La Colombie et les Farc se donnent six mois pour faire la paix
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La colombie et les farc se donnent six mois pour faire la paix
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par Nelson Acosta et Daniel Trotta
LA HAVANE (Reuters) - Le président colombien José Manuel Santos et le commandant en chef de la guérilla marxiste des Farc, Rodrigo Londono, ont échangé une poignée de main historique mercredi et se sont mis d'accord pour parvenir à un accord de paix définitif d'ici six mois.
Le président Santos et Rodrigo Londono, plus connu sous son nom de guerre, Timochenko, ont également décidé que les guérilleros déposeraient les armes dans un délai de 60 jours après la signature de l'accord de paix, qui doit lui-même en principe être signé d'ici au 23 mars 2016.
Le gouvernement et les rebelles sont en négociations de paix à La Havane depuis près de trois ans mais c'était la première fois que le président Santos était présent à La Havane et la première fois qu'il rencontrait Timochenko.
Les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) combattent le gouvernement depuis 51 ans. Le conflit a fait 220.000 morts et des millions de déplacés.
"Ce ne sera pas une tâche facile parce qu'il y a encore certains points difficiles sur lesquels se mettre d'accord. Mais c'est une instruction que nous avons donné à nos délégations, de parvenir à un accord aussitôt que possible", a déclaré le président Santos.
"Nous n'échouerons pas", a déclaré Juan Manuel Santos lors de la cérémonie de signature. Le temps de la paix est arrivé."
Quelques instants plus tard, Santos et Timochenko se serraient la main. Le président cubain Raul Castro, hôte de la rencontre, a joint ses mains aux leurs.
TRIBUNAUX SPÉCIAUX
"L'accord signé mercredi prévoit la création de tribunaux spéciaux pour juger les ex-combattants.
Les deux parties ont également annoncé la création d'une commission vérité, un accord sur les réparations dues aux victimes de la guerre et une amnistie pour les combattants sauf pour les auteurs des crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité.
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Le président colombien a souligné que l'accord ne s'appliquerait pas qu'aux Farc mais aussi aux troupes gouvernementales et aux groupes paramilitaires d'extrême-droite qui menaient leurs propres opérations ou jouaient les mercenaires pour les riches propriétaires terriens.
Timochenko a réitéré son appel à un cessez-le-feu bilatéral tout en disant que les rebelles étaient prêts à parvenir à un accord de paix bien avant le 23 mars.
Le chef de la diplomatie américaine John Kerry a parlé de "percée majeure" et a appelé le président Santos pour le féliciter d'avoir négocié dans des conditions "extraordinairement difficiles".
"La paix se rapproche désormais", a déclaré le secrétaire d'Etat dans un communiqué.
Les Etats-Unis ont versé à la Colombie des milliards de dollars pour aider ce pays allié à lutter contre le trafic de drogue.
"La fin du conflit sera une question de mois", a déclaré le ministre colombien de l'Intérieur Juan Fernando Cristo sur Twitter. "La construction de la paix dans notre pays prendra des années."
Auparavant, les parties avaient conclu un accord partiel sur la coopération en matière de lutte contre le trafic de drogue et d'autres sur la réforme agraire et la participation des rebelles à la vie politique une fois qu'ils auront désarmé.
Les deux camps sont également parvenus à se mettre d'accord pour ôter les mines du champ de bataille.
Le point important qu'il reste à négocier porte sur la façon de démobiliser les rebelles et de faire cesser les combats, qui ont continué par intermittence pendant les négociations de paix à La Havane.
L'accord global une fois conclu, il devra être approuvé par les électeurs colombiens.
Les Farc, qui ont compté jusqu'à 17.000 hommes dans leurs rangs à leur apogée, n'en n'ont plus que 8.000 environ aujourd'hui.
Le mouvement de guérilla est considérée comme un groupe terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne.
Les Farc sont nées d'un mouvement paysan qui réclamait une réforme agraire dans les années 1960. Elles ont combattu tous les gouvernements successifs depuis lors.
(Avec Andrew Cawthorne et Diego Ore à La Havane, Julia Symmes Cobb et Luis Jaime Acosta à Bogota; Danielle Rouquié pour le service français)
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