Yildirim va devenir chef de l'AKP et du gouvernement turc
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Binali yildirim va etre nomme a la tete de l'akp et du gouvernement turc
UMIT BEKTAS
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Binali yildirim va etre nomme a la tete de l'akp et du gouvernement turc
UMIT BEKTAS
par Humeyra Pamuk et Nick Tattersall
ISTANBUL (Reuters) - Le ministre turc des Transports, Binali Yildirim, va être nommé dimanche à la tête du parti Justice et Développement (AKP, islamo-conservateur) et deviendra de fait Premier ministre, renforçant l'emprise du président Recep Tayyip Erdogan sur l'appareil d'Etat.
Proche d'Erdogan depuis près de vingt ans, Yildirim, 60 ans, est le seul candidat en lice et sera désigné lors d'un congrès spécial de l'AKP dimanche, a indiqué un porte-parole du parti devant la presse.
Expliquant que cette désignation constituait une "importante responsabilité", Yildirim a précisé qu'elle était le résultat d'une consultation avec près de 800 membres de l'AKP à tous les niveaux.
Il a ajouté que sa tâche serait de travailler en totale harmonie avec tous les membres du parti, y compris son fondateur Erdogan, et de poursuivre la lutte contre "la menace terroriste".
"Nous mettrons en oeuvre tous nos efforts pour travailler en totale harmonie avec notre président fondateur et leader mais aussi avec nos collègues à tous les échelons de notre parti afin de remplir les objectifs de notre grande Turquie", a déclaré Yildirim.
Yildirim remplace à ce poste Ahmet Davutoglu qui a annoncé le mois dernier qu'il quittait ses fonctions en raison de divergences croissantes avec le président Erdogan.
"Sa candidature s'est imposée après une période de consultation et grâce à un large consensus", a déclaré Omer Celik, porte-parole de l'AKP.
Le futur chef du gouvernement, qui a participé à la fondation de l'AKP en 2001, est perçu comme un soutien plus fiable par Erdogan dans sa volonté d'imposer un régime présidentiel, par une modification de la Constitution. Ses opposants dénoncent une dérive autocratique.
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Erdogan et ses partisans estiment que cette transformation institutionnelle est un garde-fou contre les divisions partisanes qui ont entravé le fonctionnement politique du pays dans les années 90. Ses rivaux affirment qu'il entend simplement satisfaire ses ambitions.
SOUTIEN INDÉFECTIBLE
Yildirim apparaît également comme un soutien indéfectible d'Erdogan dans sa détermination à écraser par la force l'insurrection kurde.
Il a annoncé que, dès sa nomination, il se rendrait à Diyarbakir, grande ville du sud-est de la Turquie à majorité kurde, pour visiter les lieux d'une explosion qui a coûté la vie à 16 personnes la semaine passée.
"Je voudrais dire ceci à notre nation avant que je me rende à Diyarbakir où je partagerai la peine de nos concitoyens massacrés là-bas : mon pays ne doit pas s'inquiéter, nous éradiquerons la menace terroriste de Turquie", a-t-il ajouté dans une déclaration prononcé à Ankara.
Yildirim fut également l'un des artisans des grands projets d'infrastructures qui ont modernisé la Turquie et assis la base électorale de l'AKP au cours de sa première décennie au pouvoir. Sous son autorité, le nombre d'aéroports a doublé en Turquie pour dépasser les 50 dessertes, des lignes ferroviaires à grandes vitesse ont été construites ainsi que plus de 17.000 km de liaisons routières.
Il a également supervisé un tunnel ferroviaire reliant les parties européenne et orientale d'Istanbul, la construction d'un troisième pont au-dessus du Bosphore et d'un nouvel aéroport à Istanbul, présenté comme l'un des plus grands du monde.
Ses liens avec Erdogan datent des années 90 lorsque cet ingénieur en constructions navales dirigeait une compagnie de ferrys à Istanbul, ville dont son mentor était le maire.
"La première raison de la nomination de Yildirim à la tête de l'AKP et comme Premier ministre n'est pas son habileté mais sa servilité", explique Wolfango Piccoli, consultant dans la société de conseil en stratégie Teneo. "De ce point de vue, la priorité du nouveau Premier ministre et de son gouvernement sera d'introduire un régime présidentiel", ajoute-t-il.
Un nouveau gouvernement devrait être annoncé dès lundi, dit-on au sein de l'AKP.
Elu député d'Istanbul en novembre 2002, Yildirim a occupé les fonctions de ministre des Transports, des Affaires maritimes et des Communications, d'une manière presque continue dans les gouvernements successifs.
Les investisseurs observent ces changements avec attention et attendent notamment d'être fixés sur le sort du vice-Premier ministre Mehmet Simsek, considéré comme un garant de la stabilité.
(Humeyra Pamuk; Pierre Sérisier pour le service français)
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