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L'Académie de médecine réservée sur la PMA pour toutes

reuters.com  |   |  373  mots
L'academie de medecine reservee sur la pma pour toutes[reuters.com]
(Crédits : Benoit Tessier)

PARIS (Reuters) - L'Académie nationale de médecine se dit réservée sur la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes, dans un avis sur le projet de loi bioéthique examiné à partir de mardi à l'Assemblée nationale, un avis "sociétal" qui a laissé sceptique dimanche la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

"La conception délibérée d'un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n'est pas sans risques pour le développement psychologique et l'épanouissement de l'enfant", estime l'institution de la rue Bonaparte dans ce texte dont l'ancien rapporteur est Jean-François Mattéi, l'ex-ministre de la Santé de Jean-Pierre Raffarin.

Interrogée à ce propos lors de l'émission le Grand Jury-RTL-LCI-Le Figaro, Agnès Buzyn a rappelé que "l'Académie de médecine s'autosaisit de ce qu'elle veut". "Ce n'est pas forcément un avis médical, ce n'est pas là-dessus qu'on l'attend, c'est un avis sociétal", a-t-elle cependant ajouté.

En vertu de ses statuts, l'Académie nationale de médecine a "pour mission de répondre, à titre non lucratif, aux demandes du gouvernement sur toute question concernant la santé publique et de s'occuper de tous les objets d'étude et de recherche qui peuvent contribuer aux progrès de l'art de guérir".

"Aujourd'hui, 1,8 million de familles françaises sont des familles monoparentales, donc considérer qu'il y a un lien direct entre défaut de construction de l'enfant et familles monoparentales est faux. Nous avons des exemples partout", a encore déclaré Agnès Buzyn.

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femme seules est l'une des mesures contenues dans le projet de révision des lois de bioéthique qui doit être examiné par les députés à partir du 24 septembre. Une adoption définitive du texte est prévue au plus tard début 2020.

Six ans après l'adoption mouvementée de la loi ouvrant la voie au mariage et à l'adoption aux couples de même sexe sous le quinquennat de François Hollande, la capacité des opposants au projet de loi à mobiliser de nouveau reste une inconnue.

(Marine Pennetier et Jean-Stéphane Brosse)