Deux Britanniques empoisonnés au Novitchok, comme les Skripal
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Grande bretagne: deux personnes exposees a une substance inconnue pres de salisbury
Toby Melville
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Grande bretagne: deux personnes exposees a une substance inconnue pres de salisbury
Toby Melville
par Henry Nicholls
AMESBURY, Angleterre (Reuters) - Deux citoyens britanniques sont dans un état critique après avoir été exposés au Novitchok, le même agent neurotoxique dont avaient été victimes début mars un ex-agent double russe et sa fille, a annoncé mercredi le responsable des services de l'antiterrorisme.
Ces deux personnes, un homme de 45 ans et une femme de 44 ans, ont été hospitalisées samedi après s'être trouvés mal à Amesbury, ville du sud de l'Angleterre située non loin de Salisbury, lieu de l'attaque subie par Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars.
"J'ai reçu le résultat des tests du (centre de recherche militaire) de Porton Down, qui montrent que les deux personnes ont été exposées à l'agent innervant Novitchok", a déclaré à la presse Neil Basu, le responsable de l'antiterrorisme.
Les autorités britanniques ont accusé la Russie d'avoir empoisonnés Sergueï Skripal et sa fille au Novitchok, un agent innervant développé par l'armée soviétique pendant la Guerre froide, ce qui a provoqué une crise diplomatique sans précédent depuis la fin de la Guerre froide.
Plus de 100 diplomates russes ont été expulsés de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d'autres pays occidentaux. Moscou, qui dément toute responsabilité dans l'agression, a répliqué par des expulsions croisées.
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La police antiterroriste britannique mène désormais l'enquête. Selon Neil Basu, il est difficile de dire à ce stade comment les deux personnes sont entrées en contact avec l'agent innervant et si elles étaient visées en particulier.
"Je n'ai aucun renseignement ni preuve qu'ils aient été visés d'une façon ou d'une autre", a déclaré Neil Basu. "Il n'y a rien dans leurs antécédents pour suggérer cela."
Amesbury est située à une dizaine de kilomètres au nord de Salisbury où Sergueï Skripal, un ancien colonel des services de renseignement militaire russes qui travaillait pour le MI6 britannique, et sa fille Ioulia ont été trouvés inconscients sur un banc le 4 mars.
HYPOTHÈSE DE L'ACCIDENT
Une centaine de personnes de l'antiterrorisme sont mobilisés. La police a interdit l'accès d'un certain nombre de lieux dont une propriété à Salisbury et une pharmacie et un centre communautaire d'une église baptiste à Amesbury.
Les services de santé ont déclaré mercredi que le risque pour le public était faible. Mais on peut se demander, compte tenu de l'exposition de deux personnes apparemment sans rapport avec le monde du renseignement ni avec l'ex-Union soviétique, s'il y a encore des traces de l'agent neurotoxique dans la région.
"En tant que médecin en chef du pays, je tiens à rassurer le public sur le fait que le risque pour le grand public reste faible", a déclaré aux journalistes Sally Davies, médecin en chef de l'Angleterre.
Le comité d'urgence du gouvernement s'est réuni pour évoquer cette affaire, a indiqué un porte-parole de la Première ministre Theresa May. Le secrétaire aux Affaires inférieures, Sajid Javid, présidera jeudi une nouvelle réunion de ce comité.
"L'hypothèse de travail est actuellement que cette exposition était accidentelle, plutôt qu'une deuxième attaque sur le modèle de celle contre Sergueï et Ioulia Skripal à Salisbury cette année", a déclaré Sajid Javid.
Selon la reconstitution des événements, les services médicaux ont été appelés samedi matin dans une maison à Amesbury parce qu'une femme, du nom de Dawn Sturgess selon la presse, avait perdu connaissance. La police est revenue dans la journée quand l'homme, Charlie Rowley, s'est également trouvé mal.
Les deux victimes sont soignées à l'hôpital de district de Salisbury, dans le même établissement où Sergueï Skripal et sa fille ont passé plusieurs semaines dans un état critique avant de se rétablir peu à peu.
Pour Dawn Sturgess et Charlie Rowley, la police avait d'abord émis l'hypothèse d'un possible effet lié à l'absorption d'héroïne ou de crack.
Mais les tests ont montré qu'ils avaient été empoisonnés au Novitchok. En revanche, Neil Basu a précisé que ses services n'étaient "pas en mesure de dire" si l'agent innervant qui les a empoisonnés provient du même lot que celui auquel ont été exposés les Skripal.
"La possibilité que les deux enquêtes puissent être liées est évidemment pour nous une piste à suivre", a-t-il souligné.
(Avec Andy Bruce et Kate Holton à Londres; Benoît Van Overstraeten et Danielle Rouquié pour le service français)
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