Tous chômeurs pour enfin vaincre l'inflation !
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SARAH MEYSSONNIER
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SARAH MEYSSONNIER
... oir retrouvé la définition du mot surprofit.
Du capitalisme chimiquement pur, cela existe encore. N'en déplaise à tous ceux qui disent que le monde post-covid est en train de sortir de l'idéologie néo-libérale, les propos sans filtre sur le réseau social LinkedIn, de Tim Gurner, patron d'un groupe australien spécialisé dans l'immobilier de luxe, en ont fait la démonstration cette semaine et illustrent le dilemme qu'affronte l'économie mondiale face au retour de l'inflation. « Le chômage doit bondir de 40-50% de mon point de vue. Nous devons rappeler aux gens qu'ils travaillent pour leur employeur et non l'inverse », a déclaré l'entrepreneur australien, avant de s'excuser pour son peu « d'empathie » pour ceux qui perdent leur emploi. Mais à vrai dire, sur le fond, il ne fait que traduire tout haut un sentiment général chez beaucoup de patrons qui ont vu depuis le début de la décennie 2020 le rapport de forces s'inverser en faveur des salariés.
Le télétravail n'est pas seul en cause même s'il y a chez Gurner et quelques autres une volonté de faire revenir ces « fainéants » de salariés au bureau. Interrogez un chef d'entreprise et il ne vous parle que de difficultés de recrutement et de pénuries de travailleurs qualifiés. C'est vrai partout dans le monde : même aux Etats-Unis, le succès indéniable de l'IRA (« Inflation reduction act »), une politique massive de subventions à la transition de l'industrie vers les énergies décarbonées et l'électricité est en train de buter sur le manque de personnel qualifié. En France aussi, c'est le principal obstacle à la stratégie de réindustrialisation.
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Preuve que le sujet du rapport de force employeurs-employés est d'une brûlante actualité, la grève dure qui s'engage dans la construction automobile aux Etats-Unis cette semaine. Face à ce conflit social historique, qui succède à celui qui frappe aussi l'industrie du cinéma à Hollywood depuis cet été, le président démocrate américain appelle, à un an de l'élection présidentielle, à un meilleur partage salaire-profit dans l'industrie.