Le TGV dessert trop de gares  : « On ne dessert pas Brive en A380 » (Elisabeth Borne)

Par latribune.fr  |   |  404  mots
La tâche de Jean-Cyril Spinetta, missionné le 19 septembre dernier par le gouvernement pour refonder le modèle ferroviaire tricolore est tout sauf simple : l'ancien PDG d'Air France-KLM doit fournir au gouvernement "les éléments d'une refondation de notre modèle ferroviaire en se dotant d'une stratégie d'ensemble", a indiqué ce lundi la ministre des Transports Elisabeth Borne. (Crédits : Reuters)
En publiant la lettre de mission de l'ancien PDG d'Air France-KLM pour refonder le modèle ferroviaire français, Elisabeth Borne, la ministre des transports, a indiqué l'impact sur la rentabilité du TGV de la desserte par de nombreuses villes.

Deux TGV sur 3 déficitaires, un trafic fret qui s'est effondré d'un tiers en 15 ans et une dette qui se gonfle de 3 milliard d'euros par an pour atteindre 45 milliards d'euros : ces quelques chiffres traduisent l'état catastrophiques du système ferroviaire français et l'ampleur de la tâche de l'ancien PDG d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, missionné le 19 septembre dernier par le gouvernement pour refonder le modèle ferroviaire tricolore. Sa lettre de mission a été publiée ce lundi. Elle est tout sauf simple. Jean-Cyril Spinetta doit fournir au gouvernement "les éléments d'une refondation de notre modèle ferroviaire en se dotant d'une stratégie d'ensemble", a indiqué ce lundi la ministre des Transports Elisabeth Borne.

Stratégie à l'horizon 2030

Les travaux de Jean-Cyril Spinetta, alimenteront un projet de loi d'orientation des mobilités censé être déposé au premier semestre 2018. Il devra rendre sa copie en janvier et élaborer un calendrier de réforme.

Il s'agira d'abord de "préciser la stratégie de desserte par le transport ferroviaire à horizon 2030", notamment d'identifier "les segments sur lesquels les efforts doivent être renforcés afin de mieux répondre aux attentes" ainsi que "le modèle de desserte à privilégier" pour les trains à grande vitesse.

A ce titre, Elisabeth Borne a souligné que le fait d'utiliser des TGV pour desservir de nombreuses gares en dehors des métropoles, un sujet de débat de longue date impliquant SNCF, élus locaux et usagers, pesait sur la rentabilité.

"On a un sujet dont il faut être conscient, c'est que les dessertes fines du TGV ont un effet non négligeable sur le modèle économique du TGV", a dit la ministre. "Si on prend un parallèle avec l'aérien, on ne dessert pas Brive en (Airbus) A380", a-t-elle ajouté.

Côté équilibres économiques, Jean-Cyril Spinetta devra définir "les actions à mettre en oeuvre pour assurer une remise à plat, coordonnée, du modèle économique de la gestion du réseau, aujourd'hui structurellement déficitaire", qu'il s'agisse du transport de voyageurs ou du fret.

Il sera aussi chargé de formuler "des propositions sur les modalités de la prise en charge et de remboursement de la dette de SNCF Réseau" et de préparer l'ouverture graduelle à la concurrence. Jean-Cyril Spinetta a souligné lundi qu'il allait consulter toutes les parties prenantes, des opérateurs aux syndicats en passant par les voyageurs et l'autorité de régulation.