Allemagne : les réfugiés sont "une chance pour demain" selon Merkel

Par latribune.fr  |   |  438  mots
Désignée pour cela "personnalité de l'année" à la fois par le magazine Time et par le Financial Times, la chancelière se heurte dans son pays à une opposition croissante à sa politique d'accueil. (Crédits : HANNIBAL HANSCHKE)
La chancelière allemande a estimé que l'intégration d'un si grand nombre de personnes représente une formidable opportunité pour l'Allemagne mais demandera "du temps, des forces et de l'argent". Près de 17 milliards d'euros vont être consacré par les Länder aux réfugiés en 2016.

L'afflux massif de réfugiés est une "chance" pour l'Allemagne, dira jeudi 31 décembre la chancelière allemande Angela Merkel dans son discours du Nouvel An, distribué à l'avance. Le pays a accueilli plus d'un million de réfugiés au cours de la seule année 2015, nettement plus que tout autre pays européen.

"Je suis persuadée que si nous nous attaquons aujourd'hui à la charge formidable que représente l'afflux et l'intégration d'un si grand nombre de gens, cela représentera une chance pour nous demain."

Près de 17 milliards de dépenses consacrés aux réfugiés en 2016

L'intégration des migrants, pour la plupart des musulmans en provenance de pays en guerre comme la Syrie et l'Irak, demandera "du temps, des forces et de l'argent" mais le pays est assez fort pour faire face, devait préciser la chancelière.

Les Länder allemands ont prévu à ce stade de dépenser 16,52 milliards d'euros en 2016 afin de gérer l'afflux record de demandeurs d'asile en Allemagne, rapportait mardi le quotidien allemand Die Welt. C'est deux fois plus qu'en 2015. Début novembre, le gouvernement fédéral a annoncé qu'il mettrait pour l'année 2016 3 milliards d'euros à la disposition des Länder pour gérer l'arrivée massive des réfugiés du Moyen-Orient, s'accordant lui-même directement 3 milliards d'euros.

Stratégie d'Angela Merkel

Comme nous l'écrivions à l'époque, Angela Merkel a adopté une stratégie courante chez elle, à savoir suivre le mouvement spontané de la population. En 2011, elle avait ainsi réagi à l'explosion de Fukushima en engageant une sortie rapide de son pays du nucléaire, faisant ainsi oublier qu'en octobre 2010, elle avait fait adopter une loi pour prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires. Dans le cas des réfugiés, l'attitude d'Angela Merkel a donc été la même. Et l'on a pu alors voir soudain la presse allemande la plus conservatrice, celle qui se laissait aller volontiers à la xénophobie, appeler au soutien aux réfugiés. Le mouvement d'opinion s'est amplifié et Angela Merkel s'est montrée parfaitement en phase avec lui.

Désignée pour cela "personnalité de l'année" à la fois par le magazine Time et par le Financial Times, la chancelière se heurte toutefois dans son pays à une opposition croissante à sa politique d'accueil. Le nouveau parti opposé à l'immigration, Alternative pour l'Allemagne (AfD), est crédité de 8% à 10% des intentions de vote dans les derniers sondages. Malgré sa récente baisse, la formation politique d'Angela Merkel, l'Union chrétienne démocrate (CDU) reste le parti le plus fort.

(avec Reuters et AFP)