La hausse du prix du pétrole ne devrait pas empêcher le reflux en cours de l'inflation (Banque de France)

Par latribune.fr  |   |  364  mots
(Crédits : Reuters)
La hausse des prix du baril ne remet pas en cause le ralentissement de l'inflation, estime François Villeroy de Galhau le gouverneur de la Banque de France. L'incertitude demeure sur la poursuite ou non de l'augmentation des taux d'intérêt par la BCE qui vient de décider sa dixième hausse consécutive.

La hausse des prix du pétrole actuelle ne remet pas en cause la tendance générale d'un ralentissement de l'inflation, a estimé samedi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, tout en se disant "attentif" à leur variation.

"Nous sommes évidemment attentifs" à cette thématique, a souligné M. Villeroy de Galhau sur France Inter, qui a relativisé l'effet général sur l'inflation de l'augmentation des prix du carburant.

"Les variations du pétrole (...) ne remettent pas en cause, à nos yeux, la tendance à la désinflation sous-jacente. Notre prévision et notre engagement, c'est de ramener l'inflation vers 2% d'ici 2025", a-t-il affirmé, en rappelant l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE).

Selon les prévisions de la Banque de France, après avoir atteint son pic début 2023, l'inflation totale devrait continuer de refluer pour s'établir à 4,5% sur un an en France au quatrième trimestre 2023, avant de revenir autour de 2% en 2025.

"Le prix du pétrole et le prix de l'essence à la pompe, c'est évidemment très sensible, mais ça n'est pas l'inflation totale. La consommation d'essence à la pompe, cela représente à peu près 5% de notre consommation totale. Donc c'est une petite partie de l'inflation totale, même si c'est ce qui se voit le plus", a ajouté le gouverneur de l'institution.

"Quand on compare à début 2022, avec l'invasion de l'Ukraine, à l'époque on a eu un choc généralisé sur l'ensemble de l'énergie, y compris le gaz (...) Aujourd'hui, on ne voit pas ça", souligne-t-il.

Les prix du carburant ont fortement remonté ces dernières semaines en France, et flirtent ou dépassent aujourd'hui la barre symbolique des deux euros par litre. En réaction, le gouvernement français va autoriser les distributeurs à vendre à perte (à un prix inférieur à celui auquel ils l'ont acheté) le carburant dès le mois de décembre, de façon temporaire.

Auditionnés mercredi au Parlement, les dirigeants de grandes enseignes telles que Leclerc, Carrefour, Intermarché ou Système U ont cependant refusé en bloc cette mesure. Sur les marchés mondiaux, le prix du baril de Brent de la mer du Nord dépassait les 93 dollars vendredi.