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La plainte de GM contre Fiat-Chrysler n'aura pas d'effet sur la fusion avec PSA

reuters.com  |   |  461  mots
La plainte de gm contre fiat-chrysler n'aura pas d'effet sur la fusion avec psa[reuters.com]
(Crédits : Stephane Mahe)

MILAN/PARIS (Reuters) - Les accusations de General Motors contre Fiat Chrysler Automobiles (FCA) n'affecteront pas le projet de fusion à 50 milliards de dollars entre le constructeur italo-américain et le français PSA, a-t-on appris jeudi de source proche de FCA.

D'après cette source, qui a requis l'anonymat, la procédure lancée par General Motors ne conduira pas davantage Fiat-Chrysler et PSA à réviser la valorisation des entités appelées à fusionner pour donner naissance au quatrième acteur mondial du secteur automobile.

Le premier constructeur américain a porté plainte mercredi aux Etats-Unis contre Fiat Chrysler pour racket, accusant son rival de corruption lors de ses négociations avec le syndicat UAW afin d'obtenir des avantages indus sur les salaires et les conditions de travail.

Dans sa plainte, le constructeur chiffre son préjudice en milliards de dollars et annonce qu'il va réclamer des "dommages substantiels", s'engageant à réinvestir aux Etats-Unis les sommes qu'il pourrait obtenir en justice.

Fiat-Chrysler est accusé d'avoir corrompu le puissant syndicat UAW entre 2009 et 2015 afin de verser des salaires moins élevés que General Motors à ses employés et pouvoir recourir davantage à des travailleurs intérimaires, moins bien payés.

La plainte affirme aussi qu'après le rejet de la demande en mariage entre FCA et General Motors proposée en septembre 2015 par Sergio Marchionne, l'ex-PDG de Fiat-Chrysler, mort en 2018, a conspiré en vue de négocier un nouvel accord collectif de quatre ans avec le syndicat UAW "conçu pour coûter des milliards à GM".

Craig Glidden, l'avocat de GM, a souligné que la procédure n'avait rien à voir avec le projet de fusion FCA-PSA et que General Motors n'envisageait pas d'engager des poursuites contre l'organisation syndicale.

Dans un communiqué diffusé dans la soirée, Fiat-Chrysler a toutefois répliqué en accusant son concurrent de se livrer à une manoeuvre destinée à parasiter les discussions en cours avec PSA.

Un porte-parole de FCA a déclaré jeudi que ces discussions progressaient "sans difficulté".

PSA n'a fait de son côté aucun commentaire sur la plainte de GM et ses répercussions potentielles sur le projet de fusion dévoilé le 31 octobre.

En Bourses, l'action FCA reculait de 1,9% jeudi vers 11h15 GMT et PSA progressait de 0,58%.

Dans une lettre à ses employés, Mike Manley, président-directeur général de FCA, se dit "stupéfait par cette plainte, tant au niveau de son contenu que du moment choisi". "Nous ne pouvons que présumer qu'elle vise à perturber notre projet de fusion avec PSA", ajoute-t-il.

FCA, poursuit-il, se défendra vigoureusement contre cette plainte "sans valeur".

(Giulio Piovaccari à Milan et Gilles Guillaume à Paris, avec Edward Taylor à Francfort et Nick Carey à Detroit, version française Marine Pennetier et Henri-Pierre André, édité par Jean-Michel Bélot)