Fin du monopole et du régime de retraite de la SNCF : dossier ultra sensible pour Macron

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(Crédits : Stephane Mahe)
Emmanuel Macron demande à la SNCF d'aller plus loin dans les réformes, le statut, la mobilité, le régime de retraite.

Forcément la perspective de la France bloquée en décembre 1995 par la longue grève des cheminots de la SNCF pour la défense des régimes spéciaux de retraite ressurgit avec les propos d'Emmanuel Macron. Alors que son prédécesseur à l'Elysée a souvent cherché à ménager les cheminots et leurs syndicats pour éviter une explosion sociale, Emmanuel Macron n'hésite pas à mettre les pieds dans les plats en évoquant sa volonté de s'attaquer à des sujets aussi sensibles que l'ouverture à la concurrence,  la suppression du régime spécial de retraite de la SNCF, ou la diversification de l'entreprise à d'autres activités de la mobilité.

"Nous demandons à SNCF d'aller plus loin sur les réformes, le statut, la mobilité, le régime de retraite", a déclaré Emmanuel Macron dans un entretien publié en juillet par le magazine interne du groupe, relayé mercredi par le Monde.

A part peut-être ce dernier point, que la direction a déjà largement entamé avec sa stratégie de « porte-à-porte », les deux autres points sont à déjà à eux tout seul des sujets explosifs. Débuté il y a une vingtaine d'années en Europe, l'ouverture à la concurrence est un épouvantail à la SNCF que les syndicats ont réussi à repousser, même si elle devenue une réalité dans le transport de marchandises et dans le transport international de passagers.. La suppression du régime spécial de retraites est lui aussi un sujet extrêmement sensible. Après l'échec du projet d'Alain Juppé en 1995, Nicolas Sarkozy a certes réussi en 2008 à aligner progressivement le régime des retraite des agents de la RATP et de la SNCF sur celui des fonctionnaires, mais cette mesure qui fait travailler les cheminots plus longtemps a fait l'objet de compensations fort coûteuses.

Début de la réforme mi-2018/début 2019

"Ce qui a été acquis dans les régimes passés reste acquis et vous cotisez à un nouveau régime. Je pense que c'est très important, parce que cela va redonner de la confiance dans le système", a déclaré le président, évoquant un "top départ" de la réforme à la mi-2018 ou début 2019 et précisant ainsi l'une de ses promesses de campagne.

En échange, il propose que l'Etat reprenne la dette de la SNCF et accentue les investissements publics vers l'entretien des lignes. Ces deux mesures permettraient de soulager le gestionnaire d'infrastructure qui, aujourd'hui est obligé d'augmenter ses péages (redevances sur le passage des trains) pour financer l'entretien du réseau, au grand dam de la SNCF qui a vu les marges de la SNCF s'effondrer depuis une dizaine d'années.

Les propos d'Emmanuel Macron ressurgissent au moment où les sénateurs Hervé Maurey (UDI) et Louis Nègre (LR) ont présenté ce mercredi une proposition de loi visant à encadrer l'ouverture à la concurrence du rail français, qu'ils prévoient de déposer "dans les tous prochains jours".

La concurrence sera possible à partir de 2019

Prévue par Bruxelles l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs doit être traduite en droit français. Elle sera effective à partir du 3 décembre 2019 pour les services conventionnés (TER et trains d'équilibre du territoire, TET ou Intercités) et à partir de 2021, pour les TGV.

Le texte prévoit que les lignes TER et TET/Intercités, gérées par les régions et l'Etat soient confiées aux opérateurs dans le cadre de délégations de service public - comme c'est aujourd'hui le cas avec la SNCF. Les salariés, en priorité les volontaires, seraient transférés vers le nouvel opérateur. Rémunération, droits à la retraite, facilités de transport et garantie de l'emploi, seront maintenus, mais les règles d'organisation du travail seraient définies librement par l'employeur.

Pour les lignes TGV, les sénateurs craignent qu'une ouverture non régulée aboutisse "à la disparition de nombreuses liaisons moins rentables ou déficitaires, mais pourtant indispensables à l'aménagement du territoire". Ils préconisent donc que l'État accorde des "droits exclusifs" aux opérateurs pour faire circuler leurs TGV, "en contrepartie de la réalisation d'obligations de service public". Quant aux gares, elles doivent être séparées de SNCF Mobilités - opérateur ferroviaire de la SNCF - "afin de garantir un accès transparent et non discriminatoire des entreprises ferroviaires". Le texte prévoit ainsi qu'elles deviennent une société anonyme de droit public, filiale du groupe SNCF.
Par ailleurs, les voyageurs doivent pouvoir acheter un billet unique, même si leur voyage se fait sur des compagnies différentes.

