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France : Dette et déficit record mais moindre que redouté en 2020

reuters.com  |   |  547  mots
France: la dette publique atteint 115,7% du pib fin 2020, selon l'insee[reuters.com]
(Crédits : Charles Platiau)

PARIS (Reuters) - La France a enregistré en 2020 un déficit et une dette publics record mais moindres que redoutés par le gouvernement à la faveur d'une contraction économique moins forte que prévu, montrent les statistiques publiées vendredi par l'Institut national de la statistique et des études économiques l'Insee.

Les comptes publics ont été largement mis à contribution l'an dernier pour soutenir "quoi qu'il en coûte" une économie française frappée de plein fouet par les retombées de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Le déficit public de la France a atteint en 2020 l'équivalent de 9,2% du produit intérieur brut (PIB), un plus haut depuis 1949, selon les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques.

Même s'il s'est nettement creusé par rapport à son niveau de 3,1% du PIB en 2019, le déficit public s'est avéré inférieur aux 10,2% anticipés par le gouvernement français.

En volume, le déficit public 2020, qui agrège les soldes des comptes de l'Etat, des collectivités locales et des administrations de Sécurité sociale, a atteint 211,5 milliards d'euros contre 74,7 milliards un an plus tôt.

Sa principale composante, le budget de l'Etat, a plus que doublé, s'établissant à 182 milliards d'euros l'an dernier contre 85,7 milliards en 2019.

RATIO DETTE/PIB À 115,7% FIN 2020

La dette publique française a quant à elle bondi de 97,6% du PIB fin 2019 à 115,7% du PIB à la fin de l'an passé (soit 2.650,1 milliards d'euros), même si elle est également restée en deçà des prévisions gouvernementales, qui tablaient sur une dette publique représentant 117,5% du PIB à fin 2020.

"Les 18 points de dette supplémentaires en 2020 sont la traduction de la baisse d'activité de l'économie française et de l'effort de protection considérable de nos salariés et de nos entreprises", a commenté Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances.

"Cette protection nous permet de garantir le fort rebond de notre économie lorsque la crise sanitaire sera derrière nous", a-t-il poursuivi.

"Quand l'activité économique se sera redressée, nous devrons commencer à rembourser cette dette suivant la stratégie que nous avons définie: croissance, maîtrise des dépenses publiques et réformes de structure."

L'état moins dégradé qu'anticipé des finances publiques n'est guère surprenant puisque la contraction de l'économie française s'est finalement avérée moins marquée que prévu l'an dernier.

L'Insee a annoncé fin février que l'économie française s'était contractée de 8,2% l'an dernier, contre une prévision d'une baisse de 10% du PIB dans le scénario retenu par le gouvernement lors de l'établissement du budget.

Pour 2021, le gouvernement prévoit pour l'instant un déficit à 6,7% du PIB et un ratio d'endettement à 116,2% du PIB français.

Selon Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des Comptes publics, l'Etat devrait dépenser 32 milliards d'euros pour soutenir l'économie en 2021.

"Nous estimons (que le coût des mesures de soutien) dépassera les 30 milliards d'euros, autour de 32 milliards d'euros, avec 18 milliards pour le fonds de solidarité, 11 milliards pour l'activité partielle et environ 3,5 à 4 milliards d'euros pour les exonérations de cotisations sociales", a-t-il déclaré vendredi dans un entretien à l'AFP."

(Nicolas Delame et Leigh Thomas, avec Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault)