Brexit: L'UE accepte de prolonger ses discussions avec May
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Brexit: may pourrait repousser un nouveau vote du parlement
Clodagh Kilcoyne
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Brexit: may pourrait repousser un nouveau vote du parlement
Clodagh Kilcoyne
par Gabriela Baczynska
BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne a accepté jeudi de continuer à travailler avec Theresa May "pour voir s'il est possible de trouver un moyen" d'éviter un Brexit sans accord.
Cette concession s'apparente à un lot de consolation offert par les Européens à la Première ministre britannique, venue spécialement à Bruxelles pour demander à l'UE de l'aider à modifier l'accord de Brexit, hypothèse maintes fois exclue par les Vingt-Sept.
"Toujours pas d'avancée en vue. Les discussions vont continuer", a tweeté en fin d'après-midi le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue de ses entretiens avec la dirigeante britannique.
De sources européennes, on indiquait que la chef du gouvernement britannique n'a guère fait évoluer sa position et n'a pas expliqué comment elle entendait obtenir le soutien de la Chambre des communes en vue d'un accord.
Des responsables européens ont appelé la Première ministre à saisir la main que lui tend le leader travailliste Jeremy Corbyn dont les propositions en faveur d'une union douanière permanente entre le Royaume-Uni et le bloc communautaire pourraient être de nature à contourner l'obstacle du "backstop".
La poignée de main peu appuyée qu'avait eue à la mi-journée Theresa May devant les caméras avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a témoigné de la tension qui règne, à 50 jours de la date prévue (le 29 mars à 23h00 GMT) du Brexit et sur fond d'inquiétude croissante face à la perspective d'un retrait du Royaume-Uni sans accord.
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Pas un mot n'a été adressé à la presse par les deux dirigeants.
"Le président Juncker a souligné que les Vingt-Sept ne rouvriraient pas l'Accord de retrait", a déclaré la Commission européenne après ce qu'elle a qualifié de discussions "robustes mais constructives" entre le patron de l'exécutif européen et la Première ministre britannique.
Jean-Claude Juncker et Theresa May ont cependant donné mission à leurs équipes de "voir s'il est possible de trouver une voie qui obtiendra le soutien le plus large au Parlement britannique tout en respectant la position de l'UE". Ils ont convenu de se revoir de nouveau d'ici la fin du mois.
"Ce que je vois et entends de ces dirigeants, c'est un désir commun de travailler ensemble de sorte que nous puissions mettre en oeuvre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne avec un accord", a déclaré quant à elle la Première ministre britannique, qui a réaffirmé sa volonté de mettre en oeuvre le Brexit "dans les temps".
CRISPATIONS
Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne, rencontrera lundi le ministre britannique du Brexit, Stephen Barclay, a précisé la Commission.
Theresa May prévoit quant à elle de revenir devant les parlementaires britanniques le 14 février pour un nouveau débat sur les négociations.
La crispation autour du "backstop", qui figure dans l'Accord de retrait et doit permettre d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, est la principale source de blocage à la Chambre des communes, qui a massivement rejeté le 15 janvier le texte négocié avec l'UE par Theresa May.
Les députés ont adopté le 29 janvier un amendement chargeant la Première ministre d'obtenir le remplacement du "backstop" nord-irlandais par des "mécanismes alternatifs", mais aucune alternative claire n'a encore été présentée, ce qui renforce le scénario d'une sortie sans accord ("no deal") le 29 mars.
Les autres scénarios évoqués sont un nouveau référendum, des élections anticipées ou pas de Brexit du tout.
Angela Merkel a dit croire jeudi qu'une solution pourrait être trouvée sans renégocier l'accord de retrait, entériné en novembre dernier par les Vingt-Sept.
LES CINQ POINTS DE CORBYN
Le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a rencontré Theresa May la semaine dernière et lui a exposé dans une lettre cinq conditions par lesquelles le Labour pourrait apporter son soutien à l'accord de Brexit.
Dans cette lettre, rendue publique mercredi, Jeremy Corbyn estime que l'accord de Brexit doit prévoir une union douanière "permanente et générale" valable pour tout le Royaume-Uni, et des conditions proches du marché unique européen, étayées par des institutions et des obligations communes.
L'UE estime également qu'une union douanière permanente rendrait largement obsolète la nécessité d'un "backstop" et permettrait de sortir de l'impasse.
Corbyn réclame aussi la conclusion d'"accords dénués d'ambiguïté" sur les modalités futures de sécurité, notamment l'accès à la procédure de mandat d'arrêt européen, et des engagements sur la participation des Britanniques aux agences de l'Union européenne et aux programmes des financement européens, notamment dans des domaines comme l'environnement, l'éducation et la réglementation industrielle.
Il demande également que le Royaume-Uni s'engage à maintenir les mêmes droits pour les salariés britanniques que dans le reste de l'UE.
Pour le patron du Labour, ces points-là doivent être adoptés sous forme de lois avant que le Royaume-Uni ne quitte l'UE. Jeremy Corbyn redit à cette occasion qu'il ne doit pas y avoir de retour à une frontière dure entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord et ajoute que tout doit être entrepris pour éviter un Brexit sans accord.
(avec Guy Faulconbridge et Kylie MacLellan à Bruxelles et Elizabeth Piper à Londres; Arthur Connan, Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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