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Commentaires
a écrit le 18/02/2018 à 5:40 :
Il faut briser coûte que coûte les derniers bastions féodaux des privilèges qui étranglent les grandes entreprises telles que la SNCF .Plus que n'importe quelle autre société de cette envergure ne bénéficie d'autant de faveurs :des salaires très élevés ,des retraites les plus respectables ,les transports gratuits pour toute la famille ,la gratuité des soins par le biais d'un Caisse de Prévoyance sncf...On se rend bien compte que beaucoup de trains qui sillonnent les campagnes ,circulent presque à vide ...Et maintenant que les allemands vont entrer en compétition,il faudra bien décider avec rigueur et en urgence du sort de notre compagnie la SNCF et puisqu'il faut le dire,cette compagnie est la propriété de tous les français et il ne saurait être question de laisser aux seuls cheminots le soin de décider de son destin
a écrit le 18/02/2018 à 5:38 :
Il faut briser coûte que coûte les derniers bastions féodaux des privilèges qui étranglent les grandes entreprises telles que la SNCF .Plus que n'importe quelle autre société de cette envergure ne bénéficie d'autant de faveurs :des salaires très élevés ,des retraites les plus respectables ,les transports gratuits pour toute la famille ,la gratuité des soins par le biais d'un Caisse de Prévoyance sncf...On se rend bien compte que beaucoup de trains qui sillonnent les campagnes ,circulent presque à vide ...Et maintenant que les allemands vont entrer en compétition,il faudra bien décider avec rigueur et en urgence du sort de notre compagnie la SNCF et puisqu'il faut le dire,cette compagnie est la propriété de tous les français et il ne saurait être question de laisser aux seuls cheminots le soin de décider de son destin
a écrit le 07/09/2017 à 17:11 :
Jupiter Macron homme courageux ? Une première réforme courageuse contre la Sncf ? Jupiter décidé à taper dans le dur de tous ses avantages et privilèges que bénéficie la fonction et entreprises publiques tant denoncés par l'ocde et le fmi comme très inégalitaire par rapport aux salariés privés. Qui de plus nos chers 6 millions de fonctionnaires et administrations nombreuses sans utilités ruinent les caisses de l'état. A voir ? une chose est sûre de ma part en 2019 j'envoie promener la sncf définitivement et vive l'arrivée de nouvelles compagnies ferroviaires privés
Réponse de le 08/09/2017 à 17:30 :
On voit que vous n'avez jamais pris un train THELLO! 40 mn de retard en moyenne!
a écrit le 07/09/2017 à 10:42 :
Si CHIRAC et JUPPE avaient eu le courage en 1995 de ne rien céder, ces réformes indispensables auraient éviter qu'aujourd'hui il y ait un trou de plus de 43 milliards d'euros à ce crocodile bolchevique qu'est la SNCF. Quant à SARKOZY et sa réformette des régimes spéciaux de 2008, ils coûtent aujourd'hui de 3 à 5 milliards de plus aux finances de l'Etat qu'avant la réforme, pour les compensations données pour faire avaler la pilule. Mais que l'endettement de la France soit de 2.000 ou de 2.200 milliards d'euros soit l'équivalent d'un budget annuel de dépenses , les "politiques" depuis 30 ans s'en moquaient.
a écrit le 07/09/2017 à 10:31 :
Fin du monopole et retraite pour la sncf : cela me rend heureux en cette rentrée 2017. Je vais enfin pouvoir choisir ma compagnie ferroviaire privé avec qui je veux voyager. Ce jour là, je ne me priverais pas de faire sur le quai de la gare en direction " de nos cheminots de la sncf un doit d'honneur '' Heureux je vous dis !
Réponse de le 10/02/2018 à 11:41 :
Oh, oh, oh,

vous êtes vous renseignés sur les systèmes privés déjà en place dans d'autres pays ?
Là vous regretterai la sncf d'avant 1995 même.

Bien à vous et la supercherie des médias et politiques vous ayant aveuglé.
a écrit le 07/09/2017 à 10:30 :
Fin du monopole et retraite pour la sncf : cela me rend heureux en cette rentrée 2017. Je vais enfin pouvoir choisir ma compagnie ferroviaire privé avec qui je veux voyager. Ce jour là, je ne me priverais pas de faire sur le quai de la gare en direction " de nos cheminots de la sncf un doit d'honneur '' Heureux je vous dis !
a écrit le 07/09/2017 à 10:19 :
Fin du monopole et du régime de retraite de la SNCF : Voilà une bonne nouvelle qui me rend super heureux... J'ai hâte d'avoir à choisir la compagnie ferroviaire avec laquelle je veux voyagé et ce jour là je ne me priverais pas " de faire un doigt d'honneur à nos chers cheminots de la SNCF "
a écrit le 07/09/2017 à 10:05 :
Macron droit dans ses bottes....d'autres l'ont été....on sait ce qu'il en est advenu.....jalouser des salariés qui gagnent en moyenne 2400 €/mois...c'est nul. En revanche rien sur les profits scandaleux de la bourse (40 milliards distribués cette année et faiblement imposés grâce a des artifices comptables et fiscaux). On sait où ce personnage se situe....
a écrit le 07/09/2017 à 8:49 :
Si tel est le cas, que les nouveaux contrats d'embauches soient ceux du droit privé.
a écrit le 07/09/2017 à 7:53 :
Il suffirait d'appliquer la note n°6 du CAE pour résoudre nos problèmes de chomage et de retraites. Qui le comprendra? Les Allemands et les Suédois l'ont compris.
a écrit le 07/09/2017 à 7:23 :
l'exemplarité voudrait qu'en matière de retraite on commence par les élus ,anciens présidents et ministres ; pas sûr que la privatisation de la SNCF soit une bonne affaire pour le contribuable , souvenons nous des autoroutes ; il faudrait s'interroger sur les bénéficiaires de ces privatisations
Réponse de le 07/09/2017 à 9:12 :
2 choses à distinguer : les infrastructures et l'exploitation commerciale. Les infrastructures devraient TOUJOURS rester nationalisées (autoroutes, rails, fibre optique, aéroports ...). L'exploitation commerciale devrait TOUJOURS rester privée (SNCF, Orange, EDF, Air France ...).
a écrit le 07/09/2017 à 4:19 :
1995, annee de mon depart definitif de ce pays de fous. Quels changements depuis ? Aucuns, pauvre France.
Réponse de le 07/09/2017 à 10:45 :
Eh oui quelle triste constatation. Pauvre France dans tout le sens du mot.
Réponse de le 08/09/2017 à 10:18 :
Vous êtes en Corée ?
Quel changement depuis 95 en Corée ? Tensions énormes avec le Nord, contentieux des années 30 avec le Japon toujours pas refermé, diplomatie très compliqué avec la Chine communiste
En France, on a totalement pacifié nos relations avec nos voisins, les plaies de la seconde guerre mondiale sont fermées, les pays communistes ont basculé et sont rentrés dans une relation pacifiée, même si des tensions persistent.
Alors, oui, les trains coréens sont peut être à l'heure, mais non, la Corée n'est pas dans une situation enviable. Vous jugez de l'évolution de la France sur la réforme de la SNCF ?
C'est un détail.
Vous verrez, dès que cela pétera avec la corée du nord, vous allez prendre un vol direct pour Paris. J'espère que le douanier vous fera un bras d'honneur.
Réponse de le 08/09/2017 à 17:34 :
un pays de fou où il fait toujours bon de vivre quand on compare aux autres
a écrit le 06/09/2017 à 23:31 :
Constater par vous même en regardant la tv...la sncf ne trouve plus de conducteur pour rouler ses trains ...et on veut encore réduire leurs maigres avantages? bien sûr ça fait rêver de dormir loin de la famille dans des hôtels minables avec comme petit dej une tranche de brioche biscotte (à oui on est pas pilotes d'avions) et tous le stress de la conduite des train sans erreurs admise etc...bien sûr continuez et surtout gardez vos retraite vos absentéismes mesdames messieurs les députés les banquiers de la banque de france et autre financiers et autres régimes spéciaux....et encore une chose il sera dommage de casser cette petite dynamique de croissance en France par une grève que même les habituelles non gréviste ferons et la croyez moi la France sera bloqué car nous ne laisserons pas faire!
Réponse de le 07/09/2017 à 6:24 :
Il n y a pas que les conducteurs de train qui doivent dormir loin de chez eux, et qui n ont pas droit a l erreur les routiers sont a la meme enseigne, eux sont payes une misere et pas de retraite a 55 ans. C est pas pour rien qu on les appels les forcats de la route
Réponse de le 07/09/2017 à 9:44 :
@jiji

Les chauffeurs routiers de marchandises, du déménagement et les convoyeurs de fonds vont pouvoir continuer à partir en préretraite pour pénibilité. Après trois mois de négociations difficiles, plusieurs syndicats, dont FO, et les patrons du secteur ont signé, le 11 mars dernier, deux accords pour renflouer les caisses de ce dispositif au bord de la faillite.

Le temps était compté. Car le fonds géré par l’organisme paritaire FONGECFA affichait fin 2013 un déficit de trésorerie de 7,6 millions d’euros et un déficit structurel de 185 millions d’euros. Le commissaire aux comptes avait déclenché une procédure d’alerte le 7 mars, prélude à une saisine du tribunal pouvant déboucher sur une mise en redressement judiciaire, voire une liquidation. La signature des accords a stoppé cette procédure.
Le Congé de fin d’activité (CFA) marchandises, mis en place en 1997, a déjà bénéficié à 15 000 personnes. Il permettait jusqu’à présent aux chauffeurs routiers de partir en préretraite à 57 ans (55 ans pour les carrières longues) avec 75% du salaire brut et d’être pris en charge pour cinq ans. Pour en bénéficier, ils devaient afficher vingt-cinq ans d’ancienneté au compteur.Après de longues discussions, un équilibre a été trouvé en créant deux accords, tous deux ratifiés par FO. Le premier entérine le passage de 25 à 26 ans de conduite pour accéder au dispositif, l’abaissement du plafond de l’allocation versée à 3 129 euros par mois et l’obligation d’embauche d’un conducteur cotisant lorsqu’un chauffeur prend son CFA. Le second accord acte la suppression de la dérogation « carrière longue », qui permet aux salariés ayant commencé à travailler très jeunes de partir plus tôt à la retraite. Ces me­sures entreront en vigueur dès le 1er avril 2014.
a écrit le 06/09/2017 à 23:30 :
Constater par vous même en regardant la tv...la sncf ne trouve plus de conducteur pour rouler ses trains ...et on veut encore réduire leurs maigres avantages? bien sûr ça fait rêver de dormir loin de la famille dans des hôtels minables avec comme petit dej une tranche de brioche biscotte (à oui on est pas pilotes d'avions) et tous le stress de la conduite des train sans erreurs admise etc...bien sûr continuez et surtout gardez vos retraite vos absentéismes mesdames messieurs les députés les banquiers de la banque de france et autre financiers et autres régimes spéciaux...
a écrit le 06/09/2017 à 22:28 :
Pour un traitement égal face à la retraite mais contre le fait qu'on nous prépare le même coup ou même coût que celui des autoroutes et du racket légalisé que nous subissons...
a écrit le 06/09/2017 à 19:30 :
Il serait temps là aussi que les statuts avantageux des salariés de la SNCF ,payés à crédit par le contribuable ,soit repensé de fond en comble y compris leur retraite...nous ne sommes plus au temps des locomotives à charbon!
Réponse de le 06/09/2017 à 19:44 :
Regardez les faits: Un conducteurs demande des années de formations. Les salaires de bases SNCF sont super bas.
N'importe quelle boîte privée sera obligé d'accorder des salaires plus elevés pour ne pas perdre son personnel.
L'angleterre est la Preuve que la privatisation du rail ne fonctionne pas.
La vrai question à se poser est de combien devont-nous réduire les rails.
Dans le monde industriel la plupart des usines aprovisionnées par rails dans les années cinquantes se sont payées des cours bitumée et ont renoncer au train trop couteu en entretient.
Seuls quelques business de pondéreux ont les volumes pour absorber le train. Et là il y a de l'argent à gagner plutot que sur les salaires des cheminots. Mais comme le train fait réver politiquement personne ne pose la question.
a écrit le 06/09/2017 à 19:03 :
Aurions nous un vrai courageux capable de faire bouger la SNCF, sans faire machine arrière après qq jours de grève?
Réponse de le 07/09/2017 à 6:55 :
Il y a eu LEFLOCH PRIGENT (qui prenait le train). Faut-il le rappeler aux commandes?
a écrit le 06/09/2017 à 18:50 :
Remmber Juppé 1995 .
a écrit le 06/09/2017 à 18:47 :
oulà il il va mettre les pieds dans un champ de mines le gamin FRANCE BLOQUEE E..GALE MACRON DEBARQUE si peut que les routiers donnent un coup de mains c'est la totale . plus de transports plus d'activitees bonjour la .pelle .
a écrit le 06/09/2017 à 18:30 :
"Ces deux mesures permettraient de soulager le gestionnaire d'infrastructure qui, aujourd'hui est obligé d'augmenter ses péages (redevances sur le passage des trains) pour financer l'entretien du réseau".

Je suppose qu'il s'agit SNCF Réseau qui succède à RFF le 1er janvier 2015.
a écrit le 06/09/2017 à 18:21 :
la preuve du dilettantisme d une équipe qu cherche a s exulter .. quitte a détruire ce qui fonctionne bien les usagers en patiront
a écrit le 06/09/2017 à 17:31 :
"Accélération de la privatisation du rail en Europe:Quand l’État français sabote le train" http://www.monde-diplomatique.fr/2016/06/DOUMAYROU/55773
Réponse de le 06/09/2017 à 18:27 :
position de mr hulot ? QUI SE FAIT DISCRET depuis l inauguration de la LGV paris- rennes
a écrit le 06/09/2017 à 17:07 :
Excellente initiative

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