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Quatrième jour de contestation au Liban, Hariri annonce un ensemble de réformes

reuters.com  |   |  497  mots
Quatrieme jour de mobilisation contre le pouvoir au liban[reuters.com]
(Crédits : Mohamed Azakir)

par Samia Nakhoul et Laila Bassam

BEYROUTH (Reuters) - Sous la pression de la rue, le Premier ministre libanais Saad Hariri et ses partenaires de coalition se sont entendus dimanche soir sur un ensemble de réformes économiques censées répondre au mouvement de contestation.

L'accord a été obtenu tandis que des centaines de milliers de personnes manifestaient pour la quatrième journée dans les rues de la capitale.

Cette marée humaine d'où émergeaient des drapeaux libanais a réclamé une révolution comparable au "printemps arabe" de 2011.

Ce mouvement de contestation - le plus important depuis des décennies au Liban - a été provoqué par la hausse du coût de la vie et l'annonce de nouveaux impôts, notamment la création d'une taxe sur les appels passés par l'application WhatsApp - mesure sur laquelle le gouvernement est revenu face aux protestations.

Il s'est mué en remise en cause du pouvoir et des élites politiques, accusées de corruption.

Fait rare, cette mobilisation vise l'ensemble des dirigeants politiques, quelle que soit leur confession, que les manifestants accusent de corruption et d'avoir pillé le pays où plus du quart de la population vit sous le seuil de pauvreté et qui affiche une dette publique représentant 150% de son PIB.

Dans le détail, les réformes annoncées dimanche soir prévoient de réduire de moitié les salaires des présidents, des ministres et des parlementaires, en exercice ou honoraires, et de baisser diverses avantages accordés aux hauts fonctionnaires.

La Banque centrale du Liban et les banques privées devront parallèlement contribuer à hauteur de 3,3 milliards de dollars au budget de l'Etat pour se rapprocher de l'objectif "quasi zéro déficit" en 2020.

La coalition s'est également entendue sur un plan de privatisation du secteur des télécommunications et sur une refonte du secteur de l'électricité, un secteur coûteux et défaillant qui pèse particulièrement sur les finances publiques.

Selon des sources gouvernementales, le conseil des ministres se réunira lundi à la mi-journée pour sceller cet ensemble de réformes.

Accentuant la pression sur Saad Hariri, le chef de file des chrétiens maronites, Samir Geagea, avait annoncé samedi soir que les quatre ministres issus de son parti Forces libanaises allaient démissionner et appelé à la formation d'un nouveau gouvernement.

"Nous sommes arrivés à la conclusion que ce gouvernement est impuissant pour prendre les mesures nécessaires pour sauver le pays de conditions financières et économiques qui empirent", a-t-il dit lors d'une allocution télévisée.

Un peu plus tôt samedi, le chef du puissant mouvement chiite Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait déclaré pour sa part ne pas soutenir les appels à la démission du gouvernement et prévenu qu'il ne permettrait pas la chute du président Michel Aoun, dont il a soutenu l'accession au pouvoir.

(avec Eric Knecht; Marine Pennetier et Henri-Pierre André pour le service français)