La mer Noire redevient une zone à « risques » avertit Moscou après la fin de l'accord céréalier

Par latribune.fr  |   |  530  mots
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. (Crédits : Sputnik Photo Agency)
Après l'expiration de l'accord sur l'exportation des céréales, Moscou estime que le nord-ouest de la mer Noire, où les cargos transitent, redevient une « zone provisoirement dangereuse ». La Russie ignore les appels à reconduire l'accord scellé il y a un an et dénoncé lundi.

Un mauvais vent semble se lever sur la mer Noire, après un an d'accalmie relative à la suite de la signature de l'accord céréalier entre Russes, Turcs et Ukrainiens sous l'égide l'ONU. L'expiration lundi, à l'initiative de Moscou, de cet accord qui permettait l'exportation de céréales, notamment ukrainiennes, par la mer Noire entraîne déjà un durcissement des positions russes.

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« En l'absence de garanties de sécurité appropriées, certains risques » apparaissent, a averti le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, estimant que « si quelque chose doit être élaboré sans la Russie, ces risques doivent être pris en compte ». Dmitri Peskov a confirmé que les « garanties de sécurité » offertes par l'accord n'existait plus, en réponse à une question sur la volonté exprimée par Kiev de poursuivre l'exportation de ses céréales par la mer Noire, avec ou sans l'aval de Moscou.

Représailles russes

Le porte-parole a notamment accusé Kiev d'utiliser le couloir maritime ouvert dans le cadre de l'accord « à des fins militaires », après que Kiev ait confirmé avoir frappé la veille le pont stratégique reliant le territoire russe à la péninsule ukrainienne annexée de Crimée. En représailles, le ministère russe de la Défense a assuré mardi avoir détruit par une vague de missiles « les installations où des actes terroristes contre la Russie étaient préparés », ainsi que le lieu où sont fabriqués des drones navals.

En écho, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a signifié à son homologue turc, Hakan Fidan, que la fin de l'accord signifiait « le retrait des garanties de sécurité de la navigation » faisant du nord-ouest de la mer Noire, où les cargos transitent, une « zone provisoirement dangereuse ». Pour l'heure, la Russie ignore les appels à la reconduction de l'accord et Sergueï Lavrov a averti Hakan Fidan du démantèlement du centre de coordination ouvert à Istanbul dans ce cadre.

« Même sans la Russie, tout doit être fait pour que nous puissions utiliser ce couloir (pour les exportations) en mer Noire. Nous n'avons pas peur », avait en effet affirmé lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Risque pour la faim dans le monde

Au-delà des questions militaires, l'arrêt de l'accord pose un risque alimentaire alors que le blé russe et surtout ukrainien est vital pour de nombreux pays du Moyen-Orient et d'Afrique. En un an, l'accord a permis de sortir près de 33 millions de tonnes de céréales des ports ukrainiens situés près d'Odessa, essentiellement du maïs et du blé, ce qui a permis de stabiliser les prix alimentaires mondiaux et d'écarter les risques de pénurie.

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Selon le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, « des centaines de millions de personnes font face à la faim » et vont « payer le prix » du refus de Moscou. « Les ministres ont envisagé d'autres options pour fournir des céréales aux pays les plus nécessiteux », a affirmé la diplomatie russe dans un communiqué.

(avec AFP)