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Repousser le Brexit "c'est échouer", dit Johnson pour son entrée en campagne

reuters.com

Publié le 12 juin 2019 à 04:48 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:32

Gb: johnson lance officiellement sa campagne a la succession de may

Gb: johnson lance officiellement sa campagne a la succession de may

Hannah Mckay

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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LONDRES (Reuters) - "Repousser c'est échouer", a averti mercredi Boris Johnson, favori de la course à la succession de Theresa May à la tête des Tories et du gouvernement britannique, qui a donné le coup d'envoi de sa campagne en promettant de respecter l'échéance du 31 octobre pour la rupture avec l'Union européenne.

L'ancien maire de Londres est considéré par de nombreux conservateurs comme la seule personnalité à même de sauver le parti, lourdement sanctionné lors des derniers scrutins pour son incapacité à tenir ses engagements sur le Brexit.

Reprochant à la Première ministre d'avoir été trop conciliante, Boris Johnson a quitté en juillet dernier son poste de ministre des Affaires étrangères pour dénoncer l'accord de sortie de l'UE qu'elle s'apprêtait à conclure avec Bruxelles, et qu'elle n'est pas parvenue à faire adopter aux Communes.

"Après trois ans et le report de deux dates limites, nous devons quitter l'UE le 31 octobre", a-t-il déclaré mercredi à la Royal Academy of Engineering, dans le centre de Londres.

"Je ne suis pas favorable à un 'no deal'. Je ne pense pas que nous allons nous retrouver dans cette situation, mais c'est faire preuve de responsabilité que de nous y préparer solidement et sérieusement", a-t-il expliqué, jugeant inconcevable que Londres se prive d'un tel argument dans les négociations avec Bruxelles.

"Nous n'obtiendrons tout simplement pas de résultat si nous donnons l'impression de vouloir continuer sur notre lancée en accumulant les retards. Repousser, c'est échouer, c'est détruire."

CRISE DE CONFIANCE

"Tout le pays déplore et se désespère même de voir que nous ne parvenons pas à faire avancer les choses. Plus elles durent, plus le risque d'une détérioration grave et d'une réelle crise de confiance s'aggrave."

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Les Tories ont subi leur plus grave revers électoral depuis des lustres lors des élections européennes, le 23 mai dernier, et les sondages ne leur laissent que peu d'espoirs de renverser la vapeur en cas de législatives anticipées, mais les intentions de vote ne sont guère plus favorables pour le Parti travailliste.

De nombreux prétendants à la succession de Theresa May se disent par ailleurs prêts à quitter l'UE le 31 octobre sans accord, alors que le Parlement s'est prononcé contre une telle éventualité, ce qui pourrait donner lieu à une crise constitutionnelle.

Selon Jeremy Hunt, successeur de Boris Johnson au Foreign Office et candidat comme lui à la succession de Theresa May, le Parlement "trouvera probablement un moyen de s'opposer à un no deal si le Premier ministre, quel qu'il soit, choisit cette voie".

"C'est le moment de négocier habilement, pas de brandir des menaces vides", a-t-il jugé. "Boris Johnson est le favori, mais, à mon sens, personne n'est favori si nous n'obtenons pas de Brexit et mieux vaut nous demander quel est le Premier ministre le mieux à même d'y parvenir, de conclure un accord, de négocier avec l'Union européenne", a ajouté Jeremy Hunt

Quelques minutes à peine avant que Boris Johnson ne prenne la parole, le ministre des Finances, Philip Hammond, avait jugé que l'ex-maire de la capitale ne pourrait pas respecter l'échéance du 31 octobre. Jean-Claude Juncker a par ailleurs répété mardi qu'il n'était pas question de renégocier l'accord conclu avec May.

Plusieurs des neuf adversaires de Boris Johnson lui ont reproché de s'être enfermé "dans un bunker" ces derniers jours, mais la discrétion inhabituelle de ce personnage réputé pour son franc parler semble payer.

"Du plâtre tombe parfois du plafond à cause d'une phrase que j'ai pu dire, ou parce qu'elle a été sortie de son contexte et interprétée par ceux qui souhaitent déformer mon point de vue, pour des raisons qui leur sont propres".

"Mais il est essentiel que les politiciens sachent que s'ils se sont aliéné l'opinion, c'est parce que les gens ont trop souvent le sentiment que nous parlons la langue de bois, alors qu'ils veulent entendre ce que nous pensons vraiment", a-t-il souligné mercredi.

(Elizabeth Piper; Jean Terzian et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

reuters.com

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