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Brexit: 80 députés conservateurs contre le plan de May

reuters.com

Publié le 10 septembre 2018 à 08:02 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:34

Brexit: 80 deputes conservateurs contre le plan de may

Brexit: 80 deputes conservateurs contre le plan de may

Toby Melville

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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LONDRES (Reuters) - Au moins 80 députés du Parti conservateur de Theresa May sont prêts à voter contre son plan de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, affirme Steve Baker, ex-secrétaire d'Etat chargé du Brexit.

Si la Première ministre britannique persiste, elle risque "une rupture catastrophique" au sein de son parti, ajoute Steve Baker qui a démissionné en juillet, en désaccord avec sa position sur le Brexit.

Lundi, le porte-parole de Theresa May a réaffirmé que le plan qu'elle a présenté est le seul qui "respecte la volonté du peuple britannique tout en évitant le rétablissement d'une frontière 'dure' en Irlande".

"La Première ministre travaille dur pour parvenir à un accord et elle espère que tous les membres du parlement seront en mesure de soutenir cet accord", a-t-il dit.

Une réunion ministérielle aura lieu jeudi pour examiner les mesures à envisager dans le cas d'un Brexit sans accord, a-t-il précisé.

Dimanche, dans une tribune parue dans le Mail on Sunday, l'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a comparé le projet de Theresa May d'accompagnement du Brexit, adopté au début de l'été à sa résidence de Chequers, à une "ceinture d'explosifs" autour du Royaume-Uni.

Steve Baker a tenu ces propos devant la Press Association, à une date non précisée. Il a indiqué qu'il ne préconisait pas de changement de dirigeant mais qu'à son avis Theresa May serait en difficulté lors de la Conférence annuelle du Parti conservateur, prévue du 30 septembre au 3 octobre prochain.

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Si 80 des 315 députés conservateurs devaient voter contre un accord sur le Brexit basé sur les propositions de Theresa May, celle-ci ne disposerait plus d'une majorité suffisante et son gouvernement et le Brexit seraient alors entre les mains du Parti travailliste.

"HUMILIATION"

Pour l'instant, le Parti conservateur, avec l'appoint du Parti unioniste démocrate (DUP), dispose de la moitié des 650 sièges de la Chambre des communes.

"Si nous sortons de la conférence et qu'elle pense obtenir le soutien au plan de Chequers avec les voix du Labour, je pense que les négociateurs de l'UE comprendront probablement que, si cela était fait, le Parti conservateur subirait la rupture catastrophique que nous avons réussi jusqu'à présent à éviter", a déclaré Steve Baker, selon la Press Association.

D'autres conservateurs ont donné des estimations beaucoup plus modestes du nombre de parlementaires opposés au plan Chequers. Bien que certains Brexiters soient mécontents de la façon dont Theresa May dirige le gouvernement, ils la considèrent comme leur meilleur espoir immédiat de sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Les divisions du Parti conservateur sur les relations entre la Grande-Bretagne et l'UE ont contribué à la chute des trois précédents Premiers ministres conservateurs, David Cameron, John Major et Margaret Thatcher.

Alors que l'UE a montré ces dernières semaines qu'elle cherchait à faciliter la tâche à Theresa May en proposant des compromis, celle-ci doit affronter un groupe de Brexiters de plus en plus bruyants, qui estiment qu'elle est beaucoup trop faible avec l'UE.

Dans sa tribune du Mail on Sunday, Boris Johnson, donné favori pour succéder à Theresa May, qualifie le plan de Checkers "d'humiliation" qui expose les Britanniques "à un chantage politique permanent".

"SAUGRENU"

Au lieu de ce plan, Theresa May devrait rechercher un accord de libre-échange dans les conditions souhaitées par le président du Conseil européen Donald Tusk en mars, estime Steve Baker.

Il ajoute qu'il serait "saugrenu" de s'attendre à ce que Theresa May obtienne le feu vert du Parlement.

"Ce n'est absolument pas un plaisir pour moi de le reconnaître mais, à voir le sentiment des collègues et le sentiment du Parti conservateur dans le pays, je suis très préoccupé pour l'avenir de notre parti", déclare Steve Baker.

Le Royaume-Uni doit quitter l'Union européenne le 29 mars prochain, mais rien n'est clair. Il n'y a jusqu'à présent aucun accord de sortie en bonne et due forme. Et, selon certains de ses détracteurs, la Première ministre pourrait avoir des difficultés à faire passer un accord via le parlement.

Londres et Bruxelles ont dit vouloir obtenir un accord de divorce au Conseil européen du 18 octobre ou, au plus tard, d'ici la fin de l'année.

Si un accord est conclu avec l'UE, il devra être approuvé par le parlement britannique, qui ne siège pas pour les fêtes de fin d'année, soit entre le 20 décembre et le 7 janvier.

Si les parlementaires britanniques venaient à rejeter un accord fin décembre ou début janvier, le Royaume-Uni risque de devoir quitter l'UE trois mois plus tard sans accord.

Sans accord, le Royaume-Uni passerait d'un commerce direct avec le reste de l'Union européenne aux arrangements douaniers établis par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour les Etats extérieurs qui ne bénéficient pas d'accord préférentiel.

Certains dirigeants d'entreprise ont calculé que le fait de passer de deux minutes seulement sur les procédures douanières de chaque camion passant par le port anglais de Douvres produirait une queue de plus de 20 kilomètres de chaque côté de la Manche au bout d'une journée à ce rythme.

Les partisans du Brexit rétorquent que ces craintes sont exagérées et que l'économie britannique prospérera à long terme en dehors de l'UE.

(Guy Faulconbridge avec Elizabeth Piper; Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

reuters.com

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