Didier Leroy, un Français nommé numéro deux de Toyota

Par latribune.fr (avec AFP)  |   |  553  mots
Ancien patron de Toyota Europe, Didier Leroy est le premier étranger à accéder au poste de numéro deux de Toyota monde.
Le constructeur automobile japonais a nommé le patron de sa branche Europe au poste de vice-président, parmi cinq autres japonais. Il rendra directement compte au PDG, Akio Toyoda. Il est le premier étranger à accéder à une telle responsabilité.

Le géant japonais Toyota a annoncé mercredi la nomination, début avril, du Français Didier Leroy, patron de ses activités en Europe, au poste de l'un des six vice-présidents exécutifs, premier étranger à prendre ce titre.

Dans un même souci de "plus grande diversité", le numéro un mondial de l'automobile va pour la première fois promouvoir une femme dans l'équipe dirigeante de 57 personnes. Il s'agit de l'Américaine Julie Hamp, 55 ans, actuellement chef de la communication pour l'Amérique du Nord, qui monte en grade et devient responsable de cette division pour l'ensemble du groupe.

Cinq numéros 2

Dans ces hautes sphères, évoluaient jusqu'ici exclusivement des hommes, dont seulement sept non-Japonais. Parmi ces derniers, Didier Leroy se voit propulser au rang de numéro deux (au côté de 5 Japonais), chargé des "marchés développés" (Etats-Unis, Europe et Japon), sous la supervision directe du patron Akio Toyoda.

Cet ingénieur de 57 ans a débuté sa carrière dans l'industrie automobile en 1982 au sein du groupe français Renault, où il a occupé plusieurs postes de direction d'usines sur une période de 16 ans.

En 1998, il rejoint Toyota en tant que vice-président de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF). Lui sont confiés la création du site de Valenciennes-Onnaing, opérationnel en janvier 2001, et le lancement de la production de la Yaris. Après avoir réussi la montée en puissance du site, il est nommé président de TMMF en 2005.

Un bilan positif dans un contexte difficile

En 2007, M. Leroy prend de hautes responsabilités au sein de la division européenne (56 pays), dont il gagnera la tête quatre ans plus tard. "Il a réussi à réduire les coûts et améliorer la rentabilité" dans un marché peu dynamique, explique le quotidien économique Nikkei qui avait diffusé l'information en avant-première.

Le groupe de la région du Nagoya (centre du Japon) s'était dans un premier temps refusé à tout commentaire avant de faire une annonce officielle après la clôture de la Bourse. A travers ces nominations, "Toyota aspire à encourager l'innovation en permettant à des personnes d'horizons divers de contribuer" à l'expansion de la compagnie, explique-t-il dans un communiqué.

A l'exception de Nissan, qui a noué un partenariat avec le Français Renault et est dirigé par un étranger, Carlos Ghosn, les autres constructeurs japonais, à l'image de Honda, et de manière générale les firmes nippones, rechignent à s'appuyer sur des talents non issus du sérail, et quand elles osent franchir le pas elles rencontrent parfois des difficultés (conflits culturels).

Une plus grande place accordée aux femmes

Les femmes y occupent également une place très modeste, une situation que le Premier ministre Shinzo Abe veut changer pour répondre au déclin de la main-d'oeuvre dans un pays vieillissant.

Sous son impulsion, plusieurs grandes entreprises ont instauré des quotas. Toyota, qui ne compte que 101 femmes cadres, soit 1,1% des 9.458 responsables d'équipes, prévoit ainsi de tripler leur nombre d'ici à 2020 pour parvenir à 320, puis à 570 à l'horizon 2030.

Le défi apparaît cependant immense dans un pays où l'environnement professionnel demeure généralement peu favorable (heures supplémentaires quasi-obligatoires) et où perdurent les mentalités perçues en Occident comme rétrogrades et machistes.