Finances publiques : Michel Sapin annonce une bonne nouvelle

Par Fabien Piliu  |   |  637  mots
" Le budget de l'Etat a été géré avec suffisamment de sérieux pour nous permettre de sortir de la crise ", a déclaré Michel Sapin (Crédits : © Mariana Bazo / Reuters)
Selon le ministre des Finances, le déficit public ne s'élèvera pas à 74 mais à 70,5 milliards d'euros en 2015. L'objectif d'un déficit réduit à 3% du PIB en 2017 est maintenu.

Quand il y a une bonne nouvelle, l'envie de l'annoncer est souvent irrépressible. Sur Europe 1 ce jeudi, Michel Sapin, le ministre des Finances a livré en avant-première les premiers détails des comptes publics 2015. Contrairement à ce qui était prévu par la loi de finances 2015, le déficit public ne s'est pas élevé à 74 milliards d'euros mais à 70,5 milliards d'euros, soit le déficit le moins élevé depuis 2008. A titre de comparaison, c'est un déficit de 85 milliards d'euros que la France affichait en 2014.

" Le budget de l'Etat a été géré avec suffisamment de sérieux pour nous permettre de sortir de la crise ", a déclaré Michel Sapin. Dans un communiqué, Bercy détaille les raisons qui permettent d'expliquer cette légère amélioration du déficit. " L'État a réalisé les efforts budgétaires auxquels il s'était engagé, tout en étant réactif pour répondre aux nouveaux besoins apparus en cours d'année. Grâce aux économies réalisées, la dépense hors charge de la dette et pensions a diminué de 1,4 milliard d'euros par rapport à 2014 et la dépense totale de 1,8 milliard d'euros. Des économies supplémentaires ont permis de financer en cours d'année les dépenses nouvelles, en particulier pour assurer la sécurité des Français. Par ailleurs, les recettes de l'État sont supérieures de 1,2 milliard d'euros au niveau de la loi de finances initiale ".

Le ministre de Finances relativise toutefois cette  performance. " Ce déficit reste élevé ", a-t-il poursuivi, pointant les dérapages budgétaires sous le quinquennat précédent. " C'était déjà élevé en 2008, cela a explosé entre 2009 et 2011. On y a remis de l'ordre progressivement ".

Des ressources nouvelles pour le budget de la Défense

Et en 2016 ? La politique budgétaire de l'Etat fera-t-elle preuve d'autant de sérieux ? Michel Sapin a promis de "compenser par des économies toute nouvelle dépense", afin d'éviter de creuser le déficit, notamment celles liées au renforcement de la sécurité civile. Depuis janvier 2015, les moyens développés après les attentats de Charlie Hebdo ont été très coûteux. Certains ministères se sont serrés la ceinture, notamment l'Ecologie. Le budget de la Défense s'est vu allouer une ressource nouvelle : la réaffectation d'une partie de la vente des fréquences hertziennes, qui a rapporté 2,8 milliards d'euros à l'Etat en 2015.

Une autre dépense imprévue il y a encore quelques semaines devra être financé : le plan emploi que certains considèrent comme celui de la dernière chance pour l'exécutif s'il veut conserver le pouvoir lors du prochain quinquennat. François Hollande en précisera les contours le 18 janvier prochain. Selon Michel Sapin, le coût des mesures contenues dans ce plan devrait être proche de deux milliards d'euros " Ce ne sont pas 2 milliards de déficit supplémentaire mais 2 milliards de dépenses qui seront compensées intégralement par des économies ailleurs ", a-t-il assuré. En 2016, le déficit public devrait s'élever à 3,3% du PIB, après 3,8 en 2015, la bonne nouvelle annoncée aujourd'hui n'ayant pas d'impact sur le ratio déficit/PIB.

Quand Michel Sapin s'offusque

Avec cette politique budgétaire, Michel Sapin entend respecter la promesse faite à Bruxelles d'abaisser le déficit public sous la barre des 3% du PIB. "Nous y serons", a-t-il martelé. Une promesse non tenue en 2013. Depuis, la France a obtenu trois reports de la part de la Commission européenne qui doute désormais de la crédibilité des promesses françaises. Dans ses dernières prévisions économiques, publiées en novembre dernier, Bruxelles anticipe un déficit français à 3,3% pour l'année d'élection présidentielle. Des chiffres contestés par le ministre des Finances qui avait l'air offusqué par les anticipations de Bruxelles.