François Hollande à la télé : pour dire quoi ?

Par Jean-Christophe Chanut  |   |  644  mots
Ce 14 avril sur France 2, François Hollande va s'appliquer à expliquer son bilan depuis quatre ans et que sa politique va commencer à porter ses fruits.
François Hollande intervient ce soir sur France 2 pour défendre son bilan. En berne dans les sondages, le chef d'Etat tentera d'expliquer que ses choix économiques parfois douloureux vont commencer à porter leurs fruits. D'ici à convaincre les Français...

Au plus bas dans les sondages, contesté dans son propre camp, empêtré dans ses déclarations sur le chômage... François Hollande ne renonce pas. Au contraire, à douze mois de l'élection présidentielle, il participe ce jeudi soir sur France 2 à une émission de 90 minutes où il devra affronter les questions d'un panel - par ailleurs contesté - de Français qui ne devraient pas l'épargner. La première étape d'une opération reconquête... dans son esprit.

Défendre son bilan

Accusé de "trahison" par beaucoup de ceux qui ont voté pour lui en 2012, François Hollande va s'appliquer à convaincre qu'il a respecté la plupart des ses "60 engagements" de campagne. Certes, il confessera que la conjoncture très défavorable ne lui a pas permis de tout faire. Il aura ainsi sans doute un contradicteur qui lui rappellera que les déficits devaient être limités à 3% du PIB dès 2013 (ce sera le cas au mieux en 2017), que les loyers devaient être encadrés (un engagement limité au seul périmètre parisien), que la centrale de Fessenheim devait fermer avant la fin du quinquennat, que des "euros obligations" devaient être instituées...

En revanche, l'affaire Panama Papers va lui donner l'occasion de revenir sur son fameux discours du Bourget, quand il avait lancé "mon adversaire, c'est le monde de la finance". Il aura beau jeu de dire que, sous sa responsabilité, la lutte contre l'évasion fiscale a été accentué... Ce qui vrai, comme le prouve le bilan des services de Bercy.

Justifier la politique de l'offre

Mais c'est sur sa politique économique et son choix en faveur de la politique de l'offre - absente de son programme de 2012 - que le président de la République va devoir s'expliquer. A l'Elysée, on a beaucoup travaillé sur la notion de "cohérence" qui "conduit à des résultats même si on est encore loin de satisfaire l'ensemble des attentes", selon le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. François Hollande devrait ainsi sans doute insister sur les frémissements positifs enregistrés sur le front de l'emploi et du chômage, l'Insee estimant à 85.000 les créations d'emplois attendues cette année. Idem pour le PIB qui retrouve quelques couleurs avec une progression de 1,2% en 2015 et une hausse attendue variant dans une fourchette comprise entre un petit 1,1% (FMI) et 1,6% (OFCE) pour 2016.

Il lui faudra aussi s'expliquer sur la loi Travail défendue par Myriam El Khomri. Défendre les tergiversations sur son contenu... Le président arguera certainement que son gouvernement a su écouter les uns et les autres pour parvenir à un texte de compromis... Il devrait aussi assurer à la jeunesse qu'elle est toujours sa priorité affichée en 2012. L'exercice s'annonce délicat.

Tacler la droite...

Sur un terrain plus politique, François Hollande devrait certainement profiter de questions sur le très nauséabond débat autour de la déchéance de la nationalité - qui s'est terminé par sa décision d'abandonner la réforme constitutionnelle devant conduire à son institution - pour tacler la droite responsable à ses yeux d'avoir fait empirer cette question. Bien entendu, le président en profitera pour rappeler que la France n'en a pas fini avec la menace terroriste.

... et calmer Macron

Enfin, on peut parier qu'il y aura un journaliste pour le questionner sur l'attitude et l'ambition de son jeune ministre de l'Economie Emmanuel Macron qui vient de lancer son mouvement "En Marche". En grand animal politique qu'il demeure, François Hollande saura louer les qualités de son ministre... tout en le remettant à sa place. Façon de lui signifier qu'il va devoir s'armer de patience et attendre l'après 2017.

Reste à savoir  si François Hollande , même s'il se sort honorablement de ce grand oral,  est encore en capacité de reconquérir un électorat totalement désabusé.