Forte chute de l'or noir sur fond d'incertitudes macroéconomiques

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L'AIE souligne que la planète a battu un record de production en février.

Les incertitudes sur la situation au Japon ont créé un énorme trou d'air sur les marchés du pétrole mardi, d'autant que l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) faisait état d'un record historique de production pour le mois de février. Deux éléments qui ont précipité la baisse du baril. En Europe, le brent a chuté de 2,97 % À 110,34 dollars, tandis qu'à New York le baril de West Texas Intermediate (WTI) reculait jusqu'à 97,98 dollars.

Alors que les marchés du pétrole anticipaient encore lundi que les problèmes du Japon seraient contenus, et entraîneraient une augmentation de la consommation de pétrole et de gaz du pays, l'hypothèse d'une catastrophe nucléaire se précisant mardi a totalement changé la donne. En cas de catastrophe nucléaire, « les fonds spéculatifs étant très longs sur le pétrole, c'est aussi une occasion pour eux de réaliser leurs bénéfices », assure Olivier Jakob chez Petromatrix. Selon les données de la CFTC, l'autorité américaine de régulation des marchés à terme, les positions acheteuses sur les marchés à terme du pétrole ont atteint un record historique la semaine dernière. Un comble alors que la production atteint, elle aussi, des sommets. Selon le rapport mensuel de l'AIE, le nombre de barils extraits des sous-sols a dépassé les 89 millions par jour : du jamais vu !

Détendre le marché

Alors que les craintes d'une forte chute de la production libyenne ont obnubilé les esprits, la production des pays producteurs de pétrole ressort quasiment stable, à 30,3 millions de barils par jour. En revanche, les producteurs hors Opep ont gonflé leur production, y compris la Russie et les Etats-Unis. Malgré cette hausse, l'AIE se montre inquiète quant aux perspectives des marchés pétroliers, et se dit prête à apporter ses propres stocks, soit 1,56 milliard de barils, pour détendre le marché. « Le fait que cette hypothèse soit aujourd'hui sérieusement envisagée montre combien la situation a évolué depuis le début de l'année », estime l'AIE. Le rapport de l'agence fait en effet état d'une réduction du niveau de stocks des pays de l'OCDE, et pointe du doigt la réduction des capacités de production inutilisées, tombées à 4 millions de barils par jour, un point bas depuis 2008. « Au moindre problème supplémentaire, par exemple en Algérie, il n'y aura plus du tout d'offre de secours », prévient Olivier Jakob.

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