Bertier Luyt, fondateur du FabShop : "Je suis un maker professionnel"

En deux ans, la start-up bretonne, le FabShop, est devenue leader en solutions de fabrication digitale. A sa tête, Bertier Luyt, un autodidacte convaincu que le futur sera meilleur.
Bertier Luyt, fondateur du FabShop
Bertier Luyt, fondateur du FabShop (Crédits : Julien Flasimagne)

« Je suis un optiviste !  Un optimiste positif !», annonce illico Bertier Luyt entre deux imprimantes 3D posées l'air de rien dans ce drôle de bureau parisien aux allures de labo bricolo. Le ton est donné ; ce fringant quadra qui a « 14 ans dans la tête » (c'est lui qui le dit) est un créateur né, jonglant allègrement entre la face rebelle et la face inventive d'un jeu qui de toute façon se veut autodidacte.

Mais une chose est sûre, il faut avoir bien plus que le charisme d'un adolescent et d'un inventeur bidouilleur pour devenir leader en solutions de fabrication digitale, ce que le créateur du FabShop est devenu, deux ans à peine après avoir créé son entreprise à Cancale.

Parcours libre

Mais au fait, c'est quoi le FabShop ? Un atelier de création ? Un fabricant d'objets design ? Un distributeur d'imprimantes 3D ? Un organisateur d'événements et d'ateliers de formation ? Le producteur des Maker Faire en France (l'événement mondial qui réunit tous les créateurs citoyens dans une communauté géante) ? Ou encore l'inventeur de l'impression 3D écologique ? Le FabShop est tout cela à la fois et le revendique haut et fort. Véritable start-up innovante, avec ses 20 collaborateurs, un CA 2013 à 750 KF, la jeune pousse s'est bien enracinée dans le paysage breton et est aujourd'hui une référence dans le milieu encore confidentiel de l'impression 3D. Un parcours sans faute pourrait-on dire... Plutôt un parcours libre, en réalité. En tous les cas celui d'un homme pour qui le mot liberté s'accorde avec celui du choix et des idées, celles qu'il met en œuvre depuis plus de vingt ans. « A l'âge de 18 ans, et au grand regret de mes parents, je n'ai pas souhaité faire d'études. Je savais qu'un parcours universitaire ou de grande école ne m'apporterait pas forcément le travail de mes rêves. J'ai préféré rentrer dans la vie active tout de suite, dans un domaine qui me passionnait, la musique techno ».  S'ensuivent des années dédiées à l'organisation d'événements techno, la création d'un label musical et des tournées aux Etats-Unis jusqu'à un retour en Bretagne, de nouvelles rencontres et l'envie de se lancer dans l'architecture et la décoration d'intérieur. Ce que Bertier Luyt n'hésite pas à faire en allant jusqu'à monter un atelier de menuiserie et une structure événementielle qui pourra se targuer assez vite de fabriquer les décors de la comédie musicale Le Roi Soleil ou encore de modéliser la galerie Versailles 3D consacrée à l'histoire du domaine, toujours visible aujourd'hui dans l'enceinte du château.  Clin d'œil aux grands de ce monde pour un  homme qui, à vingt ans, rêvait de devenir artiste numérique et de travailler avec Georges Lucas.

Pour l'heure, c'est avec le pape du design Philippe Starck, que Bertier s'affiche dans des conférences revendiquant la créativité comme arme absolue et acte révolutionnaire. Car d'une génération à l'autre, les valeurs se partagent et quand le premier fait un tour à la première Maker Faire parisienne, organisée par le second, le courant passe forcément. D'ailleurs, Bertier répète à l'envi qu'il est maker professionnel. Et il a bien raison. Tout à la fois artisan, inventeur, chef d'entreprise, créateurs d'événements, et surtout autodidacte, l'homme n'est pas avare d'adjectifs quand il s'agit de défendre l'idée que tous autant que nous sommes avons la capacité, voire le pouvoir de créer.

Tous makers

C'est le fameux mouvement des Makers, autrement dit le Do it yourself, initié aux Etats-Unis au début des années 2000. Et c'est aussi l'histoire de Bertier Luyt qui a appris à utiliser les programmes de modélisation  tout seul, derrière son écran, en partageant le savoir et les idées en chattant avec des inconnus de par le monde, férus des mêmes passions bien sûr. Aujourd'hui, le maker frenchy est un professionnel reconnu, invité régulièrement dans des événements organisés par TEDx, Google ou encore Autodesk.

C'est lui aussi qui a lancé les premières Maker Faire en France, d'abord à Saint Malo puis à Paris cette année pour lequel l'espace culturel LE 104 a accueilli inventeurs et créateurs de toute sorte dans un grand partage dédié à l'ingéniosité.

Forcément, l'histoire ne s'arrête pas là. Et s'annonce même pleine de rebondissements à venir avec la création début 2015 du premier FabClub parisien (centre de formation à la création digitale), l'édition de nouvelles collections d'objets design et la parution aux éditions Hachette d'un ouvrage pédagogique consacré à la fabrication en 3D. De quoi donner des idées à plus d'un maker en herbe.

Et si finalement l'usine de demain était entre nos mains ? Une production raisonnée et à la demande serait en marche et en marge des utopies. Une production faite maison, à la maison. Une forme d'artisanat de haute volée technologique. En tous les cas une conviction pour des inconditionnels optimistes qui à l'instar de Bertier Luyt sont convaincus que quoi qu'il arrive, « le futur sera meilleur ».

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Le FabShop

Créé en octobre 2012 par Bertier Luyt, le FabShop est distributeur en France des imprimantes 3D Replicator de MakerBot, la marque de référence de l'impression 3D personnelle et des imprimantes 3D papier Iris et Matrix de Mcor Technologies. Le FabShop est fournisseur de modèles 3D pour diverses institutions telles le Château de Versailles ou la BNP. Le FabShop est créateur des FabClubs, des ateliers de fabrication numérique ouverts au public. Il est également éditeur d'objets de fabrication digitale créé par le designer Samuel N. Bernier. Enfin, le FabShop est l'organisateur des Maker Faire en France.

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Commentaires 2
à écrit le 03/11/2014 à 17:31
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"Maker professionnel?" rien que ça... Savez-vous que pour se revendiquer "maker", il ne suffit pas de revendre des imprimantes 3D? Tous les vendeurs de pâtisseries ne sont pas pâtissiers me semble-t-il.. Je remets la définition des makers largement...

à écrit le 03/11/2014 à 11:25
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"Maker professionnel?" rien que ça... Savez-vous que pour se revendiquer "maker", il ne suffit pas de revendre des imprimantes 3D? Tous les vendeurs de pâtisseries ne sont pas pâtissiers me semble-t-il.. Je remets la définition des makers largement...

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