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Syrie : Retrait supplémentaire de soldats US, Damas déploie des troupes

reuters.com  |   |  700  mots
Syrie: retrait supplementaire de soldats us, damas deploie des troupes[reuters.com]
(Crédits : Murad Sezer)

WASHINGTON/BEYROUTH/PARIS (Reuters) - Les Etats-Unis ont annoncé dimanche qu'ils allaient procéder au retrait du millier de soldats encore stationnés dans le nord de la Syrie, où l'armée turque a intensifié son offensive, tandis que Damas a conclu un accord avec les forces kurdes pour redéployer des troupes à la frontière turco-syrienne.

Dans la foulée de l'annonce américaine, la France a déclaré qu'elle allait prendre de manière imminente des mesures pour garantir la sécurité de ses personnels militaire et civil présents dans le nord-est syrien.

La décision de Washington illustre le déclin de l'influence des Etats-Unis sur le cours des événements en Syrie et l'échec de leur politique destinée à empêcher le régime syrien de Bachar al Assad de reprendre le contrôle de zones dont les rebelles se sont emparés au cours du conflit débuté en 2011.

Avec le retour des troupes gouvernementales à la frontière - une victoire pour Bachar al Assad -, s'ouvre la perspective d'une escalade des combats si les forces syriennes et les forces turques viennent à entrer en conflit direct.

L'offensive lancée mercredi dernier par Ankara, qui veut créer une "zone de sécurité" dans la région frontalière turco-syrienne pour en écarter les miliciens kurdes, alimente les craintes d'une fuite des combattants du groupe Etat islamique (EI) détenus dans la région. Des femmes affiliées à l'EI et leurs enfants ont fui en masse dimanche un camps où ils étaient détenus.

"La priorité absolue doit être d'empêcher la résurgence de Daech dans la région", a déclaré l'Elysée à l'issue de la réunion en urgence d'un conseil restreint de défense dimanche en fin de soirée.

"Le risque d'évasion, en raison de l'offensive de la Turquie, des terroristes de Daech faits prisonniers, est pleinement pris en compte", a ajouté la présidence française dans un communiqué.

RAID AÉRIEN DE L'ARMÉE TURQUE CONTRE RAS AL AIN

A Washington, le secrétaire américain à la Défense a déclaré que les Etats-Unis avaient décidé de retirer les quelque 1.000 soldats présents dans le nord de la Syrie après avoir appris que l'offensive de l'armée turque s'intensifiait. Ce retrait pourrait être effectif en quelques jours, ont dit à Reuters deux représentants américains.

Mark Esper a expliqué dans un entretien à la chaîne de télévision CBS que la volonté des Forces démocratiques syriennes (FDS), mouvement dominé par les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), de se tourner vers la Russie et la Syrie pour faire face à l'offensive turque avait pesé dans la décision de l'administration Trump.

L'opération "Source de paix" a été lancée par la Turquie moins de trois jours après la décision du président américain Donald Trump de redéployer une partie du contingent de militaires américains présents à la frontière turco-syrienne.

Donald Trump, critiqué jusque dans son propre Parti républicain pour avoir décidé du retrait américain, a déclaré qu'il appartenait aux forces kurdes et à la Turquie de contenir les combattants du groupe Etat islamique. Il a reproché aux pays européens d'avoir refusé de rapatrier leurs ressortissants membres de l'EI pour les juger.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une frappe aérienne menée dimanche par la Turquie contre la ville de Ras al Ain a fait 14 morts dont 10 civils.

Plus de 130.000 personnes ont été déplacées par les combats, a rapporté l'Onu.

La presse officielle syrienne a rapporté que l'armée syrienne avait commencé à déployer des soldats dans le nord pour faire face à l'"agression turque" en Syrie.

A Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche que les forces turques avaient tué 440 combattants des FDS jusqu'à présent et pris notamment le contrôle de 17 villages autour de Tel Abyad et de quatre villages proches de Ras al Ain.

(Idrees Ali et Sarah N. Lynch à Washington, Tom Perry à Beyrouth, John Irish à Paris; Jean Terzian pour le service français)