Défense : Bercy promet de couper encore le budget des armées

Par Michel Cabirol  |   |  490  mots
Le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert promet de réduire à nouveau les dépenses du ministère de la Défense (Crédits : DR)
Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, a annoncé qu'il visait des réductions de dépenses de fonctionnement dans les armées.

Bercy est vorace. Après avoir coupé 1 milliard d'euros de crédits budgétaires en six mois au ministère de la Défense, dont 350 millions d'euros dans le budget 2014, le ministère du Budget ne compte pas s'arrêter à cette somme. Selon les propos du secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert devant la commission des finances de l'Assemblée nationale, il compte bien s'attaquer encore au budget du ministère de la défense dans les mois à venir.

"Il y a des dépenses de fonctionnement du ministère de la Défense, du fonctionnement des armées en général, qui peuvent faire l'objet de mesures d'adaptation. Il en reste ", a assuré Christian Eckert aux députés, rappelant que c'était d'ailleurs le sens de la déclaration du président de la République. Fraçois Hollande avait demandé début juin une amélioration de la gestion du budget Défense. Une balle prise au bond par Bercy, qui tient à sa revanche sur l'Hôtel de Brienne.

Pour autant, la loi de programmation militaire (LPM) prévoit déjà la suppression de 34.500 postes dans les armées en six ans, qui viennent s'ajouter aux 45.000 déjà supprimés au cours de la LPM précédente. Et les armées estiment être à l'os. La LPM, avait expliqué Jean-Yves Le Drian, "contribue au redressement de nos comptes publics. Parce qu'il y a 34.000 suppressions de poste, parce qu'il y a une masse salariale réduite de plus de 4 milliards, parce qu'il y a eu, par rapport à un Livre Blanc antérieur, une réduction des commandes d'environ 14 milliards d'euros, parce qu'il y a des restructurations qui parfois sont difficiles pour les territoires". Mais visiblement, cela ne suffit toujours pas à Bercy.

250 millions d'euros de recettes exceptionnelles supplémentaires

Quant aux 250 millions d'euros de recettes exceptionnelles supplémentaires piochées dans le programme d'investissement d'avenir (PIA) pour compenser l'annulation des 350 millions d'euros d'annulations de crédits budgétaires, Christian Eckert oublie de dire que c'était déjà une promesse de Bercy fin 2013... pour compenser l'annulation de 650 millions de crédits budgétaires à la fin de l'exercice 2013.

Alors que la somme des trois ressources (PIA, cessions immobilières et redevances de fréquences) n'aboutirait pas au montant total prévu par la LPM pour 2014, selon la Cour des comptes, le ministère de la Défense avait arraché fin 2013 à Bercy 500 millions d'euros de REX supplémentaires "afin de sécuriser la programmation des opérations d'armement jusqu'à la première actualisation de la programmation si la soutenabilité financière de la trajectoire des opérations d'investissement programmée par la présente loi apparaît compromise".  Cet amendement à l'article 3 de la LPM visait à compenser l'annulation de crédits de paiement de 650 millions d'euros, qui a touché en fin des gestion 2013 les investissements du programme 146 et qui remettait en cause le point d'entrée de la LPM 2014-2019.