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La BoE épargnera les banques de l'UE en cas de Brexit en douceur

reuters.com

Publié le 20 décembre 2017 à 06:46 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:32

La banque d'angleterre prepare un plan post-brexit pour les banques de l'ue

La banque d'angleterre prepare un plan post-brexit pour les banques de l'ue

CLODAGH KILCOYNE

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

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par William Schomberg et Huw Jones

LONDRES (Reuters) - La Banque d'Angleterre (BoE) a annoncé mercredi qu'elle ne demanderait pas aux banques européennes de constituer des fonds propres supplémentaires au niveau local quand le Royaume-Uni quittera l'Union européenne, mais elle a prévenu qu'il y aurait des "conséquences" en cas d'échec des discussions sur le Brexit.

Selon le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, les grandes banques européennes opérant en Grande-Bretagne subiront peu de changement à condition que les organismes de supervision de l'UE coopèrent avec Londres après le Brexit.

"Mais nous gardons toutes nos options et si ce n'est pas possible, il y aura des conséquences pour ces établissements", a-t-il dit au Parlement après publication du rapport de la BoE.

Il s'est toutefois montré optimiste sur les perspectives d'un accord, affirmant que les secteurs des services financiers des deux côtés de la Manche avaient déjà beaucoup en commun.

Le gouverneur adjoint de la BoE, Sam Woods, a aussi noté que la coopération avait jusqu'ici bien fonctionné. "Cependant, le Brexit crée un point de tension qui, je pense, va probablement se renforcer plutôt que de se calmer", a-t-il ajouté.

L'annonce de la BoE est la première salve d'une longue bataille attendue avec l'UE sur les règles bancaires qui décideront du sort de la place de Londres dans l'avenir.

La Première ministre, Theresa May, a déclaré qu'elle défendrait âprement la place de Londres en tant que premier centre financier mondial dans les discussions sur le Brexit.

"Nous apprécions le rôle important que joue la ville de Londres, non seulement comme centre financier pour l'Europe, mais comme centre financier pour le monde; nous voulons le conserver", a-t-elle déclaré au Parlement. "Cela, bien sûr, fera partie des négociations sur la phase deux du Brexit."

77 SUCCURSALES DE BANQUES

Le Royaume-Uni entend quitter le marché unique européen en mars 2019, ce qui soulève des questions sur la manière dont les entreprises britanniques continueront à faire des affaires avec le bloc communautaire après le Brexit, et sur la façon dont les entreprises européennes continueront à opérer au Royaume-Uni.

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Un Brexit "dur", qui se traduirait donc par un départ du Royaume-Uni sans accord commercial avec l'UE, compliquerait la coopération transfrontalière en matière de supervision et pourrait durement affecter des banques comme Deutsche Bank, très présente à Londres.

La BoE a fait savoir qu'elle permettrait aux grandes banques - celles disposant par exemple de plus de 15 milliards de livres (16,9 milliards d'euros) d'actifs en Grande-Bretagne - d'opérer comme succursales au Royaume-Uni uniquement si leurs autorités de supervisions nationales acceptaient de coopérer plus étroitement avec l'institut d'émission britannique.

Dans le cas contraire, elles seraient considérées comme des filiales, ce qui les obligerait à constituer des fonds propres supplémentaires en Grande-Bretagne, une opération coûteuse.

La Grande-Bretagne abrite 77 succursales de banques et 80 succursales d'assureurs de l'Espace économique européen (EEE).

La proposition de la BoE indique une position britannique plus souple que celle de l'UE qui a insisté pour que les banques basées à Londres perdent leur "passeport européen" après le Brexit si la Grande-Bretagne maintient son projet d'imposer de nouveaux contrôles en matière de circulation des personnes, ce qui est contraire aux règles du marché unique.

Londres rivalise avec New York - qui domine le marché des changes où se traite chaque jour quelque 5.100 milliards de dollars de transactions, et abrite le plus grand nombre de banques - pour le titre de capitale mondiale de la finance. Mais le Brexit est aussi vu par de nombreuses capitales européennes comme une opportunité d'attirer une partie de l'activité.

L'UE a déjà proposé que l'activité des chambres de compensation des dérivés en euro, qui s'effectue essentiellement à Londres, soit transférée dans la zone euro après le Brexit, faute d'accord global entre régulateurs européen et britannique.

LE STATUT DE LONDRES

Les conditions fixées par la BoE sur la nécessité ou non de créer des filiales devraient être perçues comme une riposte aux projets de l'UE sur les chambres de compensation en euro.

La ligne adoptée par l'UE sur le secteur bancaire est extrêmement sensible pour Londres, qui perçoit plus de 70 milliards de livres de taxes par an du secteur financier.

La BoE prévoit d'entamer début 2018 l'octroi de nouvelles autorisations pour les succursales des quelque 200 sociétés financières de l'Espace économique européen au Royaume-Uni.

La nouvelle donne politique n'affectera pas la manière dont les banques extérieures à l'UE, comme le Japon, la Suisse et les Etats-Unis, sont actuellement supervisées par la BoE.

La banque centrale a déclaré que les succursales des assureurs de l'UE opérant actuellement auprès de particuliers devront devenir des filiales, conformément à la législation actuelle en vigueur pour les banques de détail étrangères.

La Financial Conduct Authority (FCA), l'autorité britannique des marchés, a par ailleurs indiqué mercredi que les gérants d'actifs et de fonds communs de placement de l'UE seraient autorisés à poursuivre leurs activités au Royaume-Uni après le Brexit pendant un certain temps, même en l'absence d'accord commercial avec le bloc communautaire.

La BoE disposera également de pouvoirs pour "reconnaître" et superviser les chambres de compensation de l'UE après le Brexit.

Deutsche Bank emploie 9.000 personnes à Londres et les banques françaises BNP Paribas et Société Générale respectivement 6.500 et 4.000 personnes.

De l'avis du Boston Consulting Group, la transformation des succursales en filiales reviendrait à une quarantaine de milliards d'euros pour les banques européennes concernées.

(avec Huw Jones à Londres et Ismail Shakil à Bangalore, David Milliken, Wilfrid Exbrayat et Claude Chendjou pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

reuters.com

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