Six milliards d'euros pour aider six pays des Balkans à intégrer l'UE

Par latribune.fr  |   |  650  mots
La Macédoine du Nord, l'Albanie, la Serbie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine font déjà partie des pays candidats à rejoindre le bloc, à des stades différents d’intégration. Le Kosovo n’est, lui, que candidat potentiel. (Crédits : Yves Herman)
L'Union européenne prévoit d'aider les pays des Balkans occidentaux (Macédoine du Nord, l'Albanie, le Kosovo, la Serbie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine) à poursuivre les réformes nécessaires à leur intégration au bloc. Un plan doté de six milliards d'euros va être débloqué en leur faveur, ce qui devrait par ailleurs les aider à « doubler » leur potentiel économique selon Bruxelles.

Six milliards d'euros : c'est la somme que l'Union européenne va débloquer en faveur de six pays des Balkans occidentaux que sont la Macédoine du Nord, l'Albanie, le Kosovo, la Serbie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine. « Nous devons rapprocher nos économies. Le plan de croissance va renforcer votre économie, va créer de l'emploi », a déclaré ce lundi 30 octobre la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, depuis Skopje, la capitale de la Macédoine du Nord.

« Ce plan a le potentiel de doubler votre économie en dix ans - c'est le but », a-t-elle ajouté.

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Une nécessité en vue d'une possible adhésion à l'UE

Cette enveloppe de six milliards d'euros prévoit plusieurs étapes : ouvrir une partie du marché unique européen aux entreprises des Balkans, ouvrir un marché régional commun, réformer des pans de l'administration et de la Justice ou encore combattre la corruption.

« Ce sont des réformes, et des investissements. Nous avons de très bons retours d'expériences de ce principe au sein de l'Union européenne. Cela fonctionne très bien. Donc nous nous sommes dit : pourquoi ne pas élargir ce principe à nos amis dans les Balkans occidentaux ? », a ajouté la présidente de la Commission.

Ces réformes à mener sont par ailleurs nécessaires pour leur éventuelle intégration au bloc des Vingt-Sept. Les six pays doivent tous saisir la « fenêtre d'opportunité » de l'élargissement de l'UE et s'efforcer d'aligner leurs normes sur celles de l'UE, considère Ursula von der Leyen.

Tous, sauf le Kosovo, font déjà partie des pays candidats à rejoindre le bloc, à des stades différents d'intégration. Cela signifie qu'ils ont « déjà commencé à "transposer" (ou intégrer) la législation européenne dans leur droit national », précise l'institution sur son site internet. Le Kosovo n'est lui que candidat potentiel, à savoir qu'il « ne remplit pas encore les conditions requises pour adhérer à l'UE ».

Un élargissement à venir, mais d'abord avec d'autres pays

Reste que les pays les plus près de grossir les membres de l'UE sont autres. La Commission européenne doit présenter début novembre ses recommandations sur l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, qui ont obtenu le statut de candidat en juin 2022. Le sujet sera ensuite au cœur du sommet européen des 14 et 15 décembre à Bruxelles.

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Dans son discours sur l'état de l'Union, mi-septembre, Ursula von der Leyen avait en tout cas estimé que l'UE ne devait pas « attendre de modifier les traités » pour avancer sur la voie de l'élargissement, appelant à adapter plus rapidement l'Union, ses institutions et son budget.

Un rapport de 12 experts franco-allemands publié à la même période plaide aussi en ce sens. Ils suggèrent de simplifier le fonctionnement d'une Europe à 30, voire davantage de membres. Et en particulier de renoncer à la règle de l'unanimité. Celle-ci requiert parfois de laborieux compromis pour certaines décisions, quand elle ne paralyse pas tout simplement les discussions à 27. L'unanimité resterait la règle en matière de politique étrangère et de sécurité, mais serait remplacée par une majorité qualifiée sur d'autres sujets, y compris celui, sensible, de la fiscalité. Prudents sur ce sujet à haut risque, ces experts suggèrent toutefois la possibilité d'exemption.

« L'élargissement rendra l'UE plus forte, plus stable » et celle-ci doit se préparer « maintenant », avait insisté la ministre allemande des Affaires européennes, Anna Luhrmann. De son côté, son homologue française, Laurence Boone, avait souligné que ce rapport n'était en aucun cas « une proposition » de Paris et Berlin, mais une contribution d'experts qui « présentent des options » pour nourrir la discussion.

(Avec AFP)