Rebond en Europe après trois séances d'affilée dans le rouge

reuters.com  |   |  656  mots
Une femme passe devant le batiment du london stock exchange[reuters.com]
(Crédits : Toby Melville)

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes ont ouvert en hausse mardi après trois séances dans le rouge, une accalmie précaire étant revenue sur les marchés d'actions même si les taux d'intérêt et les turbulences sur les changes continuent d'alimenter les incertitudes.

À Paris, le CAC 40 prend 0,92% à 5822,59 vers 08h30 GMT. À Londres, le FTSE 100 avance 0,39% et à Francfort, le Dax s'octroie 0,92%.

L'indice EuroStoxx 50 gagne 0,9% et le FTSEurofirst 300 0,99%. Le Stoxx 600, tombé lundi à un creux depuis décembre 2020, se redresse de 0,87%.

Les contrats à terme sur les principaux indices américains préfigurent également un rebond: le Dow Jones, tombé lundi en "bear market" (marché baissier), pourrait avancer de 1,03%. Le Standard & Poor's 500, qui a touché lundi un plus bas depuis la mi-juin, pourrait gagner 1,27%. Le Nasdaq est attendu en progression de 1,45%.

Les marchés, déjà secoués dans les dernières séances par la perspective d'une remontée des taux d'intérêt aux Etats-Unis jusqu'à fin 2023 et un risque accru de récession, ont été déconcertés par la chute de la livre sterling, qui a touché lundi son plus bas niveau historique, à 1,0327 dollar.

La monnaie britannique a dévissé à la suite de la présentation par le gouvernement d'un programme de soutien à l'économie très largement dominé par les baisses d'impôt et par un recours massif à l'emprunt. La Banque d'Angleterre (BoE) a dit lundi surveiller de près les marchés financiers et son chef économiste, Huw Pill, doit s'exprimer à 11H00 GMT.

"C'est véritablement un événement qui se passe en ce moment (...) nous n'en sommes probablement qu'au stade initial dans l'observation de la manière dont le marché digère ce type d'informations", a déclaré Yuting Shao, stratège en macroéconomie chez State Street Global Markets.

LA LIVRE SE REDRESSE

Mardi, la livre se traitait à 1,0816 dollar, en hausse de 1,24%, tandis que le dollar, en repli de 0,3%, marquait une pause face aux autres grandes devises après avoir touché lundi un sommet depuis mai 2002.

Les rendements obligataires, eux, évoluent à des pics de plusieurs années: celui du Gilt britannique à cinq ans a pris 100 points de base en deux jours et le taux du Bund allemand à dix ans a touché un plus haut de 11 ans à 2,142%. Le rendement du BTP italien à dix ans a dépassé brièvement 4,7% après la victoire de l'alliance des droites aux élections législatives.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, qui a déclaré lundi que la BCE n'avait pas vocation à corriger des erreurs de politique intérieure pour alléger les coûts d'emprunts des Etats membres, doit encore s'exprimer à 11h30 GMT à l'occasion d'un débat organisé par la Banque de France.

Côté indicateurs économiques, le moral des exportateurs allemands est tombé en septembre à son plus bas niveau depuis le début de la pandémie de COVID-19, selon l'institut Ifo.

LE TOURISME EN TÊTE DES HAUSSES

Aux valeurs, le rebond en Europe profite d'abord aux titres liés au tourisme (+2,18%) et aux nouvelles technologies (+1,58%).

Dans l'actualité des entreprises, TotalEnergies, qui présente ses perspectives en matière d'énergie, gagne 1,02%. Son PDG, Patrick Pouyanné, a notamment annoncé que le groupe investirait un milliard d'euros sur deux ans pour améliorer l'efficacité énergétique dans ses entreprises.

EDF prend 0,29% alors que le gouvernement français s'apprête à dévoiler le nom du futur patron du groupe en passe d'être renationalisé.

Technicolor Creative Studios (TCS), la division d'effets spéciaux de Technicolor, chute de 6,853% pour ses débuts boursiers.

Ailleurs en Europe, le spécialiste italien des paiements Nexi bondit de 6,23%, le groupe ayant annoncé prévoir une génération de trésorerie excédentaire d'environ 2,8 milliards d'euros en 2023-2025.

Le groupe de mode allemand Hugo Boss recule de 1,37%, pénalisé par l'abaissement de recommandation de Deutsche Bank à "conserver" contre "acheter".

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)

tag.dispatch();