Téléchargez
notre application
Ouvrir

Les Kényans veulent du changement, mais visages familiers pour la présidentielle

reuters.com  |   |  408  mots
Les kenyans veulent du changement, mais visages familiers pour la presidentielle[reuters.com]
(Crédits : Thomas Mukoya)

par Duncan Miriri

NAIROBI (Reuters) - Les Kényans sont appelés aux urnes mardi pour des élections législatives et présidentielle pour lesquelles la participation s'annonce peu élevée, particulièrement chez les jeunes, alors que de nombreux citoyens ont perdu espoir en les changements potentiels que pourrait apporter le futur gouvernement.

Des données de la commission électorale montrent que de nombreux jeunes ne se sont pas inscrits sur les listes électorales. Pour la plupart, ils se disent frustrés par les inégalités sociales croissantes dans un contexte de flambée de l'inflation et sur fond de corruption systémique dans le pays.

Nombre de jeunes reprochent au système politique d'être chapeauté, de longue date, par la même élite.

Si le président sortant Uhuru Kenyatta ne peut se représenter, ayant atteint la limite de deux mandats, les principaux candidats sont des visages connus, comme William Ruto, 55 ans, adjoint du chef de l'Etat au cours des neuf dernières années avant qu'une querelle les oppose.

Uhuru Kenyatta a apporté son soutien à Raila Odinga, 77 ans, ancien Premier ministre et actuel chef de l'opposition.

Le scrutin est surveillé de près, alors que le Kenya est un pays stable dans une région volatile et entretient des relations étroites avec l'Occident. Ainsi plusieurs multinationales, comme Alphabet, maison-mère de Google, et Visa, ont choisi d'y installer leurs sièges régionaux.

Toutefois la "désillusion" prédomine dans les rangs de la population à l'égard de la classe politique, selon Macharia Munene, professeur en relations internationales à l'Université internationale d'Afrique à Nairobi, qui dit anticiper une participation peu élevée.

Le taux de participation pourrait aussi être affecté par les questions ethniques traditionnelles dans le pays, alors que le principal groupe ethnique Kikuyu, dont sont issus trois des quatre derniers présidents, n'a pas désigné de candidat.

D'après les derniers sondages, publiés la semaine dernière, Raila Odinga bénéficie de six à huit points d'avance sur William Ruto dans les intentions de vote. Ruto a dénoncé des enquêtes d'opinion truquées destinées à influencer les électeurs, après quatre candidatures successives infructueuses d'Odinga.

Les bureaux de vote ont ouvert à 03h00 GMT. Pour remporter le scrutin dès le premier tour, un candidat doit obtenir au moins 50% des suffrages avec un taux de participation d'au moins 25%.

(Reportage Duncan Miriri; version française Camille Raynaud et Jean Terzian